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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200090

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200090

mardi 14 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200090
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère chambre - JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2200090 le 11 janvier 2022, et un mémoire, enregistré le 7 mars 2022, M. et Mme B C demandent au tribunal de leur accorder la remise gracieuse de leurs dettes de 505 euros et 245 euros relatives à des indus d'aide personnelle au logement respectivement référencés IM4 003 et IM4 004.

Ils soutiennent que :

- compte tenu du montant total des indus mis à leur charge (2 367,82 euros), de la composition de leur foyer (3 enfants à charge), de leur absence de droit aux aides personnelles au logement et du fait que Mme C est désormais sans emploi, ils ne peuvent faire face à ces nouvelles dettes ;

- ils ont déposé un dossier de surendettement, qui a été jugé recevable.

Par deux mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 16 février 2022, 16 mars 2022 et 14 février 2024, la directrice de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête de M. et Mme C.

Elle fait valoir que :

- M. et Mme C ne transmettent aucun justificatif démontrant leur situation de précarité et n'indiquent pas le montant de leurs dettes ;

- compte tenu de l'origine de l'indu et au regard des données connues par la caisse sur la situation financière du foyer (rémunérations du couple d'environ 2 600 euros par mois et prestations familiales d'environ 625 euros par mois d'une part, charges mensuelles de logement de 706 euros d'autre part), les décisions refusant d'accorder des remises gracieuses à M. et Mme C sont justifiées ;

- la procédure de surendettement a donné lieu à un rééchelonnement des dettes du foyer.

II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2200091 le 11 janvier 2022, et un mémoire, enregistré le 7 mars 2022, M. et Mme B C demandent au tribunal de leur accorder la remise gracieuse de leur dette de 183,90 euros relative à un indu de prime d'activité référencé IM3 006.

Ils soutiennent que :

- compte tenu du montant total des indus mis à leur charge (2 367,82 euros), de la composition de la famille (3 enfants à charge), de leur absence de droit aux aides personnelles au logement et du fait que Mme C est désormais sans emploi, ils ne peuvent faire face à cette nouvelle dette ;

- ils ont déposé un dossier de surendettement, qui a été jugé recevable.

Par deux mémoires en défense et des pièces complémentaires, enregistrés les 16 février 2022, 16 mars 2022 et 14 février 2024, la directrice de la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête de M. et Mme C.

Elle fait valoir que :

- M. et Mme C ne transmettent aucun justificatif démontrant leur situation de précarité et n'indiquent pas le montant de leurs dettes ;

- compte tenu de l'origine de l'indu et au regard des données connues par la caisse sur la situation financière du foyer (rémunérations du couple d'environ 2 600 euros par mois et prestations familiales d'environ 625 euros par mois d'une part, charges mensuelles de logement de 706 euros d'autre part), les décisions refusant d'accorder des remises gracieuses à M. et Mme C sont justifiées ;

- la procédure de surendettement a donné lieu à un rééchelonnement des dettes du foyer.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C demandent au tribunal de leur accorder la remise gracieuse de leurs dettes de 505 euros et 245 euros relatives à des indus d'aide personnelle au logement, respectivement référencés IM4 003 et IM4 004, et de leur dette de 183,90 euros relative à un indu de prime d'activité, référencé IM3 006.

2. En vertu des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, tout paiement indu d'une aide personnelle au logement est récupéré par l'organisme chargé de son service. La créance peut néanmoins être remise ou réduite par le directeur de cet organisme en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si elle résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. Les mêmes règles s'appliquent pour les paiements indus de prime d'activité, comme le prévoit l'article L. 845-3 du code de sécurité sociale

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse.

4. M. et Mme C se bornent à soutenir que compte tenu du montant total des indus mis à leur charge (2 367,82 euros), de la composition de leur foyer (3 enfants à charge), de leur absence de droit aux aides personnelles au logement et du fait que Mme C est désormais sans emploi, ils ne peuvent rembourser les indus mis à leur charge. Ils n'ont toutefois produit aucune explication circonstanciée et détaillée pour établir leur situation de précarité et n'ont pas répondu au mémoire en défense de la caisse d'allocations familiales qui relevait qu'ils n'avaient produit aucune pièce pour justifier de leur situation de précarité. Par ailleurs, si M. et Mme C ont fait l'objet d'une procédure de surendettement, celle-ci a conduit, non à un effacement de leurs dettes, mais à leur rééchelonnement, et les requérants ne soutiennent pas que, malgré ce rééchelonnement, le remboursement de leurs indus auprès de la caisse d'allocations familiales les placerait en situation de précarité. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que M. et Mme C seraient dans une situation de précarité telle qu'ils ne pourraient rembourser les indus mis à leur charge.

5. Il résulte de ce qui précède que les requêtes présentées par M. et Mme C doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2200090 et 2200091 de M. et Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B C, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

B. ALa greffière,

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

Nos 2200090 et 2200091

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