vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100037 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Sodipons, représentée par Me Goimier, demande au tribunal :
1°) la réduction, à concurrence d'une somme totale de 180 783 euros, des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018 à raison de l'établissement commercial situé rue de Coudennes à Pons (Charente-Maritime) ;
2°) le remboursement de cette somme, assortie des intérêts moratoires ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- pour l'imposition à la taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) de l'hypermarché qu'elle exploite, situé rue de Coudennes à Pons (Charente-Maritime), elle a, par erreur, inclus l'intégralité du chiffre d'affaires réalisé par la station-service qu'elle exploite par ailleurs au lieu-dit " La croix Chaillebourg " à Pons, dans celui de l'hypermarché, majoré la surface de cet établissement de 70 mètres carrés pour chacune des neuf positions de ravitaillement de la station-service, pris en compte cette majoration pour l'appréciation des seuils des majorations de taux de 50% et 30% et a appliqué la majoration de taux " carburant " de 35,70 euros/m² en lieu et place du tarif ordinaire de 34,12 euros/m² ; dans sa réponse à sa réclamation du 10 novembre 2020, l'administration fiscale n'a fait que partiellement droit à sa demande en lui accordant un dégrèvement de 42 777 euros pour l'année 2018 au titre, uniquement, de l'exclusion des surfaces de l'hypermarché des postes de ravitaillement de la station-service pour l'appréciation des seuils des majorations de taux de 50% et 30% ;
- aucun des éléments de chiffre d'affaires et de surface relatifs à la station-service ne doit être pris en compte pour la détermination de la taxe afférente à l'hypermarché dès lors, d'une part, que la station-service constitue un établissement distinct de celui de l'hypermarché et, d'autre part, qu'elle n'entre pas non plus, en tant que telle, dans le champ d'application de cette taxe, à défaut d'espace clos et couvert ouvert au public ; il en est de même du tarif majoré applicable aux établissements vendant du carburant ;
- l'article 1er du décret n°95-85 du 26 janvier 1995 ainsi que la doctrine administrative exprimée au paragraphe n°40 du bulletin officiel des impôts référencé BOI-TFP-TSC-20170405 confirment, à cet égard, qu'il existe autant d'établissements distincts que d'adresses différentes ou d'avis de cotisation foncière des entreprises différents, ce qui est précisément le cas en l'espèce dès lors que, d'une part, ses deux établissements, qui n'ont pas la même adresse, ont été bâtis sur des parcelles qui étaient alors distinctes et, qu'elle est soumise pour chacun d'entre eux à une contribution foncière des entreprises autonomes ;
- inversement, comme le reconnaît la doctrine fiscale, l'existence d'une enseigne commune, d'un éventuel " ensemble commercial ", d'un site internet commun, d'une comptabilité ou de déclaration de TVA commune ne constituent en rien des critères pertinents au regard des critères d'assujettissement à la TASCOM ; il est également indifférent que la station-service ne dispose pas d'un numéro SIREN différent de celui de l'hypermarché dans la mesure où la TASCOM est déterminée au niveau des établissements, quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite, ainsi que l'indique le paragraphe n°30 du bulletin officiel des impôts référencé BOI-TFP-TSC-20170405 ainsi que la notice explicative n° 3350-C-NOT-SD.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2021, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- en l'absence de litige né et actuel avec le comptable, les conclusions de la société requérante tendant au remboursement des sommes qu'elle estime lui être dues ainsi qu'au paiement de intérêts, sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par la SAS Sodipons ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 ;
- le code de justice administrative.
L'affaire a été renvoyée devant une formation collégiale de jugement.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Boutet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Suire, représentant la SAS Sodipons.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Sodipons dont le siège social est à Pons (Charente-Maritime) exploite un hypermarché et une station-service sous la même enseigne commerciale. Dans les déclarations de taxe sur les surfaces commerciales qu'elle a déposées pour son hypermarché au titre des années 2016 à 2018, elle a inclus les résultats de la station-service, majoré la surface de l'hypermarché de 70 mètres carrés pour chacune des neuf positions de ravitaillement de la station-service, pris en compte cette majoration pour l'appréciation des seuils des majorations de taux de 50% et 30% et appliqué la majoration de taux " carburant " de 35,70 euros/m² en lieu et place du tarif ordinaire de 34,12 euros/m². Par une lettre du 27 décembre 2018, à laquelle étaient jointes des déclarations rectificatives, elle a sollicité l'exclusion de ces différents éléments de ses bases imposables ainsi que, par voie de conséquence, la réduction, à hauteur de 279 109 euros, de la taxe sur les surfaces commerciales à laquelle elle a été assujettie pour les exercices 2016 à 2018. Par une décision du 10 novembre 2020, l'administration fiscale a partiellement fait droit à la demande en prononçant un dégrèvement de 42 777 euros au titre de l'année 2018 correspondant à l'exclusion des surfaces de l'hypermarché des postes de ravitaillement de la station-service pour l'appréciation des seuils des majorations de 50% et 30%, et a rejeté le surplus de sa demande. La SAS Sodipons demande la réduction des impositions restant en litige à hauteur de 180 783 euros.
Sur les conclusions aux fins de réduction :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite () / Si ces établissements () ont également une activité de vente au détail de carburants, l'assiette de la taxe comprend en outre une surface calculée forfaitairement en fonction du nombre de position de ravitaillement dans la limite de 70 mètres carrés par position de ravitaillement () " () / Le montant de la taxe est majoré de 30 % pour les établissements dont la superficie est supérieure à 5 000 mètres carrés et dont le chiffre d'affaires annuel hors taxes est supérieur à 3 000 euros par mètre carré. () / Le montant de la taxe calculé selon le présent article et avant application de la modulation prévue au cinquième alinéa du 1.2.4.1 de l'article 77 de la loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 est majoré de 50 % pour les établissements dont la surface de vente excède 2 500 mètres carrés. () "
3. L'article 1er du décret du 26 janvier 1995 précise : " Pour l'application de la loi du 13 juillet 1972 susvisée, l'établissement s'entend de l'unité locale où s'exerce tout ou partie de l'activité d'une entreprise. Lorsque plusieurs locaux d'une même entreprise sont groupés en un même lieu comportant une adresse unique ou sont assujettis à une même taxe professionnelle, ils constituent un seul établissement () ". Constituent une unité locale, au sens de ces dispositions, les locaux d'une même entreprise formant un ensemble géographiquement cohérent pour l'exercice de tout ou partie de l'activité de cette entreprise, notamment ceux comportant une adresse unique ou assujettis à une même cotisation foncière des entreprises.
4. Il résulte de l'instruction que la station-service que la SAS Sodipons exploite à Pons se situe sur la même parcelle que celle sur laquelle est construit le bâtiment abritant l'hypermarché. Cette station est en outre directement accessible depuis le parking de l'hypermarché, dont l'accès depuis la voie publique est commun avec celui de la station-service. Ainsi, même s'ils disposent d'adresses postales différentes, l'hypermarché et la station-service bénéficient d'aménagements conçus pour bénéficier d'une même clientèle et constituent dès lors un seul et même ensemble commercial. Dans ces conditions, quand bien même la SAS Sodipons, ainsi qu'elle le fait valoir, a déposé des déclarations distinctes de cotisation foncière des entreprises pour la station-service et l'hypermarché, circonstance qui n'est, à elle seule, pas déterminante, il résulte de l'instruction que ces installations constituent une unité locale où s'exerce tout ou partie de l'activité de l'entreprise et, par suite, un seul et même établissement au sens de l'article 1er du décret du 26 janvier 1995. Il suit de là que c'est à bon droit que l'administration fiscale a appliqué, pour la taxation de l'hypermarché, les majorations d'assiette et de taux découlant, en application de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972, de la prise en compte des activités de vente de carburant au sein de la station-service.
En ce qui concerne le bénéfice de la doctrine administrative :
5. La SAS Sodipons ne peut utilement invoquer la doctrine administrative exprimée au paragraphe n°40 du bulletin officiel des impôts référencé BOI-TFP-TSC-20170405 dès lors qu'il ne ressort pas de cette doctrine une interprétation de la loi fiscale différente de celle exposée au point 4.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par l'administration fiscale, les conclusions de la SAS Sodipons aux fins de décharge, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'en tout état de cause, celles tendant au remboursement, avec intérêts, d'une partie des impositions litigieuses, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Sodipons est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Sodipons et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
Y. A
Le président,
Signé
L. CAMPOY La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026