lundi 11 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2103034 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEXCAP |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 23 novembre 2021 sous le numéro 2103034, et un mémoire enregistré le 29 mars 2023, la société Travaux publics des pays de la Loire (TPPL), représentée par la SELARL Lexcap, demande au juge des référés :
1°) de condamner, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, l'association foncière d'aménagement foncier agricole forestier (AFAFAF) de Brion-près-Thouet à lui verser, à titre de provision, une somme de 203 950,25 euros hors taxes (HT) au titre du règlement du solde du marché conclu le 17 septembre 2019 relatif à des travaux connexes de l'aménagement foncier agricole et forestier sur la commune de Brion-près-Thouet - Lot n°1 : travaux de voirie, terrassements et hydraulique, arrachage et remise en état de sols, outre les intérêts moratoires à compter du 23 août 2021, et une somme de 40 euros au titre des frais de recouvrement, ces sommes devant être assorties des intérêts au taux légal à compter du 21 septembre 2021, date de réception de sa réclamation préalable ;
2°) de mettre à la charge de l'AFAFAF de Brion-près-Thouet la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'obligation dont elle se prévaut n'est pas sérieusement contestable dans son principe dès lors que le projet de décompte final qu'elle a notifié au maître d'ouvrage et au maître d'œuvre a acquis le caractère d'un décompte général définitif tacite, dès lors intangible ;
- la preuve des allégations de l'association, selon lesquelles sa demande est frauduleuse n'est pas rapportée ;
- les demandes de rémunérations complémentaires ne comportent que des prestations indispensables à la bonne exécution des travaux.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 août 2022, l'AFAFAF de Brion-près-Thouet conclut au rejet de la requête ou, à défaut, à ce que le solde du marché soit fixé à la somme de 134 739,35 euros HT.
Elle soutient que :
- un avenant d'un montant de 28 801,55 euros HT a été transmis à la société, qui ne l'a pas signé ;
- les sommes complémentaires s'élevant à 69 210,90 euros HT ne sont pas justifiées ;
- il n'y a pas de décompte général tacite dès lors que le décompte général rectifié a été notifié ;
- à supposer qu'il y ait un décompte général définitif, celui-ci n'est pas intangible dès lors que les prestations complémentaires demandées dans le décompte présentent un caractère frauduleux.
II. Par une requête enregistrée le 23 novembre 2021 sous le numéro 2103035, et des mémoires enregistrés le 16 décembre 2021 et le 22 mars 2022, la société TPPL, représentée par la SELARL Lexcap, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AFAFAF de Brion-Près-Thouet à lui verser la somme de 203 950,25 euros HT, soit 244 740,30 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre du solde du marché de travaux qu'elle a exécuté, assortie des intérêts à taux légal à compter du 21 septembre 2021, date de réception de sa demande préalable ;
2°) de condamner l'AFAFAF de Brion-Près-Thouet à lui verser les intérêts moratoires sur la somme de 203 950,25 euros HT, à compter du 23 août 2021, ainsi que l'indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement ;
3°) de mettre à la charge de l'AFAFAF de Brion Près Thouet la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-les travaux qu'elle a effectués ont été tacitement réceptionnés sans réserve au plus tard le 15 juillet 2021 ;
-à titre principal, en application de l'article 13.4.4 du CCAG travaux, le pouvoir adjudicateur ne lui ayant pas notifié de décompte général et définitif à la suite de sa transmission de son projet de décompte final réceptionné le 23 juillet 2021, le nouveau projet de décompte final, reçu le 7 septembre 2021 par les maitres d'œuvre et d'ouvrage, vaut, en l'absence de réaction du pouvoir adjudicateur dans un délai de dix jours, décompte général et définitif tacite ;
-ce décompte général et définitif tacite revêt un caractère intangible ;
-elle est fondée à réclamer le paiement des intérêts moratoires à compter du 23 août 2021, outre l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 euros, l'ensemble des sommes dont elle demande le versement portant également intérêts au taux légal à compter du 21 septembre 2021, date de réception de sa demande préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, l'AFAFAF de Brion-Près-Thouet conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
-à titre principal, la société requérante ne peut se prévaloir d'un décompte général définitif tacite, dès lors que le maître d'œuvre lui a notifié le décompte général et définitif rectifié par un courrier du 23 août 2021 ;
-à titre subsidiaire, le caractère frauduleux du décompte général et définitif tacite, résultant du projet de décompte final établi par la SAS TPPL, fait obstacle à son intangibilité ;
-le montant dû au titre du solde du marché s'établit à la somme de 134 739,35 euros HT.
Par un courrier du 16 novembre 2023, les parties ont été informées de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant au versement des intérêts à taux légal à compter du 21 septembre 2021 calculés sur les sommes réclamées au principal, alors que seuls des intérêts moratoires sont dus en cas de retard de paiement.
Une note en délibéré, présentée par l'AFAFAF de Brion-Près-Thouet, a été enregitrée le 28 novembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux) approuvé par l'arrêté du 8 septembre 2009 modifié par l'arrêté du 3 mars 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry,
- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Meunier, représentant la société TPPL.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2103034 et 2103035 introduites par la société Travaux publics des pays de la Loire présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. L'AFAFAF de Brion-Près-Thouet a passé un marché public de travaux en vue de la réalisation de travaux connexes de l'aménagement foncier agricole et forestier, composé de deux lots. Le premier lot, relatif aux travaux de voirie, terrassements et hydraulique et remise en état des sols, attribué à la SAS TPPL, lui a été notifié le 15 octobre 2019, pour un montant de 380 730,06 euros HT, soit 456 876,07 euros TTC. La maîtrise d'œuvre a été confiée au cabinet Devouge. Par deux courriers datés du 15 décembre 2020 et du 14 juin 2021, la SAS TPPL a sollicité l'organisation d'opérations préalables à la réception des travaux qu'elle a effectués, dont elle a fixé la date d'achèvement au 9 décembre 2020. Elle a, ensuite, transmis au maître d'œuvre et à l'AFAFAF, par un courrier du 16 juillet 2021, un projet de décompte final d'un montant de 470 720,75 euros HT, incluant notamment des prestations complémentaires. Le maître d'œuvre n'a pas validé ce projet, et a renvoyé à la SAS TPPL, par un courrier du 19 août 2021, le projet de décompte final manuellement rectifié, aboutissant à une somme totale de 401 509,85 euros HT. La SAS TPPL a, à nouveau, par un courrier du 24 août 2021, adressé aux maîtres d'œuvre et d'ouvrage son projet de décompte final, accompagné d'un état du solde du marché et d'une récapitulation des acomptes et du solde. Elle a, par un courrier du 20 septembre 2021, mis en demeure l'association de lui verser le solde du marché pour un montant de 244 740,30 euros TTC, outre les intérêts moratoires à compter du 23 août 2021. Par une requête enregistrée le 23 novembre 2021 sous le numéro 2103034, la SAS TPPL demande au juge des référés de condamner l'AFAFAF à lui verser une provision de 203 950,23 euros HT, les intérêts moratoires y afférents à compter du 23 août 2021, ainsi que l'indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement. Par une requête enregistrée le 23 novembre 2021 sous le numéro 2103035, la SAS TPPL demande au tribunal de condamner l'AFAFAF à lui verser la même somme de 203 950,23 euros HT au titre du solde du marché, les intérêts légaux et moratoires y afférents à compter du 23 août 2021, ainsi que l'indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement.
Sur les conclusions à fin de versement d'une provision :
3.Le présent jugement statuant sur la demande au fond, les conclusions tendant au versement d'une provision ont perdu leur objet, de sorte qu'il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant au versement des intérêts à taux légal :
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire ".
5. La demande de la société requérante tendant au versement des intérêts au taux légal sur les sommes dues au titre du solde du marché, à compter du 21 septembre 2021, date de réception de sa mise en demeure de payer, est irrecevable, seuls des intérêts moratoires étant dus en cas de retard de paiement du solde d'un marché.
Sur les conclusions à fin de paiement du solde du marché et des intérêts moratoires :
En ce qui concerne le solde du marché :
6. Aux termes de l'article 13 du CCAG-Travaux, dans sa version modifiée par l'arrêté du 3 mars 2014, applicable au litige : " () 13.3.1. Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / () 13.3.2. Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / () 13.3.3. Le maître d'œuvre accepte ou rectifie le projet de décompte final établi par le titulaire. Le projet accepté ou rectifié devient alors le décompte final. / En cas de rectification du projet de décompte final, le paiement est effectué sur la base provisoire des sommes admises par le maître d'œuvre. / () 13.4.1. Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général qui comprend : / -le décompte final ; / -l'état du solde, établi à partir du décompte final et du dernier décompte mensuel, dans les mêmes conditions que celles qui sont définies à l'article 13.2.1 pour les acomptes mensuels ; / -la récapitulation des acomptes mensuels et du solde. (). / Le maître d'œuvre transmet le projet de décompte général au représentant du pouvoir adjudicateur (). / 13.4.2. Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : - trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / - trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire. / 13.4.3. Dans un délai de trente jours compté à partir de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer. () / 13.4.4. Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé () / Dans un délai de dix jours à compter de la réception de ces documents, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie le décompte général au titulaire. Le décompte général et définitif est alors établi dans les conditions fixées à l'article 13.4.3 / Si, dans ce délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif () ".
7. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du marché en litige déroge, par son article 9-2, aux articles 41.1 à 41.3 du CCAG-Travaux, en prévoyant que la date de réception, qui correspond à la date d'achèvement des travaux, est déterminée par le seul titulaire, sans nécessité d'organiser des opérations préalables à la réception. Par ses courriers des 15 décembre 2020 et 14 juin 2021, la société TPPL a fixé la date d'achèvement des travaux qui lui ont été confiés au 9 décembre 2020, sans que le maître d'œuvre, destinataire de ces courriers, ne conteste cette date, et sans qu'aucune réponse expresse positive ou négative ne soit apportée aux demandes de la société requérante d'organiser des opérations préalables à la réception. En outre, en renvoyant à la société TPPL, par un courrier du 19 août 2021, le projet de décompte final que cette dernière lui avait fait parvenir par un courrier du 16 juillet 2021, en l'accompagnant de diverses rectifications, sans mentionner que la réception n'avait pas eu lieu, le maître d'œuvre a implicitement mais nécessairement entériné la réception des travaux au 9 décembre 2020, d'autant qu'aucune réserve n'a été émise sur les travaux effectués, le différend entre la société titulaire du marché et les maître d'œuvre et d'ouvrage concernant les travaux supplémentaires réalisés par l'entrepreneur, et non ceux qui étaient initialement prévus. Dans ces conditions, la date d'achèvement des travaux du marché en litige, qui correspond à la date de réception de ces travaux, doit être fixée au 9 décembre 2020, même en l'absence de réception expresse prononcée par le maître d'ouvrage.
8. En second lieu, l'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché public est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte général et définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties. Toutes les conséquences financières de l'exécution du marché sont retracées dans ce décompte même lorsqu'elles ne correspondent pas aux prévisions initiales. En outre, il résulte des articles 13.4.2 et 13.4.4 du CCAG-Travaux, dans sa version issue de l'arrêté du 8 septembre 2009 approuvant ce cahier, modifié par l'arrêté du 3 mars 2014, que la notification au titulaire du marché d'un décompte général, même irrégulier, fait obstacle à l'établissement d'un décompte général et définitif tacite à l'initiative du titulaire dans les conditions prévues par l'article 13.4.4 de ce cahier.
9. Il résulte de l'instruction que le maître d'œuvre a rectifié manuellement poste par poste le projet de décompte final que la société TPPL lui a notifié le 23 juillet 2021 et lui a renvoyé celui-ci le 19 août suivant en lui demandant de lui adresser un nouveau projet de décompte final, alors qu'il lui appartenait, en vertu des dispositions de l'article 13.4.1 du CCAG précité, de transmettre à l'AFAFAF le projet de décompte général, comprenant notamment un décompte final établi sur la base du projet rectifié renvoyé à la société TPPL, dans le délai de trente jours à compter du 23 juillet 2021. Par ailleurs, si ce courrier du 19 août 2021 du maitre d'œuvre comportait en pièce jointe le projet de décompte final rectifié de façon manuscrite avec la mention décompte général et définitif, il ne peut être regardé comme une notification irrégulière du décompte général du marché faisant en tout état de cause obstacle à l'établissement d'un décompte général et définitif tacite à l'initiative du titulaire, dès lors que le maitre d'œuvre demandait à l'entreprise de lui adresser un nouveau projet de décompte final prenant en compte ses rectifications et que n'étaient pas joints à ce courrier l'état du solde et la récapitulation des acomptes mentionnés à l'article 13.4.1 du CCAG-Travaux comme composant, avec le décompte final, le décompte général. Dans ces conditions, le projet de décompte final, accompagné d'un état du solde du marché et d'une récapitulation des acomptes et du solde, réceptionné par l'AFAFAF le 7 septembre 2021, est devenu, en application de l'article 13.4.4 du CCAG-Travaux, le décompte général et définitif du marché, en l'absence de notification, par le représentant de l'AFAFAF, du décompte général dans le délai de dix jours à compter de cette date. A supposer même que, comme le soutient l'AFAFAF, la société TPPL aurait réalisé des travaux non prévus par le marché, dans le but de " compenser " son éviction dans le cadre de procédures de mise en concurrence organisées par le département des Deux-Sèvres, dont elle a inclus le paiement dans le solde du marché litigieux, n'est pas ainsi constituée une fraude faisant obstacle à la naissance d'un décompte général et défintitif tacite dès lors qu'il est constant que le maître d'œuvre a, à plusieurs reprises avant l'établissement du décompte, refusé la prise en compte de ces prestations complémentaires. Par suite, la société TPPL est fondée à demander la condamnation de l'AFAFAF à lui verser le solde du marché s'établissant, selon le décompte général et définitif acquis le 17 septembre 2021, à la somme de 203 950,23 euros HT, soit 244 740,30 euros TTC.
En ce qui concerne les intérêts moratoires :
10. Aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. Il ouvre droit, dans les conditions prévues à la présente sous-section, à des intérêts moratoires, à une indemnité forfaitaire (). / Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire " et aux termes de l'article R. 2192-31 du même code : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage ". L'article D. 2192-35 du même code fixe le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement à 40 euros.
11. Si la société TPPL demande le versement des intérêts moratoires à compter du 23 août 2021, soit à partir de l'expiration du délai de trente jours à compter de la date de réception par le maître de l'ouvrage de son projet de décompte final, il résulte de ce qui a été dit au point 9 du présent jugement que le projet de décompte général notifié par la société TPPL est devenu le décompte général et définitif dix jours après sa notification, soit à la date du 17 septembre 2021, et que le délai global de paiement de trente jours n'a donc commencé à courir qu'à compter de cette date. Dans ces conditions, la société TPPL a droit aux intérêts moratoires, au taux prévu par l'article R. 2192-31 du code de la commande publique, sur la somme due en principal, soit 244 740,30 euros TTC, à compter du 19 octobre 2021, jusqu'à sa date effective de paiement. Elle peut prétendre aussi au versement de la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement prévue par le même article du code de la commande publique.
12. Il résulte de tout ce qui précède que l'AFAFAF doit être condamnée à verser à la société TPPL la somme de 244 740,30 euros TTC au titre du solde du marché, assortie des intérêts moratoires au taux prévu par l'article R. 2192-31 du code de la commande publique à partir du 19 octobre 2021, ainsi que la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
Sur les frais liés au litige :
13.Il y a lieu, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'AFAFAF une somme de 1 600 euros au titre des frais exposés par la société TPPL et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative de la requête n° 2103034.
Article 2 : L'AFAFAF est condamnée à verser à la SAS TPPL la somme de 244 740,30 euros TTC au titre du solde du marché, assortie des intérêts moratoires au taux prévu par l'article R. 2192-31 du code de la commande publique à partir du 19 octobre 2021, et la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement.
Article 3 : L'AFAFAF versera à la société TPPL une somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Travaux publics des pays de la Loire et à l'association foncière d'aménagement foncier agricole forestier de Brion-près-Thouet.
Délibéré après l'audience du 23 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,
Mme Gibson-Théry, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
Le président,
Signé
A. JARRIGE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
N°s 2103034, 2103035
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026