jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102274 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LAVALETTE AVOCATS CONSEILS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 août 2021, la SARL Bertrand, représentée par Me Gomez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 juin 2021 par laquelle le directeur général de l'établissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) a rejeté son recours gracieux contre la décision du 9 avril 2021 par laquelle FranceAgriMer l'a informée du montant définitif de son aide aux investissements vitivinicoles ;
2°) d'enjoindre, en conséquence, à FranceAgriMer de lui verser la somme de 24 849,01 euros correspondant à la différence entre le montant de l'aide qu'elle a perçue et le montant de l'aide qui lui avait été accordée par décision du 19 septembre 2016, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts ;
3°) de mettre à la charge de FranceAgriMer une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 30 juin 2021 a été prise par une autorité incompétente ;
- l'administration a commis une faute dans l'instruction de son dossier de demande d'aide, laquelle entache d'illégalité la décision du 30 juin 2021 ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la responsabilité sans faute de l'administration est engagée et entache d'illégalité la décision du 30 juin 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er septembre 2023, l'établissement FranceAgriMer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public,
- et les observations de Me Finkelstein substituant Me Gomez, représentant la SARL Bertrand.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 janvier 2016, la SARL Bertrand, entreprise viticole spécialisée dans la production de Cognac dont le siège est situé à Chevanceaux (Charente-Maritime), a déposé auprès de l'établissement FranceAgriMer un dossier de demande d'aide aux investissements vitivinicoles portant notamment sur l'achat de cuves de stockage. Le 19 septembre 2016, l'établissement FranceAgriMer a pris une décision de principe accordant à la SARL une aide d'un montant de 122 675 euros pour un montant de dépenses éligibles de 391 707,83 euros. Une avance d'un montant de 61 337,50 euros a été versée à la SARL le 28 septembre 2016. Après la réalisation des travaux, la SARL a adressé à FranceAgriMer une demande de paiement de son aide le 27 février 2020. Par une lettre du 9 avril 2021, FranceAgriMer a informé la requérante que le montant définitif de son aide s'élevait à 97 825,99 euros correspondant à 294 213,51 euros de dépenses éligibles. La SARL a exercé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté par une décision du 30 juin 2021 dont elle demande l'annulation.
Sur l'étendue du litige :
2. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.
3. Il résulte de ces principes que la requête, en tant qu'elle est dirigée contre la décision du 30 juin 2021, doit être regardée comme étant dirigée contre la décision du 9 avril 2021 et que les moyens tirés des vices propres dont serait entachée la décision du 30 juin 2021 doivent être écartés comme inopérants. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 30 juin 2021 doit, en conséquence, être écarté comme inopérant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il résulte des principes rappelés au point 3 que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 30 juin 2021 doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, la requérante soutient que caractériserait une erreur fautive le fait, pour FranceAgriMer, de n'avoir pas détecté, lors de l'instruction de sa demande d'aide, que les cuves concernées par le projet étaient inéligibles car reconditionnées. Elle en déduit que cette faute entache la décision litigieuse d'illégalité. Toutefois, à supposer que l'administration ait commis une faute en instruisant de manière lacunaire le dossier de demande d'aide de la requérante et en lui annonçant un montant d'aide erroné, cette circonstance n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision par laquelle FranceAgriMer lui a notifié le montant définitif de son aide. Ce moyen doit, en conséquence, être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, d'une part, la SARL Bertrand soutient que FranceAgriMer a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en réduisant l'aide qui lui avait été initialement accordée d'un montant supérieur à la valeur des cuves reconditionnées déclarées non éligibles. Il ressort des pièces du dossier que la correction appliquée par la décision litigieuse au montant de l'aide sollicitée par la SARL s'élève à 24 849,01 euros. Cette somme se décompose en deux parties distinctes : d'une part, un montant non versé de 19 700,27 euros, correspondant à un montant de dépenses inéligibles de 88 135,71 euros, dont 72 000 euros pour les cuves déclarées inéligibles et 16 135,71 euros pour l'installation de ces cuves, d'autre part, un montant de 5 148,74 euros de réfaction de l'aide versée, correspondant à une sous-réalisation du projet de 25 %. Il en résulte que, contrairement à ce que soutient la requérante, le montant de l'aide qu'elle n'a pas perçue n'est pas supérieur à la valeur des cuves déclarées inéligibles et est proportionné aux manquements relevés.
7. D'autre part, la SARL Bertrand soutient que FranceAgriMer a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en retirant à deux reprises des dépenses éligibles la valeur des cuves déclarées inéligibles, à savoir lors de la fixation du plafond de dépenses éligibles par la décision d'éligibilité du 19 septembre 2016 et lors de la liquidation définitive de son aide au moment du versement du solde. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le retrait des dépenses exposées pour l'achat de cuves reconditionnées n'est intervenu qu'une seule fois lors de la liquidation définitive de l'aide au moment du versement du solde.
8. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commis FranceAgriMer doit être écarté.
9. En quatrième lieu, si la société requérante semble soutenir que la responsabilité sans faute de FranceAgriMer pourrait être engagée, elle ne peut utilement se prévaloir de l'existence d'une telle responsabilité, à la supposer établie, pour solliciter l'annulation de la décision litigieuse.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 avril 2021 présentées par la SARL Bertrand doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Bertrand est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Bertrand et à l'établissement FranceAgriMer.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Méhauté, président,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
Le président,
Signé
A. LE MEHAUTE
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
G. FAVARD
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026