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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2102296

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2102296

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2102296
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantSCP BCJ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er septembre 2021, Mme A C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 6 août 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne a refusé de lui accorder une remise totale d'un indu d'aide personnelle au logement s'élevant à 115,49 euros ;

2°) de lui accorder la remise gracieuse totale de cette somme.

Elle soutient que :

- il lui reste neuf jours de droit ARE et son conjoint est toujours sans emploi ;

- elle produit un justificatif de dette que son mari doit rembourser à son employeur et ils doivent payer des frais de kinésithérapeute non remboursés de 200 euros ;

- elle se trouve dans l'incapacité de payer la somme qui lui est réclamée.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 avril 2022, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP BCJ, conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce que la décharge maximale accordée soit de 10%. Elle demande en tout état de cause de mettre à la charge de la requérante la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, le rapport de M. B et les observations de Mme C, requérante.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 22 mai 2021, la CAF de la Vienne a notifié à Mme C un trop-perçu d'aide personnelle au logement au titre des mois de février et mai 2021 d'un montant total de 115,49 euros faisant suite à un échange d'informations avec les services de Pôle emploi justifiant la fin de l'application, à compter du 1er février 2021, de la mesure de neutralisation des revenus. L'intéressée a présenté, par courriel du 28 juin 2021, une demande de remise gracieuse de cette dette. La requérante demande l'annulation de la décision du 6 août 2021 par laquelle la directrice de la CAF de la Vienne lui a accordé une remise partielle de dette de 28,87 euros et laissé le solde à sa charge.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement () sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent / 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement/ () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, ou ne faisant que partiellement droit à cette demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. L'indu d'aide personnelle au logement en litige trouve son origine dans la fin de la neutralisation des ressources de la requérante consécutivement à un rapprochement du service gestionnaire avec les services de Pôle emploi permettant de constater que celle-ci, contrairement à ses déclarations, se trouvait dans une situation de chômage indemnisé avec activité à compter du 1er février 2021, situation ne lui permettant plus de bénéficier de la neutralisation de ses revenus mais lui ouvrant droit à un abattement à hauteur de 30%. Il résulte de l'instruction que, par la décision attaquée, la caisse d'allocations familiales de la Vienne lui a accordé une remise partielle de cet indu à hauteur de 25 %. Si l'intéressée soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme demandée en produisant un justificatif de dette de 992,70 euros que son mari doit à son employeur et en faisant valoir qu'il lui reste neuf jours de droit à l'ARE, que son conjoint est sans emploi et que le couple doit payer des frais de kinésithérapeute non remboursés de 200 euros, elle n'apporte pas d'élément suffisamment probant ou circonstancié permettant notamment de déterminer le montant de ses charges actuelles et de ses ressources et ainsi d'établir l'impossibilité pour elle de rembourser l'indu en litige. La requérante ne conteste pas les dires de la CAF de la Vienne selon lesquels son quotient familial, calculé en tenant compte des ressources, des charges et de la composition du foyer, s'est établi à 1 547,00 euros et qu'ainsi l'indu qui lui est réclamé n'excède manifestement pas ses capacités contributives.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 6 août 2021 refusant d'accorder à la requérante une remise totale de dette doivent être rejetées.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C la somme que demande la CAF de la Vienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales de la Vienne présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

P. B

La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef par intérim,

La greffière

Signé

D. GERVIER

N ° 2102296

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