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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2102525

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2102525

mercredi 13 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2102525
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantNOCENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2021, Mme D B, représentée par Me Nocent, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 9 mars 2021 lui refusant l'octroi de la carte mobilité inclusion mention " stationnement " ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Vienne de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention " stationnement " dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Vienne une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'elle remplit le critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied exigé par les textes.

Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire enregistrés le 2 novembre 2021 et le 7 janvier 2022, le département de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande au tribunal l'annulation de la décision du 22 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté son recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 9 mars 2021 lui refusant l'octroi de la carte mobilité inclusion mention " stationnement ".

2. L'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2017, dispose : " I.-La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. () La mention " stationnement pour personnes handicapées " permet à son titulaire ou à la tierce personne l'accompagnant d'utiliser, à titre gratuit et sans limitation de la durée de stationnement, toutes les places de stationnement ouvertes au public. ()V bis.- () Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention " stationnement " de la carte. () ". L'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, en vigueur depuis le 1er janvier 2017, dispose : " I.-La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement. () IV.-Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. V.-Après instruction de la demande, l'appréciation portée par la commission des droits et de l'autonomie mentionnée aux articles L. 146-9 et L. 241-6 est transmise au président du conseil départemental, qui délivre la carte sollicitée. ". L'article R. 241-15 du même code précise que, lorsque la mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée pour une durée déterminée, cette dernière ne peut être inférieure à un an ni excéder vingt ans.

3. Aux termes enfin de l'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles, concernant le critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : " 1. La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; - ou la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie ().

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur une demande de carte de stationnement pour personnes handicapées ou de carte " mobilité inclusion " mention " stationnement pour personnes handicapées ", c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant à la date à laquelle il rend sa propre décision que le juge doit statuer.

5. Mme B produit des documents médicaux témoignant d'un suivi médical important. Et résulte du certificat médical établi par le docteur C le 20 septembre 2021 que son périmètre de marche est inférieur à 200 mètres et qu'elle est dépendante de son entourage. Dans ces conditions, la requérante satisfait aux conditions énoncées ci-dessus pour se voir délivrer la carte mobilité inclusion " stationnement " sollicitée.

6. Il s'ensuit que doit être annulée la décision du 22 juillet 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formée par Mme B contre la décision du 9 mars 2021 lui refusant l'octroi de la carte mobilité inclusion mention " stationnement ". La présente décision implique la délivrance de cette carte par le président du conseil départemental de la Vienne dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision.

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de la Vienne la somme de 1 200 euros au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du président du conseil départemental de la Vienne du 22 juillet 2021 est annulée.

Article 2 : Mme B a droit à la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " pour une durée d'un an. Cette carte lui sera délivrée par le président du conseil départemental de la Vienne dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision.

Article 3: Le département de la Vienne versera à Mme B la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article l. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au département de la Vienne.

Copie en sera adressée à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.

Le magistrat désigné,La greffière,

Signé Signé

D. AG. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef,

La greffière

Signé

G. FAVARD

N°2102525

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