mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102852 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - JU |
| Avocat requérant | SELARL LELONG DUCLOS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le numéro 2102852 le 5 novembre 2021, et deux mémoires enregistrés le 3 août 2023 et le 10 janvier 2024, M. A B, représenté par la SELARL Lelong Duclos Avocats, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 25 février 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté le recours administratif préalable du 30 novembre 2020 qu'il a exercé à l'encontre de la décision du 30 octobre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Vienne a mis à sa charge le remboursement d'un indu d'allocation de revenu de solidarité active de 15 909,98 euros pour la période du 1er octobre 2017 au 31 août 2020 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer la somme mise à sa charge au titre de la récupération de l'indu de revenu de solidarité active ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise totale de cette dette ;
4°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Vienne, à titre principal, de procéder au remboursement de la somme déjà récupérée au titre de l'indu de revenu de solidarité active dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
5°) de mettre à la charge du département de la Vienne la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, à défaut de production d'un justificatif de la publication préalable et régulière de l'acte de délégation de signature ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, qu'il n'a pas été invité à présenter ses observations écrites ou orales avant l'adoption de la décision initiale du 30 octobre 2020, ni à se faire assister par le mandataire de son choix, avant la décision du 30 octobre 2020 et celle du 25 février 2021 qui s'y est substituée, et, d'autre part, en l'absence de saisine préalable de la commission de recours amiable ;
- la créance en litige n'est pas fondée, d'une part, en application de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles, en tant qu'elle procède des versements exceptionnels effectués par ses parents au-delà du montant mensuel de 500 euros, pour les mois d'août, juillet et novembre 2017, juin, octobre, novembre et décembre 2018, et janvier, février, mai et juillet 2019, et, d'autre part, en tant qu'elle porte sur son absence du territoire au printemps 2020, alors que la pandémie mondiale de covid-19 ne lui a pas permis de rejoindre le territoire français dans le délai de 90 jours à compter de sa sortie ;
- la prescription biennale est applicable à la créance en litige, en application des dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles, en raison de l'absence de toute intention frauduleuse de sa part ;
- à titre subsidiaire, compte tenu de sa bonne foi et en l'absence de fraude, il appartenait au département d'étudier sa demande de remise partielle de dette, et de le lui accorder au regard de sa situation de précarité, dont il justifie au 10 janvier 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 février 2022, le département de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2021.
II. Par une requête enregistrée sous le numéro 2102853 le 5 novembre 2021, et des mémoires enregistrés le 5 janvier 2024 et le 10 janvier 2024, M. A B, représenté par la SELARL Lelong Duclos Avocats, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision du 30 octobre 2020 de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne en tant qu'elle a mis à sa charge d'une part, un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année de 152,45 euros au titre de l'année 2018, d'autre part, un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année de 152,45 euros au titre de l'année 2019, et, enfin, un indu d'aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires de 150 euros, ainsi que les trois décisions du 19 janvier 2021 du même organisme rejetant le recours gracieux qu'il a exercé le 26 novembre 2020 à l'encontre de la décision du 30 octobre 2020 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge au titre de la récupération de ces indus d'aide exceptionnelle ;
3°) à titre subsidiaire, de lui accorder la remise totale de ces dettes ;
4°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Vienne, à titre principal, de procéder au remboursement de la somme déjà récupérée au titre des indus d'aide exceptionnelle dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
5°) de mettre à la charge du département de la Vienne la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou, si l'aide juridictionnelle ne lui était pas octroyée, à lui verser directement en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été prises par des autorités incompétentes ;
- elle ne sont pas suffisamment motivées ;
- elles ont été prises au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été invité à présenter ses observations écrites ou orales ni informé qu'il pouvait se faire assister par le mandataire de son choix avant leur adoption, en méconnaissance de l'article L. 211-8 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les créances en litige ne sont pas fondées, d'une part, en application de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles, en tant qu'elle procède des versements exceptionnels effectués par ses parents au-delà du montant mensuel de 500 euros, pour les mois d'août, juillet et novembre 2017, juin, octobre, novembre et décembre 2018, et janvier, février, mai et juillet 2019, et, d'autre part, en tant qu'elle porte sur son absence du territoire au printemps 2020, alors que la pandémie mondiale de covid-19 ne lui a pas permis de rejoindre le territoire français dans le délai de 90 jours à compter de sa sortie ;
- la prescription biennale est applicable aux créances en litige, en application des dispositions de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles, en raison de l'absence de toute intention frauduleuse de sa part ;
- à titre subsidiaire, compte tenu de sa bonne foi et en l'absence de fraude, il appartenait à la caisse d'allocations familiales d'étudier sa demande de remise partielle de dette, et de le lui accorder au regard de sa situation de précarité, dont il justifie au 10 janvier 2024.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2022, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP BCJ Brossier-Carré-Joly, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D ;
- et les observations de Me Duclos représentant M. B, qui a repris ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 2102852 et 2102853 sont relatives à la situation d'un même allocataire de prestations sociales et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
2. Après un contrôle réalisé le 30 juillet 2020 par un agent assermenté, la CAF de la Vienne, estimant que M. B n'avait pas déclaré ses séjours hors de France entre les années 2018 et 2020, a procédé au recalcul de ses droits au revenu de solidarité active, à la prime exceptionnelle de fin d'année et à l'aide exceptionnelle de solidarité. Par un courrier du 30 octobre 2020, la caisse d'allocations familiales de la Vienne a demandé à M. B le remboursement d'une dette globale de primes exceptionnelles de fin d'année et de revenu de solidarité active de 15 909,98 euros, dont 15 455,08 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active pour la période du 1er octobre 2017 au 31 août 2020, 304,90 euros au titre d'un indu de la prime exceptionnelle de fin d'année pour les années 2018 et 2019 et 150 euros au titre d'un indu de prime exceptionnelle de solidarité. M. B a sollicité la remise partielle de cette dette globale par un recours gracieux du 26 novembre 2020, qui a fait l'objet d'un rejet par trois courriers du 19 janvier 2021 de la caisse d'allocations familiales de la Vienne concernant les trois indus de prime exceptionnelle, et par un courrier du département de la Vienne du 25 février 2021. Par sa requête enregistrée sous le n° 2102852, M. B demande l'annulation de la décision du 25 février 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté son recours administratif préalable du 30 novembre 2020 exercé à l'encontre de la décision du 30 octobre 2020 de la caisse d'allocations familiales de la Vienne ayant mis à sa charge le remboursement d'un indu de revenu de solidarité active de 15 909,98 euros. Par sa requête enregistrée sous le n° 2102853, M. B demande l'annulation de la décision du 30 octobre 2020 de la CAF de la Vienne en tant qu'elle a mis à sa charge deux indus d'aide exceptionnelle de fin d'année de 152,45 euros chacun au titre des années 2018 et 2019 et un indu d'aide exceptionnelle de solidarité de 150 euros, ainsi que les trois décisions du 19 janvier 2021 du même organisme rejetant le recours gracieux qu'il a exercé le 26 novembre 2020 à l'encontre de la décision du 30 octobre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, d'aide personnalisée au logement ou de prime d'activité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été signée par Mme E C, chef de service au conseil départemental de la Vienne, qui disposait d'une délégation de signature consentie à cet effet par un arrêté du 25 novembre 2020, transmis en préfecture et régulièrement affiché du 27 novembre 2020 au 23 mars 2021 dans les locaux du conseil départemental. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. Les modalités d'examen du recours sont définies par décret en Conseil d'Etat. ". En outre, aux termes de l'article R. 262-89 du même code : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. / Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée ".
6. D'une part, la consultation préalable de la commission de recours amiable en matière de contestations relatives au revenu de solidarité active formées auprès du président du conseil départemental est prescrite par les dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, sauf lorsque la convention de gestion conclue entre la caisse d'allocations familiales et le département en dispose autrement, en application de l'article R. 262-89 précité du même code. Les dispositions de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles ne font pas obstacle à ce qu'une convention de gestion exclut la consultation de la commission de recours amiable.
7. Les dispositions de l'article 3.2 de la convention de gestion du revenu de solidarité active, conclue le 1er janvier 2018 entre le département de la Vienne et la caisse d'allocations familiales de la Vienne, applicable en l'espèce, réservent au président du conseil départemental la compétence pour statuer sur les contestations qui lui sont présentées en la matière dans le cadre des recours administratifs préalables obligatoires. Ces dispositions doivent nécessairement être regardées, contrairement à ce que soutient le requérant, comme dispensant cette autorité de la consultation préalable de la commission de recours amiable. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de consultation préalable de cette commission doit être écarté.
8. D'autre part, il ne résulte pas de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles que la décision attaquée constitue une sanction. Par suite, le moyen tiré de ce que le requérant n'a pas été invité à présenter ses observations écrites ou orales avant l'adoption de la décision initiale du 30 octobre 2020, ni à se faire assister par le mandataire de son choix, avant la décision du 30 octobre 2020 et celle du 25 février 2021 qui s'y est substituée, est inopérant et doit être écarté.
9. En troisième lieu, si M. B allègue que la décision contestée est illégale en raison du vice de procédure entachant la décision du 30 octobre 2020 qui, dépourvue de mentions l'informant des conditions dans lesquelles il pouvait présenter des observations écrites ou orales et de sa possibilité de se faire assister par un conseil, l'aurait empêché de faire valoir ces garanties, il résulte toutefois de l'instruction que l'intéressé a été informé, lors du contrôle effectué le 30 juillet 2020 sur sa situation par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales, notamment de son droit de rectification et de contestation des conclusions du rapport du 13 août 2020. Par suite, la décision du 30 octobre 2020 n'ayant pas été prise en méconnaissance des droits de la défense du requérant, la décision du 25 février 2021 qui s'y est substituée ne peut être regardée comme l'ayant privé d'une garantie.
10. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". L'article L. 262-3 de ce code dispose que : " () L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". L'article R. 262-6 du même code prévoit que : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 dudit code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
11. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
12. D'une part, pour contester les mentions du rapport d'enquête du 13 août 2020, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, M. B soutient qu'en raison de la pandémie de covid-19, il s'est retrouvé dans l'impossibilité de rentrer de la Turquie, où il séjournait avec sa compagne, de nationalité turque. Toutefois, les seuls éléments produits par le requérant, attestant son apprentissage de la langue turque, sa présence à la session 2019 du concours externe pour l'accès à l'emploi de conseiller des affaires étrangères et son mariage le 16 février 2021 en Turquie, ne démontrent pas l'impossibilité alléguée de rentrer en France sur la période comprise entre le 23 janvier 2020 et le 26 juin 2020. En outre, le requérant n'a jamais fait état auprès de la caisse d'allocations familiales de la Vienne de ses multiples absences du territoire français entre le 26 novembre 2018 et le 21 novembre 2019 et des difficultés qu'il aurait rencontrées pour regagner la France, alors que tout séjour à l'étranger supérieur à trois mois doit être signalé. Les circonstances avancées par l'intéressé ne suffisent pas à remettre en cause les constatations du rapport d'enquête selon lesquelles l'intéressé ne résidait pas de façon stable et continue en France.
13. D'autre part, M. B conteste " partiellement " l'indu de revenu de solidarité active déterminé à son encontre en reconnaissant qu'il aurait dû déclarer les cinq cents euros mensuels que lui versaient ses parents au cours de la période en litige, tout en invoquant le caractère exceptionnel des sommes qu'ils lui ont versées au surplus, qui ferait obstacle à leur prise en compte, par la caisse d'allocations familiales, pour le calcul de ses droits au revenu de solidarité active. Toutefois, il résulte du rapport d'enquête que les sommes en cause, de 5 500 euros en 2019 à raison de quatre versements, de 2 500 euros en 2018, à raison de quatre versements, et de 1 330 euros entre les mois d'août et de novembre 2017, à raison de trois versements, correspondant à un montant total de 9 330 euros en l'espace de deux ans, ne peuvent être considérées, eu égard à leur montant et à leur caractère régulier, comme des versements exceptionnels, alors, en outre, que les dispositions applicables n'établissent pas de distinction entre le caractère régulier ou non de la perception des ressources à déclarer. Dans ces conditions, le président du conseil départemental de la Vienne n'a pas méconnu les dispositions précitées au point 10 en considérant que la CAF de la Vienne pouvait se fonder sur les séjours hors de France de M. B et sur les sommes versées par ses parents sur son compte bancaire, pour recalculer ses droits au revenu de solidarité active au titre de la période en litige.
14. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active ou le département en recouvrement des sommes indûment payées. () ". Il résulte de ces dispositions que l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations fait obstacle à l'application de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale de droit commun. La notion de fraude ou de fausse déclaration doit s'entendre comme visant les inexactitudes ou omissions délibérément commises par l'allocataire dans l'exercice de son obligation déclarative.
15. Il résulte de l'instruction que M. B, qui n'établit pas que les conclusions de l'enquête conduite par le contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales seraient erronées, n'a jamais déclaré ses voyages en Turquie, et s'est au contraire régulièrement déclaré domicilié en France, alors qu'il ne pouvait ignorer, compte tenu de la présentation de la déclaration trimestrielle de ressources, qui invite explicitement l'allocataire à faire état de ses changements de situation personnelle et de la perception de toutes ses ressources, quelles qu'en soit la nature, qu'il devait informer la CAF de ses séjours à l'étranger et de tous les versements reçus de ses parents. Dans ces conditions, eu égard notamment à leur caractère répété sur une période de plus de vingt-quatre mois, et bien qu'il n'ait contesté l'indu que " partiellement " en admettant avoir omis de déclarer le versement de cinq cents euros mensuellement par ses parents, les omissions qui sont reprochées à M. B caractérisent des fausses déclarations, de nature à faire obstacle à ce qu'il puisse se prévaloir du caractère biennal de la prescription. Par suite, l'action en recouvrement de l'indu de la CAF était soumise au délai de prescription quinquennal de droit commun. A la date de la notification de sa décision d'indu, l'action de la caisse d'allocations familiales qui portait sur la période du 1er octobre 2017 au 31 août 2020, n'était donc pas prescrite.
En ce qui concerne les indus de prime exceptionnelle de fin d'année :
S'agissant de la décision du 30 octobre 2020 :
16. D'une part, lorsqu'une décision administrative prise illégalement donne lieu à un recours administratif ne constituant pas un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux et que l'autorité saisie de ce recours prend légalement une décision expresse par laquelle elle maintient la mesure contestée, la décision initiale ne se trouve pas régularisée. En revanche, la décision prise sur le recours administratif a pour effet de permettre l'application de la mesure à compter de la date à laquelle cette décision entre en vigueur.
17. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 211-8 du même code : " Les décisions des organismes de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole de salariés ou de non-salariés ordonnant le reversement des prestations sociales indûment perçues sont motivées. Elles indiquent les voies et délais de recours ouverts à l'assuré, ainsi que les conditions et les délais dans lesquels l'assuré peut présenter ses observations écrites ou orales. Dans ce dernier cas, l'assuré peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix ".
18. En l'espèce, les trois décisions du 19 janvier 2021 dont M. B demande l'annulation ont été prises en réponse au recours gracieux qu'il a exercé à l'encontre de la décision du 30 octobre 2020, qu'il conteste également. En l'absence de recours administratif préalable obligatoire en matière d'aide exceptionnelle de fin d'année, ces décisions ne se sont pas substituées à cette décision initiale, dont le requérant soutient qu'elle est insuffisamment motivée. Il résulte de l'instruction que si cette décision mentionne que l'indu dont le remboursement a été réclamé à M. B a pour origine l'absence de déclaration de ses sorties du territoire français et les aides financières versées par ses parents pour le calcul de ses droits, elle est dépourvue de toute motivation en droit, la circonstance invoquée par la CAF que les décisions de rejet de son recours soient motivées en droit et en fait ne pouvant avoir pour effet de régulariser le vice de forme affectant la décision initiale.
19. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre la décision du 30 octobre 2020, qu'elle doit être annulée en tant qu'elle porte sur les indus de prime exceptionnelle de fin d'année et de prime de solidarité.
S'agissant des décisions du 19 janvier 2021 :
20. En premier lieu, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative.
21. Il en résulte que les moyens tirés de l'incompétence des signataires des décisions attaquées et de leur insuffisante motivation, inopérants, doivent être écartés.
22. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d''année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer ". Aux termes de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d''année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer ". Enfin, aux termes de l'article 1er du décret du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires : " I. - Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : / 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () ", et aux termes de son article 2 : " I.- Les bénéficiaires du revenu de solidarité active mentionné au 1° de l'article 1er du présent décret ont droit, au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité, à un versement de 150 euros sous réserve que le montant de leur allocation dû au titre du mois d'avril ou de mai ne soit pas nul () ".
23. Il résulte de ces dispositions que les aides exceptionnelles au titre des années 2018 et 2019 ne devaient être versées qu'aux allocataires du revenu de solidarité active qui avaient droit à cette allocation au titre du mois de novembre de chacune de ces années, et l'aide exceptionnelle de solidarité aux bénéficiaires du revenu de solidarité active dont l'allocation due en avril ou en mai n'était pas nulle. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, M. B n'avait pas droit au revenu de solidarité active entre le 1er octobre 2017 et le 31 août 2020. Par suite, le moyen tiré de l'absence de bien-fondé de la créance relative à ces aides exceptionnelles doit être écarté.
24. En troisième et dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 15 du présent jugement que les omissions déclaratives de M. B sont constitutives de fausses déclarations, et, qu'en tout état de cause, les aides exceptionnelles dont le remboursement lui est réclamé lui ont été versées moins de deux ans avant l'adoption de la décision du 30 octobre 2020. Par suite, ces circonstances font obstacle à ce que M. B puisse utilement se prévaloir de la prescription biennale s'agissant des indus en litige.
25. Il résulte de tout ce qui précède que si la décision du 30 octobre 2020 doit être annulée en tant qu'elle porte sur les indus de prime exceptionnelle de fin d'année et de prime de solidarité, les décisions du 19 janvier 2021, prises sur recours gracieux, ont pour effet de permettre l'application de ces indus à compter de la date à laquelle elles ont été notifiées au requérant.
Sur la demande remise gracieuse :
26. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
27. Ainsi qu'il a été dit aux points 15 et 24 du présent jugement, les indus de revenu de solidarité active et d'aide exceptionnelle de fin d'année et de solidarité dont le remboursement est réclamé à M. B résultent de fausses déclarations sur ses ressources et ses séjours à l'étranger. Cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions du 19 janvier 2021, de décharge et de remise gracieuse de dette présentées par M. B dans ses requêtes n°s 2102852 et 2102853, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
29. D'une part, M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, dans le cadre de l'instance n° 2102853. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Duclos, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Duclos de la somme de 900 euros.
30. D'autre part, le département de la Vienne n'étant pas la partie perdante dans l'instance n° 2102852, il n'y a pas lieu de mettre à sa charge la somme demandée par Me Duclos sur le fondement de ces mêmes dispositions.
31. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la caisse d'allocations familiales de la Vienne, dans l'instance n° 2102853, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 30 octobre 2020 est annulée en tant qu'elle porte sur les indus de prime exceptionnelle de fin d'année et de prime de solidarité.
Article 2 : L'Etat versera à Me Duclos une somme de 900 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Duclos renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au département de la Vienne, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à Me Duclos.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.
Mis à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
La magistrate désignée,
Signé
S. GIBSON-THERYLa greffière
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet de la Vienne en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
N°s 2102852, 2102853
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026