lundi 17 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100275 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2021, M. A B, représenté par la SCP KPL Avocats, demande au tribunal :
1°) de fixer à la somme de 141 525,75 euros toutes taxes comprises (TTC) le décompte général du marché qui lui a été confié par l'OPH Rochefort Habitat Océan, par acte d'engagement du 19 avril 2010 ;
2°) de condamner l'Office public de l'habitat (OPH) Rochefort Habitat Océan à lui verser la somme de 23 750,12 euros TTC au titre du soldé de ce marché, assortie des intérêts moratoires contractuels, ladite somme étant assortie des intérêts au taux légal capitalisés à chaque échéance annuelle ;
3°) de mettre à la charge de l'OPH Rochefort Habitat Océan la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'OPH Rochefort Habitat Océan ne lui a jamais payé différentes prestations qu'il avait pourtant effectuées pour un montant total de 23 750,12 euros TTC.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 janvier 2022, l'OPH Rochefort Habitat Océan, représenté par la SCP Ten France, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que le solde du décompte de liquidation au débit de M. B soit fixé à la somme de 15 928,03 euros hors taxes et que celui-ci soit condamné à lui verser cette somme et, dans tous les cas, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Kolenc-Lebloch représentant M. B, et de Me Leeman représentant l'OPH Rochefort Habitat Océan.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de travaux de gros entretien de son parc immobilier, l'OPH Rochefort Habitat Océan a confié à M. A B, par acte d'engagement du 19 avril 2010, le lot n°10 " plomberie " pour un montant de 179 311,46 euros hors taxes (HT), soit 189 173,59 euros toutes taxes comprises (TTC). Le 31 janvier 2011, l'OPH Rochefort Habitat Océan a décidé de prononcer la résiliation pour faute du lot n°10, pour non-respect des délais contractuels d'exécution stipulés dans l'acte d'engagement et le cahier des clauses administratives particulières (CCAP). Par un courrier du 16 février 2013, M. B a sollicité le paiement d'une somme de 19 791,77 euros qu'il estimait lui rester due. Par courrier du 26 mars 2013, l'OPH Rochefort Habitat Océan a rejeté sa demande. Par courrier du 29 décembre 2017, M. B a mis l'OPH Rochefort Habitat Océan en demeure d'établir le décompte général de liquidation du lot n°10 et de lui régler la somme de 19 791,77 euros. Par courrier du 13 février 2018, l'OPH Rochefort Habitat Océan a refusé de régler la somme sollicitée. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de fixer le décompte général du marché à la somme de 141 525,75 euros TTC et de condamner l'OPH Rochefort Habitat Océan à lui verser la somme de 23 750,12 euros TTC.
2. L'article 50.3 du cahier des clauses administratives générales des marchés publics de travaux, dans sa version issue de l'arrêté du 8 septembre 2009 applicable en l'espèce, prévoit que l'entrepreneur a six mois pour saisir le tribunal administratif à compter de la notification de la décision de rejet de son mémoire en réclamation ou à compter de l'intervention d'une décision implicite de rejet née du silence gardée pendant 45 jours par le représentant du pouvoir adjudicateur.
3. Un mémoire du titulaire du marché ne peut être regardé comme une réclamation au sens des stipulations précitées que s'il comporte l'énoncé d'un différend et expose, de façon précise et détaillée, les chefs de la contestation en indiquant, d'une part, les montants des sommes dont le paiement est demandé et, d'autre part, les motifs de ces demandes, notamment les bases de calcul des sommes réclamées. Si ces éléments ainsi que les justifications nécessaires peuvent figurer dans un document joint au mémoire, celui-ci ne peut pas être regardé comme une réclamation lorsque le titulaire se borne à se référer à un document antérieurement transmis au représentant du pouvoir adjudicateur ou au maître d'œuvre sans le joindre à son mémoire.
4. A supposer que le courrier de M. B daté du 29 décembre 2017 puisse être regardé comme un mémoire en réclamation, il résulte de l'instruction que celui-ci a été rejeté par l'OPH Rochefort Habitat Océan le 13 février 2018. Par suite, ainsi que le fait valoir en défense l'OPH Rochefort Habitat Océan, la requête enregistrée au tribunal administratif de Poitiers le 27 janvier 2021 est tardive et doit être rejetée dans toutes ses composantes, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que demande l'Office public de l'habitat Rochefort Habitat Océan sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Office public de l'habitat Rochefort Habitat Océan présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office public de l'habitat Rochefort Habitat Océan.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
A. THEVENET-BRECHOTLa présidente,
Signé
S. BRUSTON
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026