mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200024 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - JU |
| Avocat requérant | SCP BCJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 janvier 2022, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 décembre 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité de 450 euros.
Elle soutient qu'elle remplissait les critères pour percevoir cette aide, dès lors qu'elle avait droit au revenu de solidarité active (RSA) en avril et en mai 2020.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 février 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP BCJ, conclut au rejet de la requête de Mme A.
Elle fait valoir que les droits au RSA de Mme A ont été recalculés en décembre 2021 et qu'il est apparu que celle-ci n'avait pas droit au RSA pour la période d'avril à juin 2020. Par conséquent, Mme A n'avait pas droit, non plus, à l'aide exceptionnelle de solidarité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 4 décembre 2021 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne lui a demandé de rembourser l'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 450 euros qu'elle a perçue en application du décret n° 2020-519 du 5 mai 2020.
2. Aux termes de l'article 1er de ce décret : " I.- Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020, () aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; 2° Le revenu de solidarité mentionné à l'article L. 522-14 du même code ; 3° L'une des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation susvisé ou, à Saint-Pierre-et-Miquelon, l'allocation de rentrée scolaire prévue par le 10° de l'article 11 de l'ordonnance du 26 septembre 1977 susvisée ; 4° L'allocation de solidarité spécifique mentionnée à l'article L. 5423-1 du code du travail susvisé ; 5° La prime forfaitaire mentionnée à l'article L. 5425-3 du même code dans sa rédaction antérieure à la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 susvisée ; 6° L'allocation équivalent retraite mentionnée au II de l'article 132 de la loi du 24 décembre 2007 de finances pour 2008, à l'article 1er du décret du 29 mai 2009 et à l'article 1er du décret du 6 mai 2010 susvisés. () ".
3. Il résulte de l'instruction que l'aide exceptionnelle de solidarité prévue par le décret cité au point précédent a été automatiquement versée à Mme A en mai 2020 au motif qu'elle bénéficiait alors du revenu de solidarité active (RSA). Toutefois, après un nouvel examen de ses droits, la CAF a conclu, en décembre 2021, que Mme A n'avait pas droit au RSA pour la période d'avril à juin 2020. Cette absence de droit au RSA a conduit la CAF, conformément aux règles énoncées au point précédent, à constater que Mme A n'avait pas droit, non plus, à l'aide exceptionnelle de solidarité qu'elle avait perçue. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que Mme A, qui avait droit au titre des mois d'avril et de mai 2020 aux allocations familiales, au complément familial et à la prime d'activité, n'était éligible à aucune des allocations énumérées à l'article 1er du décret du 5 mai 2020 ouvrant droit à l'aide exceptionnelle de solidarité. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la directrice de la CAF de la Vienne a, par sa décision du 4 décembre 2021, demandé à Mme A de rembourser l'aide exceptionnelle de solidarité de 450 euros qu'elle avait perçue.
4. Il résulte ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle avait droit à l'aide exceptionnelle de solidarité. Sa requête ne peut, dès lors, qu'être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. BLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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