lundi 31 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100262 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | LAGRAVE - JOUTEUX & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 janvier 2021 et le 10 juin 2022, Mme A B, représentée par la SELARL Drageon et associés, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de La Rochelle à réparer les préjudices personnels, moraux et professionnels qu'elle estime avoir subis du fait d'illégalités fautives, pour un montant de 40 000 euros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Rochelle une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le courrier de rejet du 8 janvier 2021 de sa réclamation préalable du 6 novembre 2020 est entaché d'un vice d'incompétence ;
- la commune de La Rochelle a commis plusieurs illégalités fautives en rompant de manière fautive et abusive son contrat à durée déterminée, en prenant à son encontre une sanction disciplinaire, en violant son intimité par les investigations menées sur son poste informatique sans autorisation, et par le détournement de pouvoir qui a consisté à recourir abusivement à des contrats à durée déterminée pour l'affecter sur un poste permanent au sein du cabinet du maire ;
- ces illégalités fautives sont à l'origine de préjudices personnels, moraux et professionnels qu'elle évalue au montant de 40 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 juin 2021 et le 1er juillet 2022, la commune de La Rochelle, représentée par la SCP Lagrave Jouteux, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 juin 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B a été embauchée, du 12 septembre 2016 au 31 août 2018, en alternance, dans le cadre de sa formation professionnelle, en tant qu'assistante de manager au sein du cabinet du maire de La Rochelle. Elle a ensuite été recrutée par le centre de gestion (CDG) de la Charente-Maritime, du 1er septembre 2018 au 31 août 2020, en qualité d'agent contractuel de droit public, afin d'exercer les fonctions d'adjoint administratif (catégorie C), à raison de trois contrats à durée déterminée successifs, au titre desquels elle a également été affectée au cabinet du maire de La Rochelle, au secrétariat des élus. Le 2 juillet 2020, Mme B a été reçue par son supérieur hiérarchique et directeur de cabinet du maire, à 15h. A l'issue de cet entretien, il lui a demandé de quitter ses fonctions pour le reste de la journée. Elle a, par la suite, été placée en congé de maladie jusqu'à l'expiration de son contrat à durée déterminée, le 31 août 2020. Par un courrier recommandé avec avis de réception du 6 novembre 2020, Mme B a demandé au maire de la commune de La Rochelle de l'indemniser à hauteur de 40 000 euros en réparation des préjudices moraux, personnels et d'affection psychologique qu'elle estime avoir subis en raison des fautes commises par son administration d'affectation. Par un courrier du 8 janvier 2021, le conseil de la commune de La Rochelle lui a notifié le refus opposé à cette demande. Par la présente requête, Mme B demande la condamnation de la commune de La Rochelle à réparer ses différents préjudices.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. En premier lieu, la décision de rejet du maire de La Rochelle a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de Mme B qui, en formulant les conclusions susvisées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir la somme qu'elle réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision de refus d'indemnisation est inopérant.
3. En deuxième lieu, si la requérante allègue une rupture abusive et fautive de son contrat à durée déterminée, il ne résulte toutefois pas de l'instruction qu'elle aurait été licenciée par le CDG de la Charente-Maritime. Au contraire, elle produit une attestation du CDG certifiant qu'elle a été employée jusqu'au terme de son contrat, fixé le 31 août 2020 inclus, et affectée, dans ce cadre, au cabinet du maire de La Rochelle.
4. En troisième lieu, il appartient à l'autorité compétente, lorsqu'elle estime que l'intérêt du service l'exige, d'écarter provisoirement de son emploi un agent contractuel qui se trouve sous le coup de poursuites pénales ou fait l'objet d'une procédure disciplinaire. La mesure de suspension est uniquement destinée à écarter temporairement un agent du service, en attendant qu'il soit statué disciplinairement ou pénalement sur sa situation. Elle peut être légalement prise dès lors que l'administration est en mesure d'articuler à l'encontre de l'intéressé des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave. Il en résulte que, d'une part, la suspension n'implique pas l'engagement de poursuites disciplinaires à l'encontre de l'agent postérieurement à sa mise en œuvre, et que, d'autre part, la mesure de suspension revêt un caractère conservatoire et ne constitue pas une sanction disciplinaire.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B a dû quitter ses fonctions à partir de 15h00 dans l'après-midi du 2 juillet, et que, placée ensuite en congé de maladie, elle n'a pas réintégré son poste jusqu'à la fin de son dernier contrat à durée déterminée. La requérante ne conteste pas que le directeur de cabinet l'a contactée le 2 juillet 2020 en fin de journée, pour lui indiquer que la suspension dont elle était l'objet prenait fin le soir-même. Dès lors, nonobstant le contexte professionnel et les conditions particulières dans lesquelles la requérante a dû quitter son bureau, la mesure qui a été prise revêt le caractère d'une suspension et non d'une sanction disciplinaire. En tout état de cause, Mme B ne justifie d'aucun préjudice en lien avec cette mesure de suspension.
6. En quatrième lieu, bien qu'un témoignage produit par la requérante certifie le passage au sein du service, le 2 juillet 2020, après son départ, d'agents provenant de la direction des systèmes d'information (DSI), et malgré l'annonce, par le directeur de cabinet, de la nécessité de mener des investigations sur son poste informatique, il résulte de l'instruction que le responsable de l'unité " relations utilisateurs et postes de travail " de la DSI certifie qu'aucun agent de cette direction n'est intervenu à un quelconque titre sur l'unité de travail de Mme B le 2 juillet 2020. Il s'ensuit que le moyen tiré de la collecte et de l'utilisation illégales de données personnelles contenues dans l'équipement informatique attribué à Mme B ne peut qu'être écarté.
7. En cinquième et dernier lieu, si Mme B soutient que la commune de La Rochelle a recouru de façon totalement abusive à un empilement de contrats de travail à durée déterminée pour des motifs fallacieux, il résulte de l'instruction qu'elle a été affectée au secrétariat des élus du cabinet du maire pendant deux ans, à raison d'un premier contrat à durée déterminée d'un an comme assistante de direction sur un emploi de catégorie C pour faire face à un besoin lié à un accroissement temporaire d'activité, puis d'un deuxième et d'un troisième contrats de même nature conclus successivement pour une durée de six mois chacun, le dernier ayant pris fin le 31 août 2020. Bien qu'elle ait déjà occupé un poste similaire au sein du secrétariat des élus du cabinet du maire auparavant, elle était alors en alternance du 9 septembre 2016 au 31 août 2018. La conclusion d'un contrat en alternance suivi de trois contrats à durée déterminée, sur une période de quatre ans, ne révèle ni un recours abusif à l'emploi contractuel de Mme B, ni l'existence d'un motif étranger à l'intérêt du service, qui aurait pu servir de fondement à son recrutement par le CDG ou par la commune de La Rochelle. Par suite, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de La Rochelle, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par la commune de La Rochelle au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de La Rochelle présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de La Rochelle.
Délibéré après l'audience du 13 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
La présidente,
Signé
S. BRUSTONLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026