mardi 23 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2102962 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BAZIN & CAZELLES AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 novembre 2021, M. C A, représenté par Me Souet, demande au juge des référés :
1°) de condamner, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers à lui verser une provision globale de 16 718,48 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la maladie imputable au service dont il a été atteint ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Poitiers une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable dès lors que le caractère professionnel de sa maladie a été reconnu par le CHU de Poitiers et qu'en conséquence la responsabilité sans faute de ce dernier est engagée ;
- il est fondé à obtenir l'indemnisation des préjudices résultant de l'assistance par une tierce personne, des frais kilométriques engagés pour la réalisation de l'expertise, des troubles temporaires et permanents dans ses conditions d'existence, des souffrances endurées et des préjudices esthétique et d'agrément.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 janvier 2022, le centre hospitalier universitaire de Poitiers conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les différentes demandes indemnitaires provisionnelles présentées par le requérant au titre de sa maladie professionnelle sont surévaluées.
Vu :
- le rapport d'expertise rendu le 10 mars 2021, le docteur B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A est employé par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers en qualité d'aide-soignant. Une capsulite rétractile de l'épaule droite s'est déclarée le 9 juin 2016. Par trois décisions du 18 octobre 2016, du 15 septembre 2017 et du 5 juillet 2018, le directeur du CHU de Poitiers a reconnu sa maladie comme une maladie professionnelle, tableau 57A et 57B Droite. M. A a bénéficié d'un arrêt de travail pour la période du 10 juin 2016 au 7 novembre 2019, pris en charge au titre de sa maladie professionnelle. L'intéressé a été placé en congé de maladie ordinaire à compter du 7 novembre 2019. Par une ordonnance du 9 novembre 2020, la présidente du tribunal a fait droit à la demande du requérant tendant à la réalisation d'une expertise en vue d'évaluer son droit à indemnisation de ses préjudices résultant de sa maladie professionnelle. Dans son rapport d'expertise rendu le 10 mars 2021, le docteur B a considéré que la pathologie était consolidée au 2 novembre 2019. M. A demande au juge des référés de lui octroyer une provision d'un montant de 16 718,48 euros à valoir sur les préjudices personnels subis consécutivement à sa maladie professionnelle.
Sur les conclusions tendant au versement d'une provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
En ce qui concerne le caractère non sérieusement contestable de l'obligation :
3. Le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie imputable au service, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle ou des préjudices personnels, a droit à obtenir de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice.
4. Il résulte de l'instruction que la pathologie de M. A a été reconnue imputable au service par trois décisions en date du 18 octobre 2016, du 15 septembre 2017 et du 5 juillet 2018. Dès lors, quand bien même aucune faute ne peut être reprochée au CHU de Poitiers, sa responsabilité à l'égard du requérant se trouve engagée en application du principe exposé au point précédent.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices subis par M. A :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
5. En premier lieu, le rapport d'expertise relève que l'état de santé de M. A nécessitait l'intervention d'une tierce personne pour se déplacer en voiture durant la période du 9 juin au 2 septembre 2016. Toutefois, l'expert précise que l'intéressé n'a pas eu recours à des soins de kinésithérapie sur cette période. En outre, l'intéressé ne produit aucun élément permettant d'évaluer le besoin en assistance d'une tierce personne sur cette période. Par suite, la créance sollicitée à ce titre présente un caractère sérieusement contestable.
6. En second lieu, le requérant demande le remboursement des frais de transport qu'il a exposés pour se rendre à l'expertise organisée le 10 mars 2021 avec le docteur B à Pessac (33). Compte tenu du barème d'indemnités kilométriques applicable en 2021 pour un véhicule de 6 cv, et de la distance aller-retour parcourue entre le domicile familial et le lieu précité, ces frais peuvent être évalués à la somme de 164,70 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que M. A a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 15% pour la période du 9 juin au 1er septembre 2016 et à 10% pour la période du 2 septembre 2016 au 2 novembre 2019. Il peut être fait une juste appréciation de ce préjudice en lui accordant une provision d'un montant de 1 926 euros.
8. En deuxième lieu, le requérant se prévaut des souffrances qu'il a endurées et qui ont été évaluées à 1,5 sur 7 par l'expert. Il peut être fait une juste appréciation de ce préjudice en lui accordant une provision de 1 402 euros.
9. En troisième lieu, l'expert retient un préjudice esthétique temporaire qu'il met en rapport avec l'immobilisation par une attelle du 9 juin au 2 septembre 2019. Il peut être fait une juste appréciation de ce préjudice en accordant au requérant une provision de 200 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :
10. En premier lieu, à compter de la consolidation de son état de santé, M. A a subi un déficit fonctionnel permanent évalué à 4%. Compte tenu de son âge à la date de la consolidation, il peut être fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui accordant une indemnité de 5 500 euros, à titre de provision.
11. En second lieu, si M. A indique rencontrer des difficultés pour pratiquer la natation et le vélo de loisir, l'intéressé n'apporte pas le moindre élément de nature à établir la pratique antérieure de telles activités. Dans ces conditions, la demande présentée au titre du préjudice d'agrément par M. A est sérieusement contestable.
Sur les frais liés au litige :
12. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Poitiers une somme de 1 300 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du CHU de Poitiers tendant à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Le centre hospitalier universitaire de Poitiers est condamné à verser à M. A une provision de 9 192,70 euros.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de Poitiers versera la somme de 1 300 euros à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions du centre hospitalier universitaire de Poitiers présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au centre hospitalier universitaire de Poitiers.
Copie en sera adressée pour information à la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne et au docteur M. B, expert.
Fait à Poitiers, le 23 août 2022.
La juge des référés,
Signé
S. D
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026