mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2101059 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre - JU |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 avril 2021, et par des mémoires en réplique enregistrés le 17 mars 2022 et le 25 mai 2022, la société par actions simplifiées (SAS) Angoulême distribution demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- par rapport à l'hypermarché qu'elle exploite à Angoulême, la station-service et le centre-auto qu'elle exploite dans cette même commune constituent des établissements distincts au sens de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972, de l'article 1er du décret du 26 janvier 1995 et du paragraphe 40 du bulletin officiel des impôts BOI-TFP-TSC ;
- ils disposent d'adresses distinctes et sont assujettis séparément à la cotisation foncière des entreprises ;
- il en est de même de la station-service par rapport à l'hypermarché, qui ont des adresses distinctes ;
- c'est à tort que la station-service et l'hypermarché ont été assujettis ensemble à la cotisation foncière des entreprises dès lors que, ne faisant pas partie d'un même ensemble topographique et n'ayant pas vocation à être utilisés par la même clientèle, ils ne peuvent constituer ensemble une base unique pour l'évaluation de la cotisation foncière des entreprises (CFE), selon les conditions définies par l'article 324 A de l'annexe III du code général des impôts ;
- la station-service et l'hypermarché ne forment pas un ensemble immobilier homogène au sens de la jurisprudence et du paragraphe n° 300 du bulletin officiel des impôts BOI-IF-AUT-50-10 du 12 décembre 2013 dès lors, notamment, qu'ils sont distants l'un de l'autre de plusieurs centaines de mètres, qu'ils ne disposent pas d'un accès commun, qu'ils sont séparés par une avenue et qu'ils ne sont pas sur des parcelles contiguës ;
- ils ne sont pas davantage voués à être utilisés par un même occupant dès lors que, de par leur séparation matérielle, ils sont destinés à des clientèles différentes et satisfont des besoins différents ;
- ils constituent des établissements distincts au sens de l'alinéa 4 de l'article 310 HA de l'annexe II du code général des impôts dès lors qu'y sont exercées des activités différentes et que chacun peut faire l'objet d'une exploitation autonome, conformément à la jurisprudence et à l'interprétation administrative, contenue au paragraphe n° 70 de l'instruction 6 E-3-80, de l'article 1518 B relatif à la détermination de la valeur locative des immobilisations acquises à la suite de cessions d'établissements, d'apports, de scissions ou de fusions de sociétés ;
- la notion d'ensemble commercial, dont se prévaut l'administration fiscale, est inopérante pour définir un établissement en matière de TASCOM, un seul ensemble commercial au sens de l'article L. 752-3 du code de commerce pouvant être lui-même constitué de plusieurs établissements, et la notion d'établissement ne devant elle-même être appréciée, en matière de TASCOM, qu'au regard des seuls critères institués par l'article 1er du décret du 26 janvier 1995 ;
- subsidiairement, dans l'hypothèse où la station-service devrait être rattachée à un autre local avec lequel elle constituerait un établissement, il s'agirait de la rattacher non pas à l'hypermarché, mais au centre-auto dont l'activité relève elle aussi du secteur automobile ;
- outre que la station-service constitue un établissement distinct qui ne peut être pris en compte dans la détermination de l'assiette de calcul de TASCOM, elle ne se situe pas au sein du même ensemble commercial que l'hypermarché et ne peut dès lors justifier, sur le fondement du 11ème alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972, la majoration de la TASCOM due pour l'hypermarché ;
- les demandes reconventionnelles présentées par l'administration fiscale sur le fondement de l'article R. 200-15 du livre des procédures fiscales sont irrecevables, en l'absence de dégrèvement accordé en amont de l'instance contentieuse ;
- elles sont en tout état de cause infondées, dès lors qu'elles sont justifiées par la prise en compte d'éléments relatifs aux établissements distincts qui ne peuvent être assujettis à la TASCOM.
Par des mémoires en défense enregistrés le 5 octobre 2021 et le 4 mai 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête et, à titre reconventionnel, sur le fondement de l'article R. 200-15 du livre des procédures fiscales, à ce que soient réintégrés, dans l'assiette de TASCOM, les surfaces et les chiffres d'affaires de la boutique du centre-auto et des boutiques de la galerie marchande de l'hypermarché.
Elle soutient que :
- le centre commercial et sa galerie marchande, la station-service, le centre-auto, la station de lavage et leurs aménagements communs constituaient, jusqu'au 30 juin 2017, un ensemble continu et par suite, un seul et même établissement au titre de la TASCOM, et devaient ainsi être soumis, ensemble, à cette imposition ;
- si, depuis 2018, l'hypermarché et la station-service constituent des établissements distincts en matière de TASCOM, il n'en demeure pas moins qu'ils constituent tous les deux un même ensemble commercial au sens de l'article L. 752-3 du code de commerce, ce qui justifie une majoration du taux applicable sur le fondement du onzième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 ;
- la configuration des lieux et la proximité entre l'hypermarché et la station-service justifient qu'ils soient considérés comme se trouvant sur un même site ;
- la boutique-auto quant à elle doit être, sur le fondement du deuxième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972, considérée comme exclue de l'exonération de TASCOM pour les établissements d'une superficie de moins de 400 m², dès lors qu'elle fait partie d'un réseau d'établissements contrôlé par une même société et représentant une superficie cumulée de plus de 4 000 m² ;
- au titre de la boutique-auto, il y a lieu de réintégrer, dans l'assiette taxable, pour l'année 2018, le chiffre d'affaires réalisé en 2017, c'est-à-dire la somme de 577 277,26 euros, supérieur au seuil de taxation défini au treizième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 (460 000 euros) et constitué des ventes au détail d'accessoires automobiles ;
- doivent être comptabilisées au titre de ces ventes celles libellées sous la mention " accessoires auto ", qui seules correspondent à des ventes au détail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de commerce ;
- la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le décret n° 95-85 du 26 janvier 1995 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de Mme Boutet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Suire, représentant la SAS Angoulême distribution.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées (SAS) Angoulême distribution exploite à Angoulême, sous l'enseigne " Leclerc ", un hypermarché, une station-service et un centre auto. Pour l'ensemble de ces locaux, elle a déposé une seule déclaration de taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) pour les années 2016, 2017 et 2018. Le 18 décembre 2018, elle a déposé une déclaration rectificative de TASCOM en faisant valoir que les trois locaux devaient être considérés comme des établissements distincts et que seul l'hypermarché devait être assujetti à la TASCOM. Elle a demandé en conséquence un dégrèvement de 210 622 euros pour les trois années en litige. L'administration fiscale a rejeté sa réclamation. Par la présente requête, la SAS Angoulême distribution demande au tribunal la réduction des impositions correspondantes.
Sur les conclusions aux fins de réduction :
2. Aux termes de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972, visée ci-dessus, dans sa version applicable au litige : " Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente des magasins de commerce de détail, dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés des établissements ouverts à partir du 1er janvier 1960 quelle que soit la forme juridique de l'entreprise qui les exploite () / Toutefois, le seuil de superficie de 400 mètres carrés ne s'applique pas aux établissements contrôlés directement ou indirectement par une même personne et exploités sous une même enseigne commerciale lorsque la surface de vente cumulée de l'ensemble de ces établissements excède 4 000 mètres carrés. / La surface de vente des magasins de commerce de détail, prise en compte pour le calcul de la taxe, et celle visée à l'article L. 720-5 du code de commerce, s'entendent des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, de ceux affectés à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et de ceux affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. / La surface de vente des magasins de commerce de détail prise en compte pour le calcul de la taxe ne comprend que la partie close et couverte de ces magasins. / () Si ces établissements () ont également une activité de vente au détail de carburants, l'assiette de la taxe comprend en outre une surface calculée forfaitairement en fonction du nombre de position de ravitaillement dans la limite de 70 mètres carrés par position de ravitaillement. Le décret prévu à l'article 20 fixe la surface forfaitaire par emplacement à un montant compris entre 35 et 70 mètres carrés. "
3. L'article 1er du décret du 26 janvier 1995, visé ci-dessus, précise : " Pour l'application de la loi du 13 juillet 1972 susvisée, l'établissement s'entend de l'unité locale où s'exerce tout ou partie de l'activité d'une entreprise. Lorsque plusieurs locaux d'une même entreprise sont groupés en un même lieu comportant une adresse unique ou sont assujettis à une même taxe professionnelle, ils constituent un seul établissement () ".
4. Il résulte des dispositions de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 et de l'article 1er du décret du 26 janvier 1995, cités ci-dessus, que constituent une unité locale, au sens de ces mêmes dispositions, les locaux d'une même entreprise formant un ensemble géographiquement cohérent pour l'exercice de tout ou partie de l'activité de cette entreprise, notamment ceux comportant une adresse unique ou assujettis à une même cotisation foncière des entreprises.
5. En premier lieu, en ce qui concerne l'assiette de TASCOM pour les années 2016 et 2017, la société requérante fait valoir que l'hypermarché d'une part, et, d'autre part, le centre auto et la station-service, étaient situés à des adresses différentes, respectivement 31 et 50 rue de Lunesse, au cours des années en litige, sur des parcelles cadastrales différentes et séparées par une route. Elle indique, par ailleurs, que l'hypermarché et le centre auto font l'objet d'une imposition séparée à la cotisation foncière des entreprise (CFE) et que la station-service a été assujettie à tort à la même cotisation foncière des entreprises que l'hypermarché, alors que les deux entités ne font pas partie du même ensemble topographique et ne sont pas destinées à être utilisées par un même occupant en raison de leur agencement au sens de l'article 324 A de l'annexe III du code général des impôts. Il résulte toutefois de l'instruction que la rue de Lunesse qui, selon la société requérante, séparait l'hypermarché d'un côté et le centre auto de l'autre, passe dans un tunnel à proximité de l'hypermarché et que les trois entités étaient en réalité reliées par un parking commun qui était aménagé au-dessus de ce tunnel, qu'elles disposaient des mêmes accès sur la voie publique et se situaient donc à une adresse physique identique. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'hypermarché, le centre auto et la station-service constituaient, pendant les exercices de référence de son imposition à la TASCOM pour les années 2016 et 2017, des établissements distincts au sens et pour l'application des dispositions rappelées au point 2 ci-dessus. Pour les mêmes motifs, la société requérante n'est pas non plus fondée à soutenir, à titre subsidiaire, que la station-service devrait être, pour ces mêmes années, rattachée au centre-auto.
6. En deuxième lieu, en ce qui concerne l'assiette d'imposition pour l'année 2018 et d'une part, il résulte de l'instruction que, à partir du 1er juillet 2017, l'hypermarché exploité par la société requérante dans le quartier de Lunesse, à Angoulême, et la galerie marchande dont il est doté, ont été déplacés, avec leur parking, de l'autre côté de l'avenue Paul Desfarges, qui les sépare désormais du centre-auto et de la station-service, maintenus du côté opposé de cette rue à quatre voies de circulation automobile et qui disposent désormais de voies d'accès séparées de celles qui permettent d'entrer sur l'espace commercial de l'hypermarché, les accès respectifs de ces différents établissements ne pouvant être rejoints qu'en empruntant le rond-point aménagé sur l'avenue Paul Desfarges. En outre, l'adresse du nouvel hypermarché n'est plus, comme auparavant, rue de Lunesse, où sont toujours établis le centre-auto et la station-service, mais avenue Paul Desfarges. Dans ces conditions, depuis juillet 2017, l'hypermarché " Leclerc " constitue, au regard de sa situation topographique et de l'aménagement d'accès qui lui sont propres, un établissement distinct de la station-essence et du centre-auto. Par suite, c'est à bon droit que la société requérante soutient que cet établissement doit, en tant que tel, faire l'objet d'un assujettissement distinct à la TASCOM.
7. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas allégué que, depuis la reconfiguration des lieux intervenue en 2017, la station-service et le centre-auto seraient encore assujettis à la TASCOM, soit chacun considéré individuellement, soit tous les deux considérés dans leur ensemble, étant au demeurant observé que, même cumulés, ces deux commerces ne représentent pas une superficie de vente au détail qui dépasse le seuil taxable de 400 m², la superficie close et couverte de l'ensemble, au sens du quatrième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972, étant de 249 m², qui correspondent à la superficie de la partie close et couverte du seul centre-auto.
8. En troisième lieu, en ce qui concerne le tarif majoré au titre des ventes de carburant, selon le dixième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972, visée ci-dessus : " Lorsque le chiffre d'affaires au mètre carré est compris entre 3 000 et 12 000 euros, le taux de la taxe est déterminé par la formule suivante : 5, 74 euros + [0, 00315 × (CA / S-3 000)] euros, dans laquelle CA désigne le chiffre d'affaires annuel hors taxe de l'établissement assujetti, exprimé en euros, et S désigne la surface des locaux imposables, exprimée en mètres carrés. " Le onzième de ce même article ajoute : " A l'exclusion des établissements dont l'activité principale est la vente ou la réparation de véhicules automobiles, la formule mentionnée à l'alinéa précédent est remplacée par la formule suivante : 8, 32 € + [0, 00304 × (CAS / S ' 3000)] €, lorsque, sur un même site ou au sein d'un ensemble commercial au sens de l'article L. 752-3 du code de commerce : / ' l'établissement a également une activité de vente au détail de carburants () ' ou l'établissement et une installation de distribution au détail de carburants sont contrôlés directement ou indirectement par une même personne. " Selon les dispositions de l'article L. 752-3 du code de commerce : " I. - Sont regardés comme faisant partie d'un même ensemble commercial, qu'ils soient ou non situés dans des bâtiments distincts et qu'une même personne en soit ou non le propriétaire ou l'exploitant, les magasins qui sont réunis sur un même site et qui : () 2° Soit bénéficient d'aménagements conçus pour permettre à une même clientèle l'accès des divers établissements () 4° Soit sont réunis par une structure juridique commune, contrôlée directement ou indirectement par au moins un associé, exerçant sur elle une influence au sens de l'article L. 233-16 ou ayant un dirigeant de droit ou de fait commun () ".
9. S'agissant des années 2016 et 2017, dès lors que, pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus au point 5, l'hypermarché, la station-service et le centre-auto constituaient, pendant les exercices de référence, un seul et même établissement et devaient être regardés, par suite, comme étant réunis sur un même site au sens des dispositions de l'article L. 752-3 du code de commerce, le tarif applicable au mètre-carré était bien le tarif majoré prévu au onzième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972.
10. S'agissant en revanche de l'année 2018, quand bien-même la station-service et l'hypermarché sont directement contrôlés et exploités par la société requérante, ils ne se trouvent cependant plus, pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus au point 6, compte tenu de leurs aménagements topographiques respectifs et de leur desserte séparée, sur un même site au sens des dispositions précitées de l'article L. 752-3 du code de commerce et ne peuvent dès lors constituer un seul et même ensemble commercial au sens des dispositions cumulées de ce même article et du onzième alinéa de l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972. Par suite, c'est à bon droit que la société requérante demande la réduction qui découle de l'application, en lieu et place du tarif majoré au titre de la vente de carburant qu'elle avait appliqué dans sa déclaration de TASCOM initiale, du tarif non majoré défini au dixième alinéa de ce même article, qui est celui qu'elle a appliqué dans la déclaration de TASCOM rectificative qu'elle a jointe à sa réclamation préalable.
11. Il résulte de ce qui est exposé ci-dessus aux points 4 à 10 que la TASCOM mise à la charge de la société requérante doit être réduite, au titre de l'année 2018 seulement, à raison de la prise en compte de plusieurs établissements distincts, l'hypermarché restant seul assujetti à cette taxe, sans que lui soit applicable le tarif majoré lié aux ventes de carburants.
Sur les conclusions reconventionnelles :
12. Aux termes de l'article R. 200-15 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut, au cours de l'instance, présenter des conclusions reconventionnelles tendant à l'annulation ou à la réformation de la décision prise sur la réclamation primitive. Ces conclusions sont communiquées au réclamant dans les conditions prévues par le code de justice administrative. " Il résulte de ces dispositions que la présentation de conclusions reconventionnelles est subordonnée à l'existence d'une décision de dégrèvement prise par l'administration avant l'introduction de l'instance contentieuse.
13. Dès lors que l'administration a rejeté en totalité la réclamation préalable que la SAS Angoulême distribution avait présentée, sans accorder aucun dégrèvement, les conclusions qu'elle présente à titre reconventionnel, sur le fondement des dispositions citées ci-dessus au point 12, sont mal fondées, et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros au titre des frais exposés par la SAS Angoulême distribution et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les cotisations de taxe sur les surfaces commerciales (TASCOM) auxquelles la SAS Angoulême distribution a été assujettie au titre de l'année 2018, sont réduites à concurrence des conséquences financières résultant, dans le calcul de cette taxe, de la prise en compte de l'hypermarché, de la station-service et du centre-auto, en tant qu'établissements distincts, l'hypermarché restant seul assujetti à cette taxe, sans que lui soit applicable le tarif majoré au titre de la vente de carburants.
Article 2 : Les conclusions présentées à titre reconventionnel par la directrice départementale des finances publiques de la Vienne sont rejetées.
Article 3 : L'Etat versera à la SAS Angoulême distribution une somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Angoulême distribution et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
M. A La greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef par intérim,
La greffière,
signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
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