LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2103419

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2103419

lundi 6 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2103419
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 décembre 2021, M. A B, représenté par la SCP Breillat-Dieumegard-Masson, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme totale de 11 980,98 euros en réparation des préjudices subis, avec intérêts à taux légal à compter de la date de la demande préalable ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre les entiers dépens.

Il soutient que :

-l'illégalité de l'arrêté du 31 décembre 2013 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

-il a subi des préjudices directs et certains d'un montant total de 11 980,98 euros.

Par une ordonnance du 22 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 octobre 2023 à 12 heures.

Un mémoire en défense présenté par le préfet de la Vienne a été enregistré le 13 octobre 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, et n'a pas été communiqué.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 janvier 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Thévenet-Bréchot,

- les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme totale de 11 980,98 euros en réparations des préjudices subis du fait de l'illégalité de l'arrêté du 31 décembre 2013 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale : " () Les personnes de nationalité étrangère, hors les ressortissants des Etats membres de l'Union européenne ou parties à l'accord sur l'Espace économique européen, ne peuvent bénéficier de l'allocation aux adultes handicapés que si elles sont en situation régulière au regard de la législation sur le séjour ou si elles sont titulaires d'une attestation de demande de renouvellement de titre de séjour. Un décret fixe la liste des titres ou documents attestant la régularité de leur situation. () ". Aux termes de l'article D. 821-8 du même code : " Les titres ou documents prévus à l'article L. 821-1 sont ceux mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 5°, 6° et 11° de l'article D. 115-1. Est également pris en compte le récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation de séjour d'une durée de validité de trois mois renouvelable délivré dans le cadre de l'octroi de la protection subsidiaire, accompagné de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou de la Cour nationale du droit d'asile accordant cette protection. ". Aux termes de l'article D. 115-1 du même code : " Les titres de séjour ou documents mentionnés à l'article L. 115-6 sont les suivants : / 1° Carte de résident ; / 2° Carte de séjour temporaire ; / 3° Certificat de résidence de ressortissant algérien ; / 4° Récépissé de demande de renouvellement de l'un des titres mentionnés ci-dessus ; / 5° Récépissé de demande de titre de séjour valant autorisation de séjour portant la mention " reconnu réfugié ", dont la durée de validité est fixée à l'article R. 743-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; / 6° Récépissé de demande de titre de séjour portant la mention : " étranger admis au titre de l'asile " d'une durée de validité de six mois, renouvelable ; () / 11° Le passeport monégasque revêtu d'une mention du consul général de France à Monaco valant autorisation de séjour ; () ".

3. D'autre part, en principe, toute illégalité commise par l'administration constitue une faute susceptible d'engager sa responsabilité, pour autant qu'il en soit résulté un préjudice direct et certain.

4. Il résulte de l'instruction que par un jugement du 17 avril 2014, le tribunal administratif de Poitiers a annulé l'arrêté du 31 décembre 2013 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français et a enjoint au préfet de la Vienne de délivrer à M. B un titre de séjour d'un an dans un délai de deux mois. Par un arrêt du 8 décembre 2014, la cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé ce jugement. Par suite, M. B est fondé à soutenir que l'illégalité de l'arrêté du 31 décembre 2013 est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

5. En outre, il ressort des pièces du dossier que, préalablement à l'intervention de l'arrêté annulé, M. B n'était titulaire d'aucun des titres ou documents, visés à l'article D. 115-1 du code de la sécurité sociale précité, ouvrant droit au bénéfice de l'allocation adulte handicapé (AAH). Par suite, l'intéressé ne peut prétendre au bénéfice de l'AAH qu'à compter du 31 décembre 2013, date de l'arrêté illégal, et jusqu'au 17 avril 2014, date du jugement par lequel le tribunal administratif a annulé ledit arrêté. Sur la base du montant de cette allocation sur la période en litige, il sera fait une exacte appréciation de son préjudice financier en lui allouant une somme de 3 160,72 euros.

6. Enfin, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en allouant au requérant une somme de 1 000 euros du fait notamment de la situation de précarité dans laquelle il a été placé.

Sur les intérêts :

7. M. B a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 4 160,72 euros à compter du 28 décembre 2020, date de réception de la demande préalable adressée au préfet de la Vienne.

Sur les frais liés au litige :

8. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SCP Breillat-Dieumegard-Masson de la somme de 900 euros.

DECIDE :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. B une somme totale de 4 160,72 euros, assortie des intérêts de droit à compter du 28 décembre 2020.

Article 2 : L'Etat versera une somme de 900 euros à la SCP Breillat-Dieumegard-Masson en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Vienne.

Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 novembre 2023.

La rapporteure,

Signé

A. THEVENET-BRECHOTLe président,

Signé

P. CRISTILLE

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions