lundi 20 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200010 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre - JU |
| Avocat requérant | ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 janvier 2022, M. B A, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler, d'une part, les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de points affectés au capital de son permis de conduire à la suite des infractions commises les 7 avril 2017, 10 septembre 2017, 22 décembre 2017, 16 octobre 2018, 2 juin 2019, 31 mai 2019, 10 septembre 2019 et 29 janvier 2021, d'autre part, la décision référencée 48 SI du 22 juillet 2021 par laquelle cette même autorité a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul, et, enfin la décision rejetant implicitement le recours gracieux qu'il a exercé le 21 septembre 2021 à l'encontre de ces décisions ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de tenir compte du stage de récupérations de points qu'il a accompli et de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est fondé à se prévaloir de l'illégalité des décisions portant retrait de points au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision 48SI constatant la perte de validité de son permis de conduire ;
- dès lors qu'il a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 5 et 6 février 2021, quatre points auraient dû être crédités sur son permis de conduire à ce titre ;
- les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 233-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées préalablement à l'édiction des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions précitées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut, d'une part, au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées à l'encontre de la décision 48SI du 22 juillet 2021 et de celle portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction commise le 31 mai 2019 et, d'autre part, au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de M. A dirigées contre la décision 48SI du 22 juillet 2021, laquelle n'apparaît pas sur son relevé intégral d'informations, et celle portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction commise le 31 mai 2019, qui n'entraîne plus de retrait de points, ont ainsi perdu leur objet ;
- les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé à des retraits de points sur le capital de points affecté à son permis de conduire à la suite des infractions commises les 7 avril 2017, 10 septembre 2017, 22 décembre 2017, 16 octobre 2018, 2 juin 2019, 31 mai 2019, 10 septembre 2019 et 29 janvier 2021, d'autre part, la décision référencée 48 SI du 22 juillet 2021 par laquelle cette même autorité a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux de son lieu de résidence dans un délai de dix jours et, enfin, la décision rejetant implicitement son recours gracieux présenté par un courrier du 21 septembre 2021 reçu le 23 septembre suivant.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral au permis de conduire de M. A en date du 1er février 2022, versé au dossier par l'administration, que ce dernier n'indique pas la décision référencée 48SI constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul du 22 juillet 2021 pourtant notifiée à l'intéressé. Le titre de conduite du requérant est donc doté, à cette date, d'un solde positif de cinq points sur douze et est valide. Dans ces conditions, le ministre doit être réputé avoir rapporté la décision 48SI portant invalidation du permis de conduire de l'intéressé. Il s'en suit que les conclusions susvisées à fin d'annulation de la décision portant invalidation de son permis de conduire, sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. Par ailleurs, il résulte également du relevé d'information intégral précité que l'infraction commise le 31 mai 2019, à la suite de laquelle un point a été retiré du permis de conduire de M A, telle qu'elle apparaît dans la décision 48SI versée au dossier par le requérant, n'emporte plus, au 1er février 2022, date à laquelle a été extrait le relevé d'information intégral, perte de point. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. A et tendant à l'annulation de la décision portant retrait de point à la suite de l'infraction commise le 31 mai 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation restant en litige :
4. L'article L. 223-1 du code de la route dispose : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. () Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. () ".
5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
En ce qui concerne les infractions commises les 7 avril 2017, 10 septembre 2017, 22 décembre 2017, 16 octobre 2018 et 2 juin 2019 :
6. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
7. Il ressort des mentions figurant sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire du requérant qu'il a acquitté, à des dates postérieures aux infractions commises les 7 avril 2017, 10 septembre 2017, 22 décembre 2017, 16 octobre 2018 et 2 juin 2019, et relevées par radar automatique, les amendes forfaitaires consécutives à celles-ci. M. A n'alléguant ni ne démontrant s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende.
En ce qui concerne l'infraction commise le 10 septembre 2019 :
8. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Il ressort des pièces du dossier que le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée contenait l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, informations qui doivent désormais figurer dans ces avis en application de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale issu d'un arrêté du 13 mai 2011. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
9. Il résulte du relevé d'information intégral établi au nom de M. A que l'infraction du 10 septembre 2019 a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire correspondant à une amende forfaitaire majorée. Le ministre a versé au dossier une attestation de la trésorerie du contrôle automatisé qui précise, pour l'infraction en cause, le numéro de l'avis de contravention correspondant et le montant recouvré et la date de l'encaissement. En l'absence de tout élément produit par M. A de nature à mettre en doute la réalité du paiement, ce document, dont les mentions sont suffisamment précises, permet d'établir que l'intéressé s'est acquitté de l'amende forfaitaire majorée afférente à cette infraction. Dans ces conditions, l'administration apporte la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable.
En ce qui concerne l'infraction commise le 29 janvier 2021 :
10. D'une part, l'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit, dans son II, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
11. D'autre part, depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
12. Il résulte du procès-verbal produit en défense que l'infraction relevée le 29 janvier 2021 concerne l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation, dont le requérant ne conteste pas l'exactitude. Ce procès-verbal est revêtu de la mention " NA " à la place de la signature du requérant, regardée comme possédant la même valeur probante que la signature de l'intéressé. Par suite, le ministre de l'intérieur établit, ainsi que cela lui incombe, avoir délivré au requérant les informations préalables requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
En ce qui concerne le stage de sensibilisation à la sécurité routière des 5 et 6 février 2021 :
13. Il résulte du relevé d'information intégral édité le 1er mars 2022, produit en défense, que le capital du permis de conduire de M. A a été crédité de quatre points le 21 juillet 2021, à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a suivi les 5 et 6 février 2021. Par suite, le moyen tiré de l'absence de prise en compte de ce stage sur son capital de points doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation des décisions portant retrait de points à la suite des infractions commises les 7 avril 2017, 10 septembre 2017, 22 décembre 2017, 16 octobre 2018, 2 juin 2019, 10 septembre 2019 et 29 janvier 2021, et de la décision rejetant implicitement le recours gracieux qu'il a exercé le 21 septembre 2021 à l'encontre de ces décisions doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision référencée 48 SI du 22 juillet 2021 et de la décision portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction commise le 31 mai 2019.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 mars 2023
La magistrate désignée,
Signé
S. GIBSON-THERYLa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026