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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200579

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200579

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200579
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantDOSSOU-GBETE-KINDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mars 2022, Mme D, représentée par Me Dossou-Gbete, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 10 août 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande tendant à l'octroi d'une pension militaire d'ayant cause du chef de M. B ;

2°) de condamner l'administration à lui verser une pension militaire de réversion à compter du décès de son mari, assortie des intérêts au taux légal ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'acte de notoriété pour déclaration sur l'honneur délivré par l'étude notariale de Me Beban Namadingar confirme que Malandi et E sont les parents de B C et qu'aucun membre de sa famille ne reconnaît les noms Founsoumkreo et Gaïne.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 août 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 2010-1657 du 29 décembre 2010, notamment son article 211 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A ;

- et les conclusions de M. Pipart, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le soldat B, ressortissant tchadien, a été rayé des contrôles de l'armée active le 3 février 1965 et a bénéficié d'une pension militaire de retraite proportionnelle. Il est décédé le 8 mai 2010. Mme D a demandé, le 18 août 2011, le bénéfice d'une pension de réversion du chef de ce militaire décédé. Elle sollicite l'annulation de la décision du 10 août 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande.

2. Aux termes de l'article 211 de la loi du 29 décembre 2010 de finances pour 2011, applicable aux demandes de pension de réversion : " I. - () les pensions civiles et militaires de retraite et les retraites du combattant servies aux ressortissants des pays ou territoires ayant appartenu à l'Union française ou à la Communauté ou ayant été placés sous le protectorat ou sous la tutelle de la France sont calculées dans les conditions prévues aux paragraphes suivants. () / V. - Les demandes de pensions présentées en application du présent article sont instruites dans les conditions prévues par le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre et par le code des pensions civiles et militaires de retraite. () / VIII. - Un décret fixe les modalités d'application du présent article, notamment les mesures d'information des bénéficiaires ainsi que les modalités de présentation et d'instruction des demandes mentionnées aux III, IV et V./ () ". Aux termes de l'article 3 du décret du 30 décembre 2010, pris pour l'application des dispositions de cet article 211 : " Un arrêté conjoint des ministres chargés de la défense, des affaires étrangères, des anciens combattants et du budget énumère les pièces justificatives à produire à l'appui de toute demande visée à l'article 1er ". L'annexe 3 de l'arrêté du 30 décembre 2010 pris pour l'application de ce décret cite, parmi les pièces exigées pour une demande de pension d'un ayant cause, " - l'acte de naissance du militaire ou du fonctionnaire, mentionnant la filiation, dont le demandeur est l'ayant cause ; / () l'acte de mariage mentionnant la date de transcription sur les registres d'état-civil ".

3. Mme D a produit, à l'appui de sa demande, un duplicata d'acte de naissance n° 349/92 de son mari ainsi que la copie de son acte de mariage, dont il ressort qu'elle s'est mariée en 1965 avec B C, né vers 1934 et fils de C et de E. Or, il ressort du certificat tenant lieu d'acte d'état civil établi le 6 novembre 1964, qui figure dans le dossier détenu par l'administration, que l'ancien militaire B, titulaire de la pension dont la réversion est demandée, est né vers 1934 de parents dénommés Founsoumkreo et Gaïne. La requérante produit une déclaration sur l'honneur délivrée par l'étude notariale de Me Beban Namadingar, qui indique, après comparution de Mme D et de deux témoins, que C et Sada sont les parents biologiques de Haintouin C et qu'aucun membre de la famille ne reconnaît les noms de Founsoumkreo et Gaine. Toutefois, cette pièce ne permet pas, à elle seule, de résoudre la contradiction qui existe entre les éléments fournis par la requérante et ceux détenus par l'administration, et donc d'établir de façon suffisamment certaine que le titulaire de la pension et le mari décédé de la requérante sont bien la même personne. Par suite, le ministre des armées a pu légalement, pour ce motif, rejeter la demande présentée par Mme D.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D et au ministre des armées et des anciens combattants.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

I. A La greffière

Signé

D. GERVIER

La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier en chef

Signé

S. GAGNAIRE

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