jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2003195 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DENIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 avril 2020 au greffe du tribunal administratif de Bordeaux et renvoyée au tribunal administratif de Poitiers par ordonnance du 21 décembre 2020, M. A C, représenté par Me Denis, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre à l'administration de lui remettre son solde de tout compte ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser les sommes dues au titre du solde de ses congés annuels et jours de RTT, non pris, et des jours cumulés de son épargne temps ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 6 000 euros, correspondant aux sommes qu'il n'a pas pu percevoir du 14 avril 2017 au 11 octobre 2017 de la part de Pôle emploi, ainsi que des dommages et intérêts du fait du préjudice résultant du retard de six mois de son employeur dans la délivrance de son attestation Pôle emploi.
Il soutient que :
- ancien fonctionnaire de police, il ne s'est toujours pas vu remettre son
solde de tout compte, malgré sa radiation des cadres depuis le 14 avril 2017 ;
- l'administration doit lui verser une somme correspondant à 50 jours de congés annuels, 40 jours de RTT au titre des années 2015 et 2016 ainsi qu'à 20 jours cumulés sur son compte épargne temps ;
- l'attestation Pôle Emploi lui a été délivrée avec six mois de retard, ce qui lui a
occasionné une perte financière de près de 6 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 janvier 2022, le préfet délégué pour la défense et la sécurité sud-ouest conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Par un courrier du 16 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés de l'irrecevabilité des conclusions tendant au prononcé d'une injonction à remettre un solde de tout compte, ces conclusions devant s'analyser comme tendant au prononcé d'une injonction à titre principal et irrecevables par leur objet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est gardien de la paix depuis 2002 et a été révoqué le 14 avril 2017. Par la présente requête, il demande, d'une part, qu'il soit enjoint à l'administration de lui remettre son solde de tout-compte et, d'autre part, que l'Etat soit condamné à lui verser les sommes dues au titre du solde de ses congés ainsi qu'une indemnité de 6 000 euros, correspondant aux sommes qu'il n'a pas pu percevoir du 14 avril 2017 au 11 octobre 2017 de la part de Pôle emploi, augmentée de dommages-intérêts en réparation du préjudice qu'il a subi du fait du retard de six mois pris par son employeur dans la délivrance de l'attestation destinée à Pôle emploi.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'enjoindre à l'administration de lui remettre son solde de tout compte :
2. En dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal administratif d'adresser des injonctions à l'administration. Ainsi, les conclusions présentées par M. C et tendant à ce que l'administration lui remette son solde de tout compte constituent des conclusions présentées à titre principal qui sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives au versement du solde des congés :
3. Il ressort des pièces du dossier que le solde des congés payés dus à M. C lui a été versé en juin 2018. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur sa demande.
Sur les conclusions indemnitaires :
4. Il résulte de l'instruction que M. C a été révoqué le 14 avril 2017 et que l'administration lui a transmis une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi le 11 octobre 2017. Le requérant soutient que le retard dans la délivrance de cette attestation lui a
occasionné une perte financière de près de 6 000 euros. Il souhaite être indemnisé du
préjudice subi du fait de la défaillance de l'administration dans le traitement de sa situation.
5. Il résulte cependant de l'instruction que le requérant se borne à mentionner un préjudice qu'il estime avoir subi, sans établir ni le lien de causalité avec l'illégalité fautive ainsi constatée, ni le caractère certain et direct de ce préjudice par les pièces produites.
6. Par suite, le requérant, à qui incombe la charge de prouver l'existence du préjudice qu'il invoque, n'établit pas la réalité du préjudice dont il se prévaut et n'est, dès lors, pas fondé, dans ces conditions, à demander au préfet la réparation de celui-ci.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par le requérant doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande de M. C tendant au paiement des sommes dues au titre du solde de ses congés annuels, de ses jours de réduction du temps de travail non pris et des jours cumulés de son compte épargne-temps.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet délégué pour la défense et la sécurité sud-ouest.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Dumont, première conseillère,
M. Bureau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
V. B
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026