lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2100940 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BENDJEBBAR-LOPES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 avril 2021 et le 15 avril 2022, Mme A B et l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT, représentées par la SELARL Bendjebbar-Lopes, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'hôpital de l'Île d'Oléron à verser à Mme B la somme de 3 000 euros en réparation de ses préjudices résultant de l'atteinte portée à sa liberté syndicale ;
2°) de condamner l'hôpital de l'Île d'Oléron à verser à l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT la somme de 3 000 euros en réparation de ses préjudices de toutes natures ;
3°) de mettre à la charge de l'hôpital de l'Île d'Oléron la somme de 1 000 euros à verser à chacune d'entre elles en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- les décisions du 9 mai 2019 et du 10 septembre 2020 portant refus de congé pour formation syndicale, ainsi que celle qui porte retrait d'une autorisation d'absence au titre de sa décharge syndicale octroyée le 9 avril 2020, ne sont justifiées par aucune nécessité du service ;
- ces décisions sont entachées d'illégalités fautives commises par l'hôpital d'Île d'Oléron ;
- ces décisions portent atteinte à la liberté syndicale de Mme B.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 septembre 2021 et le 11 mai 2022, l'hôpital de l'Île d'Oléron conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérantes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'a commis aucune faute, dès lors que les décisions attaquées sont justifiées par des nécessités de service.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 88-676 du 6 mai 1988 ;
- le décret n°82-447 du 28 mai 1982 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bruston,
- les conclusions de Mme Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Lopes, représentant Mme B et l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est agent titulaire de la fonction publique hospitalière. Elle exerce ses fonctions au sein de l'hôpital de l'Île d'Oléron au service de restauration. Mme B est membre du comité technique et du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'hôpital. L'intéressée s'est heurtée à des refus de l'hôpital de l'Île d'Oléron de lui accorder des congés pour formation syndicale. Par ailleurs, une autorisation de décharge d'activité de service octroyée pour motif syndical le 9 avril 2020 lui a également été retirée. Mme B et l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT demandent au tribunal de condamner l'hôpital de l'Île d'Oléron à les indemniser des préjudices qu'elles estiment avoir subis du fait de l'illégalité de ces décisions, à hauteur d'une somme de 3 000 euros chacune.
2. D'une part, il résulte des dispositions de l'article L. 215-1 du code général de la fonction publique que le congé pour formation syndicale ne peut être refusé que pour un motif s'y opposant tiré des nécessités du service. La décision d'une autorité administrative refusant d'accorder à un agent employé au sein de son établissement un tel congé sans préciser en quoi les nécessités de service justifieraient un tel refus, porte atteinte à l'exercice de ses droits syndicaux par cet agent et se trouve par suite entachée d'illégalité. D'autre part, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité et de donner lieu à indemnisation, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain et que soit établi un lien de causalité entre ce dernier et la faute.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les décisions du 9 mai 2019 et du 10 septembre 2020 portant refus de congé pour formation syndicale, contrairement à celle qui procède au retrait de l'autorisation de décharge d'activité de service initialement accordée pour motif syndical le 9 avril 2020, ne sont effectivement pas justifiées par l'intérêt du service. Toutefois, en se bornant à demander la réparation de leurs préjudices " de toute nature ", Mme B et l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT de Charente-Maritime n'établissent la réalité d'aucun préjudice en lien avec les illégalités qu'elles invoquent.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme B et l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT de Charente-Maritime ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'hôpital de l'Île d'Oléron, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les sommes sollicitées par Mme B et l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT de Charente-Maritime au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B et de l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT de Charente-Maritime la somme demandée par l'hôpital de l'Île d'Oléron en application des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et de l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT de Charente-Maritime est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'hôpital de l'Île d'Oléron présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à l'Union syndicale départementale santé et action sociale CGT de Charente-Maritime et à l'hôpital de l'Île d'Oléron.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bruston, présidente,
Mme Gibson-Théry, première conseillère,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
La présidente,
Signé
S. BRUSTONLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026