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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200553

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200553

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200553
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCP DENIZEAU - GABORIT - TAKHEDMIT - 75

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er mars 2022 et le 14 mars 2023, M. C B, représenté par Me Gaborit, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers à lui verser une somme de 96 500,05 euros au titre des préjudices subis du fait de sa maladie professionnelle avec intérêts au taux légal à compter de la date de la demande préalable, capitalisés à chaque échéance annuelle ultérieure ;

2°) de mettre à la charge du CHU de Poitiers la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- -la responsabilité sans faute du CHU de Poitiers est engagée du fait de la maladie professionnelle reconnue imputable au service dont il a été victime ;

-il a subi des préjudices d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle, et des préjudices personnels qui peuvent être évalués à la somme totale de 96 500,05 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 septembre 2022 et le 5 février 2024, le CHU de Poitiers, représenté par la SCP KPL, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les préjudices allégués ne sont pas établis.

La procédure a été communiquée à la CPAM de la Vienne qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 9 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 9 février 2024.

Vu :

-l'ordonnance du 23 novembre 2020 par laquelle le juge des référés a désigné le Dr A en qualité d'expert ;

-l'ordonnance du 31 mai 2021 par laquelle le magistrat désigné a taxé et liquidé les frais de l'expertise à la somme de 1148.40 euros ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Duval-Tadeusz,

- les conclusions de Mme Thévenet-Bréchot, rapporteure publique,

- et les observations de Me Pielberg, représentant le CHU de Poitiers.

Considérant ce qui suit :

1. M. B exerçait les fonctions de brancardier au CHU de Poitiers depuis 1995. En 2011, il a souffert de douleurs au niveau de l'épaule droite. Par décision du 13 décembre 2013, le directeur du CHU de Poitiers a reconnu sa pathologie comme une maladie professionnelle, tableau 57A droite, avec consolidation de son état au 21 avril 2013. Le 23 novembre 2015, il a présenté une rechute de sa maladie professionnelle, rechute consolidée au 30 septembre 2016. Du 5 au 15 décembre 2018, il a de nouveau été placé en arrêt de travail en lien avec son épaule droite, sans que cette pathologie soit reconnue comme étant imputable au service. Le 23 juin 2020, il a saisi le juge des référés du tribunal administratif afin que soit désigné un expert pour évaluer la nature et l'étendue des préjudices imputables à sa maladie professionnelle. Le Dr A, expert désigné, a rendu son rapport le 20 mai 2021. Le 14 décembre 2021, M. B a déposé une demande indemnitaire préalable auprès du CHU de Poitiers, qui a fait l'objet d'un refus implicite. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner le CHU de Poitiers à lui verser une somme de 96 500,05 euros au titre des préjudices subis du fait de sa maladie professionnelle.

Sur l'exception de prescription

2. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". Aux termes de l'article 2 de cette loi : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative, dès lors que la demande ou la réclamation a trait au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, alors même que l'administration saisie n'est pas celle qui aura finalement la charge du règlement. / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; () Un nouveau délai de quatre ans court à compter du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle a eu lieu l'interruption. Toutefois, si l'interruption résulte d'un recours juridictionnel, le nouveau délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle la décision est passée en force de chose jugée. ".

3. Pour l'application de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 s'agissant d'une créance indemnitaire détenue sur une collectivité publique au titre d'un dommage corporel engageant sa responsabilité, le point de départ du délai de la prescription quadriennale est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les infirmités liées à ce dommage ont été consolidées. Il en est ainsi pour tous les postes de préjudice, aussi bien temporaires que permanents, qu'ils soient demeurés à la charge de la victime ou aient été réparés par un tiers, tel qu'un organisme de sécurité sociale, qui se trouve subrogé dans les droits de la victime.

4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la date de consolidation de l'état de M. B doit être fixée au 30 septembre 2016. Ainsi, le délai de prescription a commencé à courir à compter du 1er janvier 2017, et a été interrompu par la saisine du juge des référés du tribunal administratif le 23 juin 2020. Par suite, l'exception de prescription soulevée par le CHU de Poitiers doit être écartée.

Sur la responsabilité

5. Le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie imputable au service, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle ou des préjudices personnels, a droit à obtenir de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice. L'agent a également droit à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage résultant d'un accident de service, dans le cas où cet accident serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de la personne publique qui l'emploie. Toutefois, la personne publique à l'origine d'un dommage causé à un de ses collaborateurs par un accident ou une maladie imputable au service peut être exonérée en partie ou en totalité de sa responsabilité lorsque le dommage est également imputable à un fait de la victime ou à un cas de force majeure.

6. Il résulte de l'instruction que la pathologie de M. B a été reconnue imputable au service par décision du 13 décembre 2013. L'intéressé peut dès lors prétendre, sans avoir à démontrer l'existence d'une faute du CHU de Poitiers, à la réparation des préjudices patrimoniaux d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle, ainsi que des préjudices personnels.

Sur les préjudices

7. La date de consolidation de l'état de santé correspond au moment où l'état de santé du fonctionnaire intéressé est stabilisé, ce qui permet d'évaluer, s'il y a lieu, l'incapacité permanente en résultant. Elle est donc sans incidence sur la persistance de l'affection dont peut souffrir la victime et, partant, sans incidence sur l'imputabilité à une maladie imputable au service des troubles en résultant qui auraient persisté après cette date. Le droit à la prise en charge au titre de la maladie professionnelle des arrêts de travail et des frais de soins postérieurs à la consolidation demeure subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain avec la maladie reconnue imputable au service.

8. M. B souffre de douleurs à l'épaule droite depuis 2011. La première expertise, datant du 21 novembre 2013, a conclu à l'imputabilité au service de sa pathologie et a indiqué que la consolidation ne pourrait intervenir avant 6 mois, sans revoyure, ce qui fait que la date de consolidation n'avait pas été fixée à ce stade. Le requérant a ensuite été examiné par un médecin expert en mars 2016, qui a considéré que la consolidation était à prévoir dans 6 mois, puis le 11 avril 2019, le médecin considérant alors que la pathologie était consolidée au 30 septembre 2016. Dans ces conditions, c'est cette dernière date qui doit être retenue comme date de consolidation. La circonstance que le requérant ait par la suite, du 5 au 15 décembre 2018, été de nouveau placé en arrêt de travail pour des douleurs en lien avec sa maladie professionnelle ne saurait suffire à établir que les séquelles de sa pathologie n'auraient pas été antérieurement stabilisées. En outre, M. B n'a pas demandé la reconnaissance de maladie professionnelle ou de rechute pour la période du 5 au 15 décembre 2018. Le requérant doit donc être regardé comme étant consolidé à la date du 30 septembre 2016.

A. Les préjudices temporaires

1 En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux temporaires :

S'agissant de l'aide tierce personne temporaire

9. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

10. Le rapport d'expertise relève que l'état de santé de M. B a nécessité l'assistance d'une tierce personne pendant 10 heures par semaine du 25 novembre au 25 décembre 2015, puis 3 heures par semaine du 26 décembre 2015 au 26 janvier 2016, ce qui représente une aide d'une durée totale de 52 heures. Eu égard à la nature de cette assistance, il y a lieu de retenir un taux horaires de 15 euros et d'une année de 412 jours pour tenir compte des jours fériés et des congés payés. Compte tenu de ces éléments, le préjudice sera justement réparé par l'octroi d'une somme de 880 euros.

S'agissant des frais divers

11. Le rapport d'expertise relève que l'état de santé de M. B a nécessité le remplacement de l'insert de cheminée par un poêle à granulés pendant sa convalescence, en raison de l'impossibilité pour lui de porter des bûches. Il résulte de l'instruction que M. B a réglé en juin 2016 une facture d'un montant de 5 837,32 euros pour l'installation d'un poêle à pellets. Compte tenu de ces éléments, le préjudice sera exactement réparé par l'octroi d'une somme de 5 837,32 euros.

12. M. B rapporte également avoir été dans l'impossibilité de tondre seul sa pelouse, ce qui a entraîné l'obligation d'acheter une tondeuse autonome pour sa pelouse. Il produit une facture du 29 juin 2018 d'un montant de 499 euros pour cet achat. Toutefois, cet achat postérieur de plusieurs années à la date de consolidation du requérant, date de plus de 6 ans après la déclaration de sa maladie professionnelle. Le lien de causalité avec la pathologie n'apparait, dès lors, pas direct et certain. Les conclusions tendant à l'indemnisation de ce chef de préjudice doivent donc être rejetées.

2 En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire

13. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 10% pour la période du 1er mars 2011 au 22 novembre 2015, un déficit fonctionnel total les 23 et 24 novembre 2015, un déficit fonctionnel partiel de 50% du 25 novembre 2015 au 25 décembre 2015, puis de 25% du 26 décembre 2015 au 14 février 2016 et de 22% du 15 février 2016 au 29 septembre 2016. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui accordant une somme de 4 500 euros.

14. En outre, il résulte de ce qui a été dit au point 8 que l'état de M. B doit être regardé comme étant consolidé au 30 septembre 2016. Aucun déficit fonctionnel temporaire ne peut donc être indemnisé postérieurement à cette date.

S'agissant des souffrances endurées

15. En deuxième lieu, l'expert a évalué les souffrances endurées par M. B, résultant notamment des soins et des périodes d'hospitalisation, à 1,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en accordant au requérant une somme de 1 400 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire

16. En troisième lieu, l'expert a retenu un préjudice esthétique temporaire résultant de la période d'immobilisation et des cicatrices post-opératoires d'une part, et de la période de son déficit temporaire pendant laquelle il avait des cicatrices résiduelles notamment d'autre part. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant à M. B une somme de 800 euros.

B. les préjudices permanents

1 En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux permanents

S'agissant de l'assistance permanente d'une tierce personne

17. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'expertise du Dr A, que l'assistance permanente d'une tierce personne ne saurait être requise plus d'une heure par mois. En outre, il résulte de l'instruction que le fils du requérant l'aide pour des travaux de jardinage. Au regard de cette aide très ponctuelle, l'assistance permanente accordée à M. B peut être évaluée à une heure par mois. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en lui accordant une somme de 1 660 euros pour la période échue et un capital de 4 430 euros pour la période postérieure au présent jugement.

S'agissant des frais divers

18. M. B demande enfin à être indemnisé pour le surcoût lié à l'achat d'une voiture à boite automatique, qui a été pris en compte par l'expert. Sur la base d'un renouvellement du véhicule tous les sept ans et en appliquant l'euro de rente pour un homme de 64 ans à la date du jugement, il sera fait une exacte appréciation de son préjudice en allouant à M. B la somme de 4 767,85 euros.

2 En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents :

S'agissant du déficit fonctionnel permanent

19. A compter de la consolidation de son état de santé acquise le 30 novembre 2016, M. B a subi un déficit fonctionnel permanent évalué par l'expert à 22 %. Compte tenu de son âge de 57 ans à la date de la consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui accordant une somme de 35 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique permanent :

20. Il résulte de l'instruction que l'expert a estimé le préjudice esthétique permanent de M. B à 0,5/7, pour tenir compte de ses cicatrices et de sa tendance à soutenir son bras droit. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en allouant au requérant une somme de 500 euros.

S'agissant du préjudice d'agrément :

21. M. B soutient qu'il subit un préjudice d'agrément en raison de l'impossibilité de pratiquer certaines activités de loisirs comme le tennis, le jardinage et le bricolage. Toutefois, l'existence de ce préjudice se fonde sur les seules déclarations de l'intéressé, qui ne permettent pas de démontrer que le requérant a subi un préjudice distinct de celui qui est réparé par l'indemnisation du déficit fonctionnel permanent dont il souffre.

22. Il résulte de ce qui précède que le CHU de Poitiers doit être condamné à verser une somme de 59 775,17 euros à M. B en réparation des préjudices d'une autre nature que les pertes de revenus et l'incidence professionnelle et des préjudices personnels subis à la suite de la maladie professionnelle dont il a été victime.

Sur les intérêts et la capitalisation :

23. M. B a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 59 775,17 euros à compter du 19 décembre 2021, date de réception de la demande préalable adressée au CHU de Poitiers. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 1er mars 2022. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 20 décembre 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

24. D'une part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent des frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. ".

25. Il y a lieu, en application de ces dispositions, de mettre les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés à la somme totale de 1 148,40 euros par l'ordonnance susvisée du 31 mai 2021 à la charge définitive du CHU de Poitiers.

26. D'autre part, il y a lieu de mettre à la charge du CHU de Poitiers une somme de 1 300 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions de ce même article font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. B la somme demandée par le CHU de Poitiers au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : Le CHU de Poitiers est condamné à verser à M. B la somme de 59 775.17 euros portant intérêts au taux légal à compter du 20 décembre 2021. Les intérêts échus seront capitalisés pour porter eux-mêmes intérêts à compter du 20 décembre 2022 ainsi qu'à chaque échéance annuelle ultérieure.

Article 2 : les frais d'expertise d'un montant de 1 148,40 euros sont mis à la charge définitive du CHU de Poitiers.

Article 3 : Le CHU de Poitiers versera à M. B une somme de 1 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au centre hospitalier de Poitiers et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Vienne.

Une copie sera adressée à l'expert.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Duval-Tadeusz, première conseillère

M. Tiberghien, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

J. DUVAL-TADEUSZ

Le président,

Signé

P. CRISTILLE La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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