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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2100633

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2100633

lundi 13 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2100633
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2021, Mme A B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier d'Angoulême à lui verser une somme de 27 722,44 euros, à parfaire, avec intérêts de droit à compter de la réception de sa demande préalable, en réparation du préjudice financier résultant pour elle des fautes commises dans la reprise de son ancienneté lors de sa titularisation ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Angoulême une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa titularisation, à compter du 1er avril 2004, dans le grade d'agent d'entretien spécialisé, au 3e échelon avec une ancienneté au 1er août 2003, est illégale, dès lors qu'elle ne tient pas compte de la totalité de son parcours professionnel précédent au sein de structures publiques ;

- il résulte de cette illégalité fautive un manque à gagner pour elle, dont elle est fondée à demander réparation auprès du centre hospitalier d'Angoulême pour un montant de 27 722,44 euros.

Une mise en demeure a été adressée le 13 octobre 2021 au centre hospitalier d'Angoulême, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n°87-1107 du 30 décembre 1987 ;

- le décret n°88-1081 du 30 novembre 1988 ;

- le décret n°91-45 du 14 janvier 1991 ;

- le décret n°2006-227 du 24 février 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C,

- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Pielberg, représentant le centre hospitalier d'Angoulême.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B a été recrutée par le centre hospitalier d'Angoulême, le 3 décembre 2001, en qualité d'agent d'entretien spécialisé. Elle a été placée en position de stagiaire à compter du 1er avril 2004 dans le grade d'agent d'entretien spécialisé, au 3e échelon, avec une ancienneté au 1er août 2003. Après l'obtention d'un examen professionnel, elle est devenue stagiaire dans le grade d'ouvrier professionnel spécialisé le 3 janvier 2005, échelon 3, puis a été titularisée le 3 janvier 2006, à l'échelon 4. Elle a été, par la suite, reclassée dans le grade d'ouvrier professionnel qualifié, et a bénéficié de plusieurs avancements d'échelon, jusqu'à l'échelon 7 de ce grade. Par un jugement n°1602351 du 19 septembre 2018, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté pour irrecevabilité les demandes de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint au centre hospitalier d'Angoulême de reconstituer sa carrière avec reprise d'ancienneté, à lui verser un rappel de salaire et à condamner l'établissement à lui verser une somme de 10 000 euros pour résistance abusive, compte tenu de leur irrecevabilité. Par une ordonnance n°18BX03938 du 17 septembre 2020, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté la requête de Mme B au motif qu'elle était manifestement dépourvue de fondement. Dans la présente instance, Mme B doit être regardée comme demandant la condamnation du centre hospitalier d'Angoulême à lui verser la somme de 27 722,44 euros en raison de l'illégalité fautive qu'il a commise en refusant de prendre en compte, dans le calcul de sa reprise d'ancienneté au moment de sa titularisation, les années au cours desquelles elle a été embauchée par La Poste.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

2. D'une part, aux termes de l'article 7 du décret du 30 décembre 1987 portant organisation des carrières des fonctionnaires territoriaux de catégorie C, alors en vigueur : " Sauf dispositions contraires dans le statut particulier du cadre d'emplois, les agents non titulaires recrutés par application des règles statutaires dans un grade d'un cadre d'emplois de catégorie C sont titularisés, en prenant en compte à raison des trois quarts de leur durée les services civils qu'ils ont accomplis, sur la base de la durée maximale de service exigée pour chaque avancement d'échelon. / Ce classement ne doit en aucun cas créer des situations plus favorables que celles qui résulteraient d'un classement à un échelon comportant un traitement égal ou à défaut immédiatement supérieur à celui perçu dans l'ancien emploi avec conservation des trois quarts de la durée des services civils accomplis dans la limite de l'ancienneté maximale de service exigée pour l'accès à l'échelon supérieur du grade d'accueil. () ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme B a été recrutée sur le fondement des dispositions, alors en vigueur, du décret du 30 novembre 1988 portant dispositions statutaires générales applicables aux fonctionnaires hospitaliers des catégories C et D, et du décret du 14 janvier 1991 portant statuts particuliers des personnels ouvriers, des conducteurs ambulanciers et des personnels d'entretien et de salubrité de la fonction publique hospitalière, en qualité d'agent d'entretien spécialisé, puis qu'elle a été titularisée dans le corps des ouvriers professionnels au grade d'ouvrier professionnel spécialisé. Dès lors, la situation de Mme B, fonctionnaire hospitalière, n'est pas régie par les dispositions précitées, relatives aux fonctionnaires territoriaux, dont elle ne peut utilement invoquer la méconnaissance.

4. D'autre part, aux termes de l'article 5 du décret du 24 février 2006 relatif à l'organisation des carrières des fonctionnaires hospitaliers de catégorie C, dans sa version initiale : " I. - Les personnes nommées fonctionnaires dans un grade de catégorie C doté des échelles de rémunération 3, 4, 5 ou dans le corps des moniteurs d'atelier qui ont, ou avaient eu auparavant, la qualité d'agent public sont classées avec une reprise d'ancienneté égale aux trois quarts des services civils qu'elles ont accomplis, le cas échéant après calcul de conversion en équivalent temps plein. Ce classement est opéré sur la base de la durée moyenne de chacun des échelons du grade dans lequel elles sont intégrées. / II. - Les personnes nommées fonctionnaires dans un grade de catégorie C doté des échelles de rémunération 3, 4, 5 ou dans le corps des moniteurs d'atelier qui ont, ou qui avaient eu auparavant, la qualité d'agent de droit privé d'une administration, ou qui travaillent ou ont travaillé en qualité de salarié dans le secteur privé ou associatif sont classées avec une reprise d'ancienneté de travail égale à la moitié de sa durée, le cas échéant après calcul de conversion en équivalent temps plein. Ce classement est opéré sur la base de la durée moyenne de chacun des échelons du grade dans lequel elles sont intégrées ".

5. Il résulte de l'instruction que la décision par laquelle Mme B a été titularisée au grade d'ouvrier professionnel spécialisé, datée du 3 janvier 2006, a pris effet au 1er janvier 2006. Or, le décret précité du 24 février 2006 dont Mme B invoque la méconnaissance a été adopté postérieurement à cette décision, de sorte qu'il n'était pas davantage applicable à sa situation.

8. Il résulte de tout ce qui précède qu'en refusant de prendre en compte une ancienneté antérieure au 1er août 2003 au titre des états de service précédant le recrutement de Mme B, le centre hospitalier d'Angoulême n'a commis aucune faute. En l'absence d'illégalité fautive, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'elle a présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier d'Angoulême.

Délibéré après l'audience du 23 février 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bruston, présidente,

Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2023.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERY

La présidente,

Signé

S. BRUSTONLa greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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