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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2103062

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2103062

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2103062
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantSCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête n°2103062 enregistrée le 27 novembre 2021, M. N'Taye B, représenté pat la SCPA Breillat, Dieumegard, Masson demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 novembre 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a confirmé l'indu de revenu de solidarité active de 7 456,57 euros mis à sa charge pour la période comprise entre le 1er août 2018 et le 31 juillet 2020 ;

2°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de cette dette, ou à défaut une remise partielle et des délais de remboursement ;

3°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Vienne la somme de 1 500 euros à verser à la SCPA Breillat, Dieumegard, Masson sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de consultation de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales ;

- s'il a pu exercer un travail saisonnier dont les revenus auraient impacté les ressources retenues par la caisse d'allocations familiales, le département ne devait analyser que les ressources des mois de juin à septembre pour 2018 et 2019 ;

- s'agissant de sa demande de remise gracieuse, il n'a pas fait preuve de mauvaise foi dans ses déclarations et ses ressources ne lui permettent pas de rembourser la somme demandée.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2022, le président du conseil départemental de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Le requérant a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 décembre 2021.

II. Par une requête n°2103063 enregistrée le 27 novembre 2021, M. N'Taye B, représenté pat la SCPA Breillat, Dieumegard, Masson demande au tribunal :

1°) d'annuler les deux décisions du 16 septembre 2021, notifiées le 27 suivant, par lesquelles la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Vienne a rejeté ses réclamations contre les décisions du 1er juillet 2021 lui notifiant un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année respectivement pour 2018 et 2019 d'un montant de 152,45 euros ;

2°) d'annuler la décision du 16 septembre 2021, notifiée le 27 suivant, par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Vienne a rejeté sa réclamation contre la décision du 1er juillet 2021 lui notifiant un trop-perçu de prime d'activité de 347,72 euros ;

3°) à titre subsidiaire, de lui accorder une remise totale de ses dettes, ou à défaut une remise partielle et des délais de remboursement ;

4°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Vienne la somme de 1 500 euros à verser à la SCPA Breillat, Dieumegard, Masson sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les indus de prime exceptionnelle de fin d'année :

- les décisions attaquées n'ont pas été signées par la présidente de la commission de recours amiable ;

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- s'il a pu exercer un travail saisonnier dont les revenus auraient impacté les ressources retenues par la caisse d'allocations familiales, le département ne devait analyser que les ressources des mois de juin à septembre pour 2018 et 2019 ;

En ce qui concerne l'indu de prime d'activité :

- au regard de la modicité de ses revenus, il pouvait bénéficier de la prime d'activité ;

- s'agissant de sa demande de remise gracieuse, il n'a pas fait preuve de mauvaise foi dans ses déclarations et ses ressources ne lui permettent pas de rembourser la somme demandée.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne, représentée par la SCP BCJ, conclut à titre principal au rejet de la requête et à titre subsidiaire à ce que la décharge maximale accordée soit de 10%. Elle demande en tout état de cause de mettre à la charge du requérant la somme de 850 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions dirigées contre les demandes de remise de dette au titre des indus de prime exceptionnelle de fin d'année 2018 et 2019 et de prime d'activité sont irrecevables dès lors que l'intéressé n'a pas saisi la directrice de la CAF d'un recours préalable ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Le requérant a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 10 décembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le magistrat désigné a décidé de dispenser la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes de M. B n°2103062 et n°213063 se rapportent au même allocataire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Le 1er juillet 2021, la caisse d'allocations familiales de la Vienne a notifié à M. B un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 7 456,57 euros pour la période comprise entre le 1er août 2018 et le 31 juillet 2020. Le recours administratif de l'intéressé du 26 août 2021 contre cette décision a été rejeté par le président du conseil départemental de la Vienne par une décision du 18 novembre 2021. Par la requête n°2103062, M. B demande l'annulation de cette mesure et, à titre subsidiaire, la remise gracieuse de sa dette. Le 1er juillet 2021, la caisse d'allocations familiales de la Vienne a également notifié à M. B un trop-perçu de prime exceptionnelle de fin d'année respectivement pour 2018 et 2019 d'un montant de 152,45 euros et un trop-perçu de prime d'activité de 347,72 euros. Par la requête n°2103063, M. B demande l'annulation des décisions du 16 septembre 2021, notifiées le 27 suivant, par lesquelles la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Vienne a rejeté ses réclamations contre ces décisions.

En ce qui concerne le revenu de solidarité active :

Sur le bien-fondé de l'indu :

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été signée par Mme E D, cheffe de service au conseil départemental de la Vienne, qui disposait d'une délégation de signature consentie à cet effet, par un arrêté du 1er juillet 2021, transmis en préfecture et régulièrement publié au recueil des actes administratifs du conseil départemental. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ressort de la décision attaquée du 18 novembre 2021, qui rappelle la nature de la créance correspondant à un indu de RSA d'un montant de 7456,57 euros pour la période comprise entre le 1er août 2018 et le 31 juillet 2020 et cite les dispositions du code de l'action sociale et des familles applicables en l'espèce, qu'elle comporte l'ensemble des éléments de droit et de fait qui la fonde. Le requérant a ainsi été mis à même d'en contester utilement les termes. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, l'article L 262-47 du code de l'action sociale et des familles (A) dispose que : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable () ". L'article R 262-89 du même code prévoit que : " Sauf lorsque la convention mentionnée à l'article L. 262-25 en dispose autrement, ce recours est adressé par le président du conseil départemental pour avis à la commission de recours amiable mentionnée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Dans les cas prévus dans la convention mentionnée à l'article L. 262-25 dans lesquels la commission de recours amiable n'est pas saisie, le président du conseil départemental statue, dans un délai de deux mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Cette décision est motivée. ".

6. Les dispositions de l'article 3.2 de la convention de gestion du revenu de solidarité active (RSA), conclue le 1er janvier 2018 entre le département de la Vienne et la caisse d'allocations familiales de la Vienne, applicable à l'espèce, réservent au président du conseil départemental la compétence pour statuer sur les contestations qui lui sont présentées à cet égard dans le cadre du recours administratif préalable obligatoire. Ces dispositions doivent nécessairement être regardées, contrairement à ce que soutient le requérant, comme dispensant cette autorité de la consultation préalable de la commission de recours amiable. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de consultation de cette commission doit par suite écarté.

7. En quatrième lieu, lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

8. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ".

9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête administrative du 26 mai 2021 qui n'est pas sérieusement contesté par l'intéressé, que M. B a omis de mentionner, dans les déclarations trimestrielles de ressources qu'il a souscrites de mai 2018 à juillet 2020, des versements en espèces reçus pour un montant de 9 660 euros, des virements de particuliers pour 3 640 euros, des revenus tirés d'une activité Uber Eats pour 5 128 euros et des aides accordées au titre du Covid-19 pour 6 000 euros, soit au total une somme de 24 428 euros. Il n'apporte à cet égard aucun élément probant de nature à établir qu'il aurait effectivement procédé, comme il lui incombait, à la déclaration de la totalité des sommes perçues au titre de la période en cause. Dans ces conditions, c'est à bon droit que, pour calculer ses droits au revenu de solidarité active, l'autorité administrative compétente a pris en compte l'ensemble des ressources de l'intéressé pendant cette période et mis à sa charge l'indu litigieux.

Sur la demande de remise gracieuse :

10. Selon l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles concernant le revenu de solidarité active : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ". Aux termes de l'article L. 351-11 du code de la construction et de l'habitation : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents et dans les conditions prévues à l'article L. 351-14 du présent code, le montant de l'indu peut être réduit ou remis en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ". L'article L. 845-3 du même code dispose : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". La notion de fausse déclaration doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.

11. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

12. Les omissions reprochées à M. B sur une période de 27 mois et décrites au point 9 doivent être regardées comme constitutives de fausses déclarations. Par suite, le requérant ne peut prétendre au bénéfice d'une remise gracieuse de sa dette.

En ce qui concerne la prime d'activité :

Sur le bien-fondé de l'indu :

13. Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels ; / 3° L'avantage en nature que constitue la disposition d'un logement à titre gratuit, déterminé de manière forfaitaire ; / 4° Les prestations et les aides sociales, à l'exception de certaines d'entre elles en raison de leur finalité sociale particulière ; / 5° Les autres revenus soumis à l'impôt sur le revenu. ". Selon l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : 1° Du bénéficiaire ; 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ".

14. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'enquête administrative du 26 mai 2021, que M. B, ainsi qu'il a été dit au point 9, a omis de mentionner, dans les déclarations trimestrielles de ressources qu'il a souscrites de mai 2018 à juillet 2020, des versements en espèces reçus pour un montant de 9 660 euros, des virements de particuliers pour 3 640 euros, des revenus tirés d'une activité Uber Eats pour 5 128 euros et des aides accordées au titre du Covid-19 pour 6 000 euros, soit au total une somme de 24 428 euros. Il n'apporte à cet égard aucun élément probant de nature à établir qu'il aurait effectivement procédé, comme il lui incombait, à la déclaration de la totalité des sommes perçues au titre de la période en cause. Dans ces conditions, c'est à bon droit que, pour calculer ses droits à la prime d'activité, l'autorité administrative compétente a pris en compte l'ensemble des ressources de l'intéressé et mis à sa charge l'indu litigieux.

Sur la demande de remise gracieuse :

15. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service " et aux termes du septième alinéa de cet article : " La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

16. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, les omissions reprochées à M. B sur une période de 27 mois doivent être regardées comme constitutives de fausses déclarations. Par suite, le requérant ne peut prétendre au bénéfice d'une remise gracieuse de sa dette.

En ce qui concerne la prime exceptionnelle de fin d'année :

Sur le bien-fondé de l'indu :

17. Le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 n° 2018-1150 du 14 décembre 2016 et le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 prévoient qu'une aide exceptionnelle de fin d'année est accordée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre des mois de novembre ou décembre de chacune de ces années. Cette aide, qui n'est pas une prestation mais une aide à la charge de l'Etat, est versée par l'organisme débiteur du revenu de solidarité active et tout paiement indu de cette aide est récupéré par cet organisme.

18. Il résulte de l'instruction, et de ce qui a été dit ci-dessus, que M. B n'avait pas droit au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2018 et 2019. Dès lors, la caisse d'allocations familiales de la Vienne était tenue de procéder au rappel des aides exceptionnelles de fin d'année indûment versées. En raison de la compétence liée de l'autorité administrative, les moyens soulevés par M. B, tirés d'un vice de forme et d'un défaut de motivation des décisions du 16 septembre 2021 sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.

19. En outre, si le requérant fait valoir qu'il a pu exercer un travail saisonnier dont les revenus auraient impacté les ressources retenues par la caisse d'allocations familiales, il n'avait pas droit, ainsi qu'il vient d'être dit, au revenu de solidarité active pour les mois de novembre et décembre 2018 et 2019.

Sur le demande de remise gracieuse :

20. Les omissions reprochées dans ses déclarations à M. B sur une période de 27 mois, qui sont à l'origine de l'indu contesté de prime exceptionnelle de fin d'année pour les années 2018 et 2019, doivent être regardées comme constitutives de fausses déclarations. Par suite, le requérant ne peut prétendre au bénéfice d'une remise gracieuse de ses dettes.

21. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes n°21030562 et 2103063 de M. B doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.

En ce qui concerne les frais de procès non compris dans les dépens :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que demande la CAF de la Vienne dans l'instance n°2103063 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Les requêtes n°21030562 et n°2103063 de M. B sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions de la caisse d'allocations familiales de la Vienne présentées dans l'instance n°2103063 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. N'Taye B, à la SCPA Breillat, Dieumegard, Masson, au conseil départemental de la Vienne et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

P. C

La greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef par intérim,

La greffière

Signé

D. GERVIER

N ° 2103062 et 2103063

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