mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200554 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre - JU |
| Avocat requérant | SCP BROTTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er mars 2022, le 3 juillet 2023 et le 26 juillet 2023, la société civile immobilière (SCI) TLM, représentée par la SCPA Brottier, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021, dans les rôles de la commune de Saint-Benoît (Vienne) à raison de son bien à usage de station de lavage d'automobiles ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le montant des cotisations de taxe foncière a très fortement augmenté entre les années 2020 et 2021, passant de 1 155 euros à 7 870 euros ; les motifs du rejet de la réclamation qu'elle a formée à l'encontre de cette imposition sont difficilement compréhensibles, l'administration fiscale se bornant à faire référence à la révision des valeurs locatives entrée en vigueur le 1er janvier 2017 sans produire le moindre texte législatif ou réglementaire, ne permettant ainsi pas de vérifier le bien-fondé de l'imposition ; une importante distorsion existe entre le montant du loyer payé et les valeurs locatives retenues ; l'application du droit fiscal semble en l'espèce relever d'une application locale ;
- l'administration fiscale se borne, dans son mémoire en défense, à indiquer qu'un dégrèvement a été opéré en cours d'instance et ne cite que les données recueillies dans la déclaration 6660-REV, qui seraient incohérentes par rapport à l'orthoplan de la parcelle cadastrale correspondante ; les bases d'imposition prétendument issues de cette déclaration sont contestables, dès lors que la seule évolution notable est l'ajout d'un local de stockage d'une surface de 6 mètres carrés et qu'aucune omission n'a été commise ; les voies et espaces de circulation ne devraient pas entrer dans le calcul des bases d'imposition à hauteur de 1 399 mètres-carrés et doivent être assimilées à des espaces de stationnement ; le service ne peut donc pas imposer des superficies qui ne sont pas inscrites dans les rubriques des déclarations qui sont particulièrement détaillées, en particulier pour les espaces de circulation ;
- cette imposition méconnaît le principe d'égalité et les dispositions des articles 1 à 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 août 2022, le 17 juillet 2023 et le 10 août 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la SCI TLM ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Pipart pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 décembre 2023 :
- le rapport de M. Pipart, magistrat désigné,
- les observations de Me Grandon, substituant Me Brottier.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) TLM, propriétaire d'une station de lavage sis 133 route de Poitiers dans la commune de Saint-Benoît (Vienne), a été assujettie à une cotisation de taxe foncière au titre de l'année 2021 à raison du bien en question. Suite à une demande du service du 17 novembre 2020, elle a déposé sa déclaration 6660 REV les 20 novembre 2021 et 15 décembre 2021. Après une comparaison avec l'orthoplan de la parcelle cadastrale de ladite station, l'administration a alors estimé que les surfaces déclarées au titre de l'activité étaient sous-évaluées. L'avis d'imposition de taxe foncière réclamée au titre de l'année 2021, tenant compte de cet écart, a été mis en recouvrement le 31 août 2021. Le 13 octobre 2021, la société requérante a présenté une réclamation qui a été rejetée le 20 janvier 2022. La SCI TLM demande au tribunal la réduction de l'imposition contestée.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 8 août 2022, postérieure à l'introduction de la requête, la directrice départementales des finances publiques de la Vienne a prononcé le dégrèvement de l'imposition en litige pour un montant total, en droits, de 4 566 euros. Les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des impositions :
3. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Et aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation () / 4° Les sols des bâtiments de toute nature et les terrains formant une dépendance indispensable et immédiate de ces constructions à l'exception des terrains occupés par les serres affectées à une exploitation agricole () ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 1498 du code général des impôts : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article. / Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. / Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. / B. - 1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène () / 2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés () / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives () ". Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : / Sous-groupe I : magasins et lieux de vente : () / Catégorie 6 : stations-service, stations de lavage et assimilables () ". Aux termes de l'article 324 Z de l'annexe III au même code : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa. / La superficie des différentes parties d'un local, y compris celle des dégagements et sanitaires, est la superficie réelle, mesurée au sol, entre murs ou séparations et arrondie au mètre carré inférieur. / Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire ".
5. En l'espèce, la SCI TLM, qui a déposé une déclaration 6660-REV le 15 décembre 2020 a indiqué une surface de 110 mètres carrés en catégorie " P1 " et une surface de 6 mètres carrés en catégorie " P 2 ", correspondant à un local technique construit pour les besoins de son activité. Le service, se fondant sur les données issues de Géoportail, a pour sa part, estimé que la surface réelle de la parcelle était de 1 345 mètres carrés, et a ainsi considéré que 1 339 mètres carrés relevaient de la catégorie " P1 ", et que 6 mètres carrés, correspondant au local technique " relevaient de la catégorie " P 2 ". La société requérante, en se bornant à indiquer que la déclaration 6660-REV ne fournit pas d'indications suffisamment claires sur l'affectation desdits espaces au sein des différentes catégories, ne conteste pas utilement la répartition des surfaces opérées par le service entre les différentes catégories d'espace. De surcroît, si la SCI TLM soutient que les espaces et voies de circulation ne sauraient être inclues dans la catégorie " P1 ", il résulte de l'instruction que ces espaces servent pour l'accès et la circulation des véhicules des clients et, ainsi, ont effectivement une valeur d'utilisation équivalente à celle des installations techniques. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration a retenu que les surfaces en question relevaient de la catégorie " P1 " et que, en conséquence, la surface totale relevant de la catégorie précitée était bien de 1 339 mètres carrés.
6. En deuxième lieu, si la SCI TLM soutient que le mode de calcul de l'imposition à laquelle elle a été assujettie est d'application purement locale, elle n'assortit pas ce moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En troisième lieu, à supposer même que la société requérante soutienne que l'imposition litigieuse méconnaît les articles 1 à 6 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et est ainsi contraire au principe d'égalité, elle n'apporte aucun élément de nature à établir que les règles régissant l'imposition litigieuse entraîneraient une répartition inégale de la taxe entre les redevables. Par ailleurs, si la SCI TLM critique la hausse très importante de son imposition en 2021, cet écart s'explique notamment par le fait que les surfaces antérieurement déclarées étaient sous-évaluées.
8. Il résulte de ce qui précède que la SCI TLM n'est pas fondée à solliciter la réduction de la cotisation de taxe foncière à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SCI TLM demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de la SCI TLM à hauteur de 4 566 euros, au titre de l'année 2021.
Article 2 : La requête de la SCI TLM est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière TLM et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
R. PIPARTLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026