jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200450 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 2 février 2022, le président du tribunal administratif de Bordeaux a transmis au tribunal la requête présentée par M. A B.
Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Bordeaux le 10 janvier 2022, puis enregistrée après renvoi au tribunal administratif de Poitiers le 11 février 2022, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 10 août 2021 par laquelle la directrice de l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) a décidé qu'aucune aide à la restructuration du vignoble ne pouvait lui être versée au titre de la campagne 2019/2020, ainsi que la décision du 10 novembre 2021 de rejet de son recours gracieux.
Il soutient que les plants sont morts à cause de la chaleur, qu'il a procédé à leur remplacement et que l'aide en litige est vitale pour son exploitation.
Par un mémoire enregistré le 1er octobre 2024, l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour défaut de moyens et alors qu'il n'appartient pas au juge de se substituer à l'administration ;
- M. B n'a pas droit à l'aide en litige.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le règlement UE n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 ;
- le règlement délégué (UE) 2016/1149 de la Commission du 15 avril 2016 complétant le règlement (UE) n°1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les programmes nationaux de soutien au secteur vitivinicole ;
- la décision INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Boutet,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public,
- les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a déposé le 28 février 2020 une demande d'aide à la restructuration du vignoble au titre de la campagne 2019/2020 qui portait sur une restructuration par modification de la densité de vigne après arrachage et replantation (RMD), qu'il a modifiée le 27 août 2020 en ramenant la surface demandée à 6,4665 hectares. Le 10 août 2021, l'Etablissement national des produits de l'agriculture et de la mer (FranceAgriMer) a rejeté sa demande. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision et de la décision du 10 novembre 2021 par laquelle la directrice de FranceAgriMer a rejeté son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article 54 du règlement délégué (UE) 2016/1149 de la commission du 15 avril 2016 : " () l'aide est versée une fois qu'il a été établi que l'ensemble de l'opération ou l'ensemble des actions individuelles faisant partie de l'opération visée par la demande d'aide, selon le choix effectué par l'État membre pour la gestion de la mesure d'aide en cause, a été pleinement mis en œuvre et soumis au contrôle administratif et, le cas échéant, aux contrôles sur place conformément au chapitre IV, section 1, du règlement d'exécution (UE) 2016/1150. / 2. Lorsque l'aide est en principe payable uniquement après la mise en œuvre de l'ensemble de l'opération, elle est néanmoins versée au titre des actions individuelles mises en œuvre si les contrôles révèlent que les actions restantes n'ont pu être exécutées pour des motifs relevant de la force majeure ou de circonstances exceptionnelles au sens de l'article 2, paragraphe 2, du règlement (UE) no 1306/2013. / 3. Si les contrôles révèlent que l'ensemble de l'opération faisant l'objet d'une demande d'aide n'a pas été pleinement mis en œuvre pour des motifs autres que la force majeure ou des circonstances exceptionnelles au sens de l'article 2, paragraphe 2, du règlement (UE) no 1306/2013, et que l'aide a été versée après l'exécution d'actions individuelles intégrées dans l'ensemble de l'opération visée dans la demande d'aide, les États membres récupèrent le montant de l'aide versée. () ".
3. Aux termes de l'article 3.2.1 " Actions de plantation " de la décision du directeur général de FranceAgriMer INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 : " Le taux de reprise de la plantation, vérifié lors du contrôle des demandes de paiement, doit atteindre au moins 80%. Le taux maximum de 20% de morts ou manquants est accepté dans la mesure ou les morts ou manquants sont répartis sur l'ensemble de la parcelle. Le non-respect du taux de reprise minimal de 80 % conduit au rejet de l'opération ". Aux termes de l'article 11 " contrôles administratifs et sur place " de la même décision du directeur général de FranceAgriMer : " FranceAgriMer est chargé de l'instruction des demandes d'aide et de paiement, du contrôle et de l'exécution des opérations, et du versement de l'aide. Les services de FranceAgriMer réalisent les contrôles administratifs et sur place ayant pour but de vérifier que les conditions de versement de l'aide ou de désengagement et mainlevée des garanties constituées en vue du paiement de l'aide par avance sont remplies () ". Aux termes de l'article 14.1 " Sanctions de sous-réalisation pour les opérations " de cette décision : " () - si l'écart imputable au contrôle sur place est supérieur à 50 % de la superficie approuvée diminuée de l'écart imputable au contrôle administratif, aucune aide n'est accordée pour l'opération () ".
4. Enfin, selon l'article 6 du règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 : " Les campagnes de commercialisation suivantes sont établies : () d) du 1er août au 31 juillet de l'année suivante pour le secteur du vin ; () ". Aux termes de l'article 6.2.4 " Délai d'exécution des opérations " de la décision du directeur général de FranceAgriMer INTV-GPASV-2019-21 du 6 septembre 2019 : " Les opérations doivent être réalisées au cours de la campagne viticole 2019-2020. / Le bénéficiaire s'engage à terminer toutes les opérations de restructuration, y compris les actions complémentaires à une plantation au plus tard le 31 juillet 2020 ".
5. Pour refuser l'aide en litige, FranceAgriMer s'est fondé sur les contrôles sur place de l'exploitation de M. B réalisés les 17 et 19 septembre 2020, qui ont révélé un taux de reprise des plantations inférieur à 80% pour l'ensemble des demandes, en méconnaissance des dispositions de l'article 3.2.1 de la décision du directeur général de FranceAgriMer du 6 septembre 2019 précitée. FranceAgriMer a ainsi retenu que l'écart imputable au contrôle sur place est supérieur à 50 % de la superficie approuvée diminuée de l'écart imputable au contrôle administratif, de sorte qu'aucune aide ne pouvait être accordée, en application de l'article 14.1 de la même décision du directeur général de FranceAgriMer du 6 septembre 2019. M. B ne conteste pas les résultats de ces contrôles. S'il fait valoir qu'il a remplacé les plants morts, il ne conteste pas davantage que ces remplacements ont été effectués, comme l'indique la décision attaquée, au printemps 2021, donc après le 31 juillet 2020. Dès lors, FranceAgriMer a pu légalement refuser de les prendre en compte, en application des dispositions l'article 6.2.4 de cette même décision du 6 septembre 2019. Enfin, les circonstances que les plants seraient morts à cause de la chaleur et que l'aide en litige serait vitale pour l'exploitation sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à FranceAgriMer
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Boutet, première conseillère,
Mme Dumont, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. BOUTET
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
N. 2200450
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026