mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200502 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - JU |
| Avocat requérant | ACTY AVOCATS D'AFFAIRES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 février 2022, la société anonyme sportive professionnelle (SASP) Poitiers basket 86 demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017, 2018 et 2019 dans les rôles de la commune de Poitiers (Vienne) à raison de plusieurs logements meublés qu'elle loue et met à disposition de sportifs ;
2°) de condamner l'Etat au paiement des intérêts moratoires sur le fondement de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L 761-1 du code de justice administrative, une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.
Elle soutient que :
- les logements meublés sont loués par ses soins et mis à disposition de joueurs pour une durée maximale de neuf mois, ce qui correspond à la durée d'une saison ; ces locaux ne sont pas à la disposition du club mais exclusivement des joueurs, qui eux-mêmes ne sont pas soumis à la taxe litigieuse en raison du caractère précaire de l'occupation de ces logements ; elle a déposé une réclamation contentieuse le 3 juillet 2020, reçue par le service le 16 juillet 2020, pour contester son assujettissement à la taxe d'habitation et en vue d'obtenir la restitution de ladite taxe, prélevée selon elle à tort au titre des années 2017 à 2019 ;
- les dispositions de l'article 1408 du code général des impôts précisent que ne sont pas imposables à la taxe d'habitation les personnes physiques ou morales qui occupent le logement de manière précaire ; selon les dispositions de l'article 1415 du code général des impôts, seules les personnes occupant le logement au 1er janvier d'une année d'imposition sont redevables de ladite taxe ;
- elle est fondée à se prévaloir du BOI-IF-TH-10-20-10 paragraphe 160 ;
- la jurisprudence se fonde sur deux critères pour déterminer quel est le redevable de la taxe, la première approche retient comme critère la libre disposition du bien que son propriétaire conserve quelques semaines par an et la seconde se place du point de vue du locataire, retenant le caractère précaire ou non de la jouissance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les autres moyens soulevés par la SASP Poitiers Basket 86 ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme sportive professionnelle (SASP) Poitiers basket 86 a été assujettie à des cotisations de taxe d'habitation au titre des années 2017 à 2019 à raison de plusieurs logements meublés qu'elle loue et met à disposition de joueurs invités à Poitiers. Elle demande au tribunal de prononcer la décharge de la taxe précitée.
Sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale :
2. Aux termes de l'article L. 208 du livre de procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable () ".
3. En l'absence de litige né et actuel opposant le requérant au comptable concernant le versement des intérêts moratoires, les conclusions tendant au versement par l'administration de ces intérêts doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin de décharge :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation () ". Et aux termes de l'article 1408 du même code dispose, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables () ". Enfin, aux termes de l'article 1415 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. "
3. Il résulte de ces dispositions que le propriétaire d'un local meublé est redevable de la taxe d'habitation dès lors qu'il peut être regardé, au 1er janvier de l'année d'imposition, comme entendant s'en réserver la disposition ou la jouissance une partie de l'année. Tel est le cas s'il l'occupe ou le fait occuper gracieusement une partie de l'année, sans qu'y fassent obstacle les circonstances que ce local meublé serait mis en location pendant l'autre partie de l'année et serait ainsi passible de la cotisation foncière des entreprises, que ce propriétaire disposerait d'une autre habitation dans la même commune ou qu'il donnerait directement le bien en location sans passer par un intermédiaire.
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du tableau d'occupation des logements meublés versé aux débats par la SASP Poitiers basket 86, que celle-ci met des appartements à disposition de joueurs pour des périodes d'une durée comprise entre 3 mois et 12 mois. Si elle soutient que les sportifs invités et logés ne sont eux-mêmes pas assujettis à la taxe d'habitation, cette circonstance est toutefois sans incidence sur le bien-fondé de sa propre imposition à ladite taxe. Dans ces conditions, la société requérante ne verse aux débats aucun élément tendant à établir qu'elle ne devrait pas être regardée comme ayant entendu, au 1er janvier 2019, se réserver la disposition ou la jouissance au sens du I de l'article 1408 du code général des impôts des appartements litigieux en dehors des périodes de mise à disposition aux joueurs invités. Par suite, c'est par une exacte application de la loi fiscale que l'administration a imposé la SASP Poitiers basket 86 à la taxe d'habitation au titre des années en litige à raison des appartements meublés en question.
6. En second lieu, la SASP Poitiers basket 86 n'est pas fondée à invoquer l'instruction référencée BOI-IF-TH-10-20-10 paragraphe 160, laquelle ne contient pas une interprétation différente de la loi que le présent jugement.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale tirée de la tardiveté de la requête, la SASP Poitiers basket 86 n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre des année 2017, 2018 et 2019.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que réclame SASP Poitiers basket 86 au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SASP Poitiers basket 86 est rejetée.
Article : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme sportive professionnelle Poitiers basket 86 et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
R. ALa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026