mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102837 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - JU |
| Avocat requérant | ONDONGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Ondongo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté son recours administratif contre la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne de mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 5 429,82 euros pour la période du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge du département de la Vienne une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, son recours n'ayant pas été soumis à la commission de recours amiable prévue à l'article L. 267-47 du code de l'action sociale et des familles ;
- elle a également été prise au terme d'une procédure irrégulière en ce qu'il n'a pas été informé de la teneur et de l'origine des documents et informations obtenus par la CAF en vertu de son droit de communication, en méconnaissance de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ;
- s'il " a pu se retrouver au Cameroun, pendant la période de l'état d'urgence sanitaire de mars 2020, dans l'impossibilité de revenir en France en raison de l'interdiction des vols aériens entre le Cameroun et la France (), cette circonstance imprévisible et irrésistible, assimilable à un cas de force majeure, ne peut lui être imputée ; () en tout état de cause, il appartient au département de la Vienne de justifier de l'absence du requérant du territoire national sur la période retenue, soit du 11 décembre 2019 au 30 septembre [2020], alors même qu'il n'est pas contesté [qu'il] a honoré de sa présence un rendez-vous à la CAF de la Vienne en septembre 2020, ce dont il résulte qu'il était sur le territoire français " ;
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2022, le département de la Vienne conclut au rejet de la requête de M. A.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission de recours amiable est inopérant, la convention conclue entre le département et la CAF de la Vienne le 1er janvier 2018 devant être lue comme ne prévoyant pas la saisine de cette commission ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la CAF de la Vienne, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté son recours administratif contre la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne de mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 5 429,82 euros pour la période du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020.
2. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". L'article R. 262-89 précise : " Sauf lorsque la convention () en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable () ". Il résulte de ces dispositions que les recours administratifs dirigés contre des décisions relatives au RSA sont en principe soumis pour avis à la commission de recours amiable, sauf pour les cas pour lesquels la convention conclue, sur le fondement de l'article L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles, entre le département et l'organisme chargé du service du RSA exclut expressément la saisine de la commission. Dès lors, lorsqu'une telle convention est muette quant aux limites de la saisine de la commission, cette dernière doit être saisie de tout recours administratif dirigé contre une décision relative au RSA.
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. L'application de ce principe n'est pas exclue en cas d'omission d'une procédure obligatoire, à condition qu'une telle omission n'ait pas pour effet d'affecter la compétence de l'auteur de l'acte. Toutefois, la circonstance que le législateur ait entendu permettre à chaque département, agissant par voie de convention avec l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, de déterminer les hypothèses dans lesquelles les réclamations dirigées contre des décisions relatives au revenu de solidarité active sont soumises pour avis à la commission de recours amiable de cet organisme n'a pas pour effet de retirer à la consultation de cette commission, eu égard à sa nature et à sa composition, le caractère d'une garantie apportée, lorsqu'elle est prévue, au bénéficiaire du revenu de solidarité active.
4. En l'espèce, la convention passée entre le département de la Vienne et la CAF de la Vienne le 1er janvier 2018 ne prévoit aucun cas d'exclusion de la saisine de la commission de recours amiable. Il suit de là que la commission devait être saisie du recours administratif de M. A. Faute pour le président du conseil départemental d'avoir saisi cette commission de la réclamation de M. A, il a entaché sa décision d'un vice de procédure. Eu égard à la nature et à la composition de cette commission, ce vice a privé M. A d'une garantie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté le recours administratif de M. A contre la décision de la directrice de la CAF de la Vienne de mettre à sa charge un indu de RSA de 5 429,82 euros pour la période du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020 doit être annulée.
6. Si le présent jugement ne prononce pas l'annulation du titre exécutoire émis le 21 juin 2021 en vue du recouvrement de la somme de 5 217,18 euros correspondant au solde de l'indu en litige, le requérant n'ayant pas présenté de conclusions contre ce titre, il convient de préciser que ce titre est devenu sans objet en raison de l'annulation de la décision de l'ordonnateur qui en constitue le fondement.
7. Toutefois, compte tenu du motif de l'annulation prononcée, qui ne fait pas obstacle à ce que le président du conseil départemental prenne, s'il s'y croit fondé et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, une nouvelle décision mettant à la charge de M. A le remboursement de l'indu en litige, il n'y a pas lieu de décharger l'intéressé de la somme de 5 429,82 euros.
8. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de la Vienne une somme de 800 euros à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 3 septembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté le recours administratif de M. A contre la décision de la directrice de la CAF de la Vienne de mettre à sa charge un indu de RSA de 5 429,82 euros pour la période du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020 est annulée.
Article 2 : Le département de la Vienne versera à M. A une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au département de la Vienne.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Vienne et au directeur départemental des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. CLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui ls concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026