mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200697 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LACOMBE |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 16 mars 2022 sous le n° 2200697, la société à responsabilité limitée (SARL) BTP Services Plus, représentée par Me Lacombe, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2012 et 2013, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale ne pouvait rehausser ses cotisations d'impôt sur les sociétés en raison d'un " profit sur le Trésor " dès lors, d'une part, que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été réclamés ne sont pas fondés et, d'autre part et en tout état de cause, que ces rappels n'ont pas généré, en l'espèce, de " profit sur le Trésor " ;
- la remise en cause par l'administration de certaines dépenses de restauration, d'hébergement et de réception, que le service a regardées comme n'ayant pas été exposées dans l'intérêt de l'entreprise, est injustifiée en application de l'article 54 du code général des impôts, de la jurisprudence du Conseil d'État et de la doctrine administrative exprimée au BOI-BIC-CHG-10-20-20 n° 1 du 12 septembre 2012 qui indiquent que la comptabilité présentée par les contribuables doit être appuyée de pièces justificatives destinées à permettre le contrôle de la réalité des frais et charges portés en déduction du bénéfice imposable (pièces de caisse, reçus, carnets de paie, etc..) ; par suite, en considérant que l'ensemble des frais justifiés n'auraient pas été engagés dans l'intérêt de l'entreprise, le service s'est immiscé dans la gestion de l'entreprise et le suivi des relations commerciales de la société ; en outre, les frais engagés durant les weekends et en période estivale l'ont été dans l'intérêt de l'entreprise, la gérante profitant des périodes de fermeture de l'entreprise pour démarcher de nouveaux clients ; s'agissant des frais de déplacement en Espagne et en Andorre, ils s'expliquent par la volonté de la société de s'internationaliser ; concernant la note d'hébergement de 2013, si la réservation a été faite par M. A, elle concernait Mme B, qui se rendait, en sa qualité de gérante de la société, à une convocation d'expertise à Vierzon ; s'agissant des trois repas pour deux personnes pris le même soir au restaurant Chai Meukow, le 9 juillet 2013, la société avait invité plusieurs clients à participer à un dîner et, à l'issue du repas, chaque ticket a fait l'objet d'un paiement séparé ; les autres frais de mission et de réception ainsi que les achats et abonnements divers ont été exposés dans le cadre d'opérations de " prospection et/ou maintien " des relations d'affaires avec les clients, l'activité de la société nécessitant d'établir des contacts avec des prospects afin que ceux-ci présentent ensuite leur candidature à la société ;
- la remise en cause par l'administration de certaines dépenses liées à des travaux d'entretien de l'immeuble situé place Laennec à Cognac est injustifiée dès lors que la société civile immobilière (SCI) Chevry avait mis à disposition de la société des locaux au sein de cet immeuble, comme en attestent le contrat de bail produit et un constat d'huissier ; les factures Brico Dépôt concernaient des travaux réalisés dans ces locaux et les factures Brico Marché concernaient l'entretien de l'accès au local de la société ; les factures de la société Miroiterie de Cognac, si elles font par erreur mention du remplacement de cinq fenêtres " pour les chambres de l'étage ", concernent bien les locaux mis à la disposition de la société ; contrairement à ce qu'a considéré l'administration, la facture de la SARL Seguin et fils, établie au nom de la société pour des locaux situés 6 place Laennec, ne concernait pas le logement personnel de Mme B, situé 2 place Laennec ; les factures de l'entreprise Vial Menuiseries portaient sur l'acquisition de stores par un salarié travaillant sur un chantier qui n'a jamais abouti ; les deux factures de l'entreprise LCA Maçonnerie des 10 avril et 13 septembre 2013 ont fait l'objet d'une refacturation à la SCI Chevry, de sorte que l'administration ne pouvait remettre en cause leur déductibilité du résultat ;
- les indemnités kilométriques remises en cause par l'administration sont appuyées sur des pièces justificatives ; il n'y a pas eu de double comptabilisation des mêmes frais, la société disposant, via un contrat de crédit-bail, d'un véhicule de marque BMW jusqu'au 27 août 2013 et utilisant par ailleurs le véhicule de marque Audi appartenant à Mme B ;
- l'activité de la société impliquant que Mme B puisse se déplacer, la réalisation d'un stage de récupération de points par l'intéressée constituait une dépense engagée dans l'intérêt de l'entreprise ; par ailleurs, la société disposant d'une clientèle anglaise, la formation de perfectionnement à l'anglais réalisée par Mme B a été exposée dans l'intérêt de l'entreprise ;
- les refacturations de dépenses d'électricité réalisées par la SCI Chevry, d'un montant mensuel de 455 euros hors taxes pour l'année 2012 et de 500 euros hors taxes pour l'année 2013, n'étaient pas exagérées ;
- en levant personnellement l'option d'achat du véhicule que la société avait pris en crédit-bail, Mme B, dont le compte courant d'associé a concomitamment été crédité de 10 000 euros, n'a bénéficié d'aucun avantage, cette opération correspondant à la valeur du véhicule, compte tenu de son kilométrage ;
- les majorations de 40 % pour manquement délibéré ne sont pas justifiées car il n'y a eu aucune volonté délibérée d'éluder l'impôt, la société étant de bonne foi dans la mesure où il n'y a eu aucun paiement de dépenses étrangères à son fonctionnement ; les majorations de 80 % pour manœuvres frauduleuses sont injustifiées dès lors que sa comptabilité est complète, régulière et probante, que les factures en cause correspondent bien à une réalité économique et juridique effective et qu'elle ne s'est pas rendue coupable d'actes, opérations, artifices ou manœuvres destinés à égarer ou restreindre le pouvoir de vérification de l'administration.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de substituer d'office à la majoration de 80 % des droits éludés prévue par le b de l'article 1729 du code général des impôts que l'administration a appliquée à la rectification relative aux dépenses de travaux facturées par l'entreprise LCA Maçonnerie, la majoration de 40 % prévue par les dispositions du a de ce même article.
L'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest a présenté des observations sur cette substitution de base légale le 20 décembre 2023.
Les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de substituer d'office à la majoration de 80 % des droits éludés prévue par le b de l'article 1729 du code général des impôts que l'administration a appliquée à la rectification relative aux dépenses de travaux facturées par la SARL Seguin et fils, la majoration de 40 % prévue par les dispositions du a de ce même article.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2200698 le 16 mars 2022, la SARL BTP Services Plus, représentée par Me Lacombe, demande au tribunal :
1°) la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui lui ont été réclamés pour la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013, ainsi que des majorations et pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la remise en cause par l'administration de certaines dépenses de restauration, d'hébergement et de réception, que le service a regardées comme n'ayant pas été exposées dans l'intérêt de l'entreprise, est injustifiée en application de l'article 54 du code général des impôts, de la jurisprudence du Conseil d'État et de la doctrine administrative exprimée au BOI-BIC-CHG-10-20-20 n° 1 du 12 septembre 2012 qui indiquent que la comptabilité présentée par les contribuables doit être appuyée de pièces justificatives destinées à permettre le contrôle de la réalité des frais et charges portés en déduction du bénéfice imposable (pièces de caisse, reçus, carnets de paie, etc..) ; par suite, en considérant que l'ensemble des frais justifiés n'auraient pas été engagés dans l'intérêt de l'entreprise, le service s'est immiscé dans la gestion de l'entreprise et le suivi des relations commerciales de la société ; en outre, les frais engagés durant les weekends et en période estivale l'ont été pour les besoins des opérations imposables de la société, la gérante profitant des périodes de fermeture de l'entreprise pour démarcher de nouveaux clients ; s'agissant des frais de déplacement en Espagne et en Andorre, ils s'expliquent par la volonté de la société de s'internationaliser ; concernant la note d'hébergement de 2013, si la réservation a été faite par M. A, elle concernait Mme B, qui se rendait, en sa qualité de gérante de la société, à une convocation d'expertise à Vierzon ; s'agissant des trois repas pour deux personnes pris le même soir au restaurant Chai Meukow, le 9 juillet 2013, la société avait invité plusieurs clients à participer à un dîner et, à l'issue du repas, chaque ticket a fait l'objet d'un paiement séparé ; les autres frais de mission et de réception ainsi que les achats et abonnements divers ont été exposés dans le cadre d'opérations de " prospection et/ou maintien " des relations d'affaires avec les clients, l'activité de la société nécessitant d'établir des contacts avec des prospects afin que ceux-ci présentent ensuite leur candidature à la société ;
- la remise en cause par l'administration de certaines dépenses liées à des travaux d'entretien de l'immeuble situé place Laennec à Cognac est injustifiée dès lors que la SCI Chevry avait mis à disposition de la société des locaux au sein de cet immeuble, comme en attestent le contrat de bail et un constat d'huissier ; les factures " Brico Dépôt " et " Bricomarché " concernaient des travaux réalisés dans ces locaux ; les factures de la société Miroiterie de Cognac, si elles font par erreur mention du remplacement de cinq fenêtres " pour les chambres de l'étage ", concernent bien les locaux mis à la disposition de la société ; contrairement à ce qu'a considéré l'administration, la facture de la SARL Seguin et fils, établie au nom de la société pour des locaux situés 6 place Laennec, ne concernait pas le logement personnel de Mme B, situé 2 place Laennec ; la facture de l'entreprise Vial Menuiseries portait sur l'acquisition de stores par un salarié travaillant sur un chantier qui n'a jamais abouti ;
- les majorations de 40 % pour manquement délibéré ne sont pas justifiées car il n'y a eu aucune volonté délibérée d'éluder l'impôt, la société étant de bonne foi dans la mesure où il n'y a eu aucun paiement de dépenses étrangères à son fonctionnement ; les majorations de 80 % pour manœuvres frauduleuses sont injustifiées dès lors que sa comptabilité est complète, régulière et probante, que les factures en cause correspondent bien à une réalité économique et juridique effective et qu'elle ne s'est pas rendue coupable d'actes, opérations, artifices ou manœuvres destinés à égarer ou restreindre le pouvoir de vérification de l'administration.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 août 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées de ce que le tribunal était susceptible de substituer d'office à la majoration de 80 % des droits éludés prévue par le b de l'article 1729 du code général des impôts que l'administration a appliquée à la rectification relative aux dépenses de travaux facturées par la SARL Seguin et fils, la majoration de 40 % prévue par les dispositions du a de ce même article.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henry,
- et les conclusions de M. Revel, rapporteur public.
Dans chacune des deux affaires, une note en délibéré, présentée par l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest, a été enregistrée le 9 janvier 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) BTP Services Plus, qui exerce une activité de portage salarial dans le secteur du bâtiment, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration lui a notifié, selon la procédure de rectification contradictoire, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre de ses exercices clos les 31 décembre des années 2012 et 2013 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2013. Par sa requête n° 2200697, la société BTP Services Plus demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie, ainsi que des pénalités dont elles ont été assorties. Par sa requête n° 2200698, la société demande la décharge des rappels de TVA qui lui ont été réclamés, ainsi que des pénalités dont ils ont été assortis. Ces deux requêtes concernent la situation d'un même contribuable et présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la TVA :
2. Aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération / () II. 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est () : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures () ".
3. Contrairement à ce que soutient la société requérante, la seule circonstance que certaines dépenses soient justifiées par des factures ne saurait interdire à l'administration fiscale de remettre en cause la déduction de la TVA figurant sur ces factures, dès lors qu'il ressort des dispositions citées au point précédent qu'une telle déduction n'est possible, notamment, que si les dépenses en cause ont été exposées pour les besoins des opérations imposables de la société.
S'agissant des dépenses de restauration, d'hébergement et de réception :
4. En premier lieu, l'administration fiscale a refusé la déduction de la TVA figurant sur des factures de restauration et d'hébergement au motif que ces dépenses, exposées les weekends et pendant le mois d'août, au cours duquel l'entreprise est fermée, et pour lesquelles la société n'avait pas apporté d'éléments de nature à attester de leur caractère professionnel, ne pouvaient être regardées comme ayant été exposées pour les besoins des opérations imposables de la société. Pour contester cette rectification, la société requérante se borne à exposer que ces périodes, pendant lesquelles la gérante de la société n'était pas accaparée par la gestion courante de l'entreprise, étaient propices au démarchage de nouveaux clients. Toutefois, ces allégations, qui ne sont assorties d'aucune précision circonstanciée, ni d'aucune pièce justificative pertinente, ne suffisent pas à remettre en cause les constatations par lesquelles l'administration a établi que ces dépenses n'ont pas été exposées pour les besoins des opérations imposables de la société.
5. En deuxième lieu, l'administration fiscale a refusé la déduction de la TVA figurant sur des factures liées à des déplacements en Espagne et à Andorre au motif que de telles dépenses ne pouvaient être regardées comme ayant été exposées pour les besoins des opérations imposables de la société, qui exerce son activité en France. En se bornant à soutenir qu'elle entendait développer son activité en Espagne et à Andorre, la société requérante, qui n'assortit pas cette allégation de précisions circonstanciées et ne produit aucune pièce à son soutien, ne remet pas en cause les constatations par lesquelles l'administration a établi que ces dépenses n'ont pas été exposées pour les besoins des opérations imposables de la société.
6. En troisième lieu, l'administration fiscale a refusé la déduction de la TVA figurant sur une facture d'hébergement établie au nom de M. A, compagnon de Mme B, gérante de la société, qui n'était plus salarié de la société à la date de la facture. Si la société requérante soutient que la réservation a été faite par M. A pour la gérante, pour un déplacement de celle-ci en lien avec une expertise judiciaire, elle ne produit ni la facture en cause ni aucun document de nature à attester de la réalité de l'expertise alléguée et de sa date. Dans ces conditions, la société ne remet pas en cause les constatations par lesquelles l'administration a établi que cette dépense n'a pas été exposée pour les besoins des opérations imposables de la société.
7. En quatrième lieu, l'administration fiscale a refusé la déduction de la TVA figurant sur trois factures de restaurant après avoir relevé qu'elles ont été établies par le même établissement le même soir, chacune portant sur deux repas, et que les mentions manuscrites qui y ont été portées pour indiquer le nom des personnes invitées ont été ajoutées une fois la vérification de comptabilité commencée, soit plus de deux ans après les repas en cause. La société, qui se borne à soutenir que sa gérante avait invité le même soir plusieurs clients à participer à un dîner et que les repas ont été payés séparément, sans préciser notamment quels étaient les liens entre la société et les personnes invitées, ne remet pas en cause les constatations par lesquelles l'administration a établi que ces dépenses n'ont pas été exposées pour les besoins des opérations imposables de la société.
8. En dernier lieu, en se bornant à soutenir en des termes généraux, sans notamment indiquer précisément sur quelles dépenses portent sa contestation, que les autres frais de mission et de réception ainsi que les achats et abonnements divers ont été exposés dans le cadre d'opérations de " prospection et/ou maintien " des relations d'affaires avec les clients, la société n'assortit pas cette critique de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
S'agissant des dépenses de travaux, d'entretien et d'acquisition de matériels et équipements divers pour la maison et le jardin :
9. Il résulte de l'instruction que, sur la période en litige, le siège de la société BTP Services Plus était fixé au 28 rue Émile Roux à Cognac, dans une dépendance d'un ensemble immobilier appartenant à la société civile immobilière (SCI) Chevry, elle-même essentiellement détenue par la gérante de la société requérante. Cet ensemble immobilier comprenait par ailleurs un immeuble d'habitation dans lequel se trouvait le domicile de la gérante de la société, dont l'accès se situe au 2 place Laennec, ainsi que, accessibles par le n° 6 de cette place, quatre logements mis en location et des locaux en sous-sol mis à la disposition de la société requérante. Il ressort d'un constat d'huissier du 23 septembre 2015 que ces locaux accueillaient une salle de réunion, équipée d'un dispositif de vidéo-projection, les archives de la société, une petite cuisine et des toilettes.
10. L'administration fiscale a refusé la déduction de la TVA figurant sur une facture portant sur le remplacement de cinq fenêtres du bâtiment situé 2-6 place Laennec, sur laquelle était indiqué que les travaux portaient sur " les chambres de l'étage ", sur une facture d'achat de deux stores de terrasse électriques, le vérificateur ayant constaté que les locaux de la société n'étaient pas équipés de tels store, sur deux factures " Brico dépôt " portant sur l'acquisition de deux portails en fer installés à l'entrée du 6 place Laennec, sur sept factures " Bricomarché " portant sur l'acquisition de divers matériels et équipements pour la maison et le jardin, comme une motorisation de portail, une cabine de douche, des flexibles et détendeurs à gaz et deux tondeuses, et sur la facture de la SARL Seguin et fils du 25 juin 2021, d'un montant de 25 591 euros hors taxes, relative à des travaux de terrassement et de réfection de l'accès au 6 place Laennec. La société se borne à soutenir, d'abord, que le libellé de la facture des menuiseries est erroné, sans apporter aucun élément de nature à établir que les cinq fenêtres facturées se rapporteraient aux locaux qu'elle occupait au sous-sol de l'immeuble. Elle soutient, ensuite, que l'achat des stores ne concernait en réalité pas l'immeuble de la place Laennec mais un chantier de l'un de ses salariés qui n'aurait " pas abouti ", sans même désigner le chantier en question ni le salarié concerné. Elle soutient, enfin, que les autres dépenses ont été exposées en application du contrat de bail qu'elle a conclu avec la SCI Chevry, qui stipule qu'en contrepartie de la mise à disposition gratuite du sous-sol de l'immeuble, il lui revenait de prendre en charge les dépenses d' " agencement intérieur " et d' " agencement extérieur " des locaux. Toutefois, le contrat produit a manifestement été établi pour les besoins de la cause, puisque la gérante de la société avait indiqué au vérificateur, lors des opérations de contrôle sur place, qu'aucun contrat n'avait été rédigé pour la mise à disposition des locaux. Au surplus, il n'apparait pas que les dépenses en cause, qui portent notamment sur des travaux de terrassement, l'acquisition de matériel comme deux tondeuses ou, encore, d'une cabine de douche, alors que les locaux de la société ne sont pas équipés d'une salle d'eau, puissent être regardées comme des dépenses d'agencement intérieur ou extérieur des locaux mis à la disposition de la société. Dans ces conditions, la société requérante ne remet pas en cause les constatations par lesquelles l'administration a établi que l'ensemble de ces dépenses n'ont pas été exposées pour les besoins des opérations imposables de la société.
11. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à contester le bien-fondé des rappels de TVA qui lui ont été réclamés.
En ce qui concerne l'impôt sur les sociétés :
S'agissant des charges déductibles du résultat :
12. Aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () ". En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des créances de tiers, amortissements, provisions et charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée.
13. Contrairement à ce que soutient la société requérante, la seule circonstance que certaines dépenses soient justifiées par des factures ne saurait interdire à l'administration fiscale de remettre en cause leur déductibilité du résultat, dès lors qu'une telle déduction n'est possible, notamment, que si la société a exposé les dépenses en cause dans l'intérêt de son exploitation.
14. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit aux points 4 à 8 du présent jugement, la société requérante n'apporte pas d'élément de nature à attester de la correction de l'inscription en comptabilité des dépenses de restauration, d'hébergement et de réception mentionnées à ces points. Il suit de là qu'elle n'est pas fondée à contester la réintégration de ces dépenses à ces résultats imposables des exercices clos les 31 décembres 2012 et 2013.
15. En deuxième lieu, pour les mêmes raisons que celles mentionnées au point 10 du présent jugement, la société requérante n'est pas fondée à contester la réintégration à ses résultats imposables des dépenses de travaux, d'entretien et d'acquisition de matériels et équipements divers pour la maison et le jardin mentionnées à ce point. Par ailleurs, si la société soutient que les dépenses de travaux facturées par l'entreprise LCA maçonnerie, que l'administration a réintégrées à ses résultats au motif qu'elles n'ont pas été exposées dans l'intérêt de la société mais dans celle de la SCI Chevry, ont ensuite été refacturées à cette SCI, elle n'apporte aucun élément de nature à établir cette allégation, alors que l'administration fiscale a indiqué, dans la réponse aux observations du contribuable, ne pas avoir constaté une telle refacturation lors de l'examen de la comptabilité.
16. En troisième lieu, l'administration a réintégré les indemnités kilométriques payées à la gérante de la société et à M. A, son compagnon, qui a un temps été salarié de la société, au motif que les dépenses des véhicules utilisés pour ces déplacements, à savoir un véhicule appartenant à la société et le véhicule personnel de la gérante, étaient déjà intégralement payées par la société, qui prenait en charge, pour les deux véhicules, les frais d'essence, d'assurance, de péage, d'entretien et, pour le véhicule appartenant à la société, de crédit-bail. La société requérante se borne à soutenir que le versement d'indemnités kilométriques concernait les déplacements réalisés avec le véhicule personnel de la gérante, sans contester que les dépenses liées à ce véhicule étaient déjà prises en charge par la société. Elle n'est, dès lors, pas fondée à contester la réintégration des indemnités kilométriques dans ses résultats imposables.
17. En quatrième lieu, la société requérante conteste la réintégration à son résultat imposable des sommes exposées pour un stage de sensibilisation à la sécurité routière réalisé par sa gérante pour obtenir une récupération de points du permis de conduire. Toutefois, bien que la gérante ait besoin de se déplacer pour exercer ses fonctions, un tel stage, réalisé pour permettre à l'intéressée de conserver son permis de conduire et en raison d'infractions au code de la route commises par celle-ci, ne saurait être regardé comme constituant une dépense engagée par la société dans l'intérêt de son exploitation. En outre, l'administration a réintégré au résultat imposable de la société les dépenses liées à une formation de perfectionnement à l'Anglais réalisée par sa gérante. Pour contester cette rectification, la société soutient qu'elle dispose d'une clientèle anglaise mais se borne, pour établir cette allégation, à produire une seule facture délivrée à une société de droit anglais. Ce faisant, elle n'apporte pas suffisamment d'éléments pour établir que cette dépense a été exposée dans l'intérêt de son exploitation.
18. En dernier lieu, l'administration a réintégré dans les résultats imposables de la société des dépenses de fourniture d'électricité qui lui ont été refacturées par la SCI Chevry, à hauteur de 455 euros hors taxes par mois en 2012 et 500 euros hors taxes par mois en 2013. Compte tenu de la consistante des locaux utilisés par la société et de l'usage de bureaux qui en fait, ces dépenses apparaissent manifestement excessives. En outre, la société requérante n'a jamais produit les factures du fournisseur d'électricité ayant donné lieu à refacturation ni détaillé les modalités de calcul de cette refacturation. Dans ces conditions, ces dépenses ne peuvent être regardées comme ayant été exposées dans l'intérêt de l'exploitation de la société.
S'agissant de l'acte anormal de gestion :
19. En vertu des dispositions combinées des articles 38 et 209 du code général des impôts, le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés est celui qui provient des opérations de toute nature faites par l'entreprise, à l'exception de celles qui, en raison de leur objet ou de leurs modalités, sont étrangères à une gestion normale. Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt. Ainsi, les minorations du prix de cession d'un élément de l'actif peuvent conduire, lorsqu'elles ne relèvent pas d'une gestion normale, à un rehaussement, à concurrence de l'insuffisance du prix stipulé, du bénéfice de la société cédante, imposable dans les conditions de droit commun prévues par ces dispositions.
20. Il résulte de l'instruction que, le 23 septembre 2008, la société requérante a pris un véhicule BMW en location avec option d'achat puis a acquitté les soixante mensualités de 772,36 euros prévues au contrat. Toutefois, à l'issue de ce contrat, l'option d'achat d'un montant de 9 300 euros a été levée, non par la société, mais par sa gérante à titre personnel et le certificat d'immatriculation du véhicule a été établi au nom de cette dernière. Or, l'administration établit, en se référant aux données du site internet spécialisé " La Centrale " et par les éléments qu'elle a recueillis auprès du concessionnaire auquel la gérante a revendu le véhicule deux ans plus tard, que celui-ci pouvait être évalué, à la date de la levée de l'option d'achat, à 19 900 euros, de sorte que si la société avait elle-même levé cette option puis immédiatement revendu le véhicule, elle aurait réalisé un profit de 10 600 euros. L'administration fiscale était ainsi fondée à considérer qu'en permettant à sa gérante de lever l'option d'achat du véhicule à sa place sans exiger le versement d'un complément de prix, la société s'est appauvrie à des fins étrangères à son intérêt à hauteur de 10 600 euros. À cet égard, la société ne saurait sérieusement soutenir que le compte courant d'associé de la gérante a, concomitamment à cette opération, été crédité d'un montant de 10 000 euros, dès lors, d'une part, qu'il ressort du libellé de cette inscription comptable qu'elle est sans lien avec l'opération litigieuse et, d'autre part, que, pour compenser l'avantage dont a bénéficié la gérante, son compte courant aurait dû être débité, non crédité. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à contester la réintégration à son résultat imposable d'une somme de 10 600 euros correspondant à l'avantage dont a anormalement bénéficié la gérante de la société.
S'agissant du " profit sur le Trésor " :
21. Lorsqu'un contribuable a fait l'objet de redressements en matière d'impôts sur les bénéfices et de taxe sur la valeur ajoutée, ses bases d'imposition à l'impôt sur les sociétés peuvent être rehaussées d'un " profit sur le Trésor " chaque fois que le droit qui lui est ouvert de déduire de ces bases la taxe sur la valeur ajoutée rappelée aboutirait, à défaut de la constatation à due concurrence d'un tel profit, à ce que le contribuable soit imposé à l'impôt sur les sociétés sur une assiette plus réduite que celle sur laquelle il aurait été imposé s'il avait acquitté régulièrement la taxe sur la valeur ajoutée.
22. L'administration fiscale a réintégré aux résultats de la société requérante des exercices clos les 31 décembre 2012 et 2013 un " profit sur le Trésor " d'un montant égal aux rappels de TVA qu'elle lui a notifiés pour la période d'imposition à cette taxe comprise dans chacun de ces exercices. La société requérante n'est pas fondée à contester cette réintégration dès lors que les rappels de TVA portent sur de la taxe ayant grevé des dépenses exclues du droit à déduction et par ailleurs non déductibles des bénéfices.
23. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à contester le bien-fondé des rehaussements d'impôt sur les sociétés auxquels elle a été assujettie.
Sur les pénalités :
24. En premier lieu, l'administration fiscale a assorti l'ensemble des rectifications en matière d'impôt sur les sociétés et de TVA, à l'exception des dépenses de travaux facturées par la SARL Seguin et fils et l'entreprise LCA Maçonnerie, de la pénalité de 40 % pour manquement délibéré prévue par les dispositions du a de l'article 1729 du code général des impôts, après avoir notamment relevé que ces rectifications portaient manifestement sur des dépenses personnelles de la gérante et de son compagnon et sur la renonciation de recettes à leur profit, dont la société ne pouvait ignorer qu'elles étaient sans lien avec l'intérêt de son exploitation. Ainsi, l'administration doit, eu égard à la persistance d'un comportement ayant pour but de tenter d'éluder l'impôt, être regardée comme apportant la preuve du manquement délibéré de la société à ses obligations fiscales.
25. En second lieu, l'administration a assorti les rectifications relatives aux dépenses de travaux facturées en 2012 par la SARL Seguin et fils et, uniquement en ce concerne l'impôt sur les sociétés, aux dépenses de travaux facturées en 2013 par l'entreprise LCA Maçonnerie, de la pénalité de 80 % pour manœuvres frauduleuses prévue par les dispositions du b de l'article 1729 du code général des impôts, au motif que les représentants de la société avaient demandé à ces entreprises d'établir leurs factures au nom et à l'adresse de la société, alors que les travaux concernaient en réalité les appartements situés 6 place Laennec. Néanmoins, cette seule circonstance ne saurait, dans la mesure notamment où l'administration ne soutient pas que les représentants de la société auraient sollicité des entreprises qu'elles portent sur les factures des mentions erronées quant au lieu où les travaux ont été réalisés, permettre de caractériser l'existence de démarches ou procédés destinés à égarer l'administration dans ses contrôles, seuls susceptibles de constituer des manœuvres frauduleuses.
26. Toutefois, il appartient au juge, dans une telle hypothèse, alors même que l'administration ne le saisirait pas d'une demande en ce sens, de rechercher si les éléments qui étaient invoqués par l'administration pour justifier des pénalités pour manœuvres frauduleuses permettent, à défaut d'établir ces dernières, de caractériser la mauvaise foi du contribuable et de substituer, au besoin d'office, à la majoration de 80 % appliquée par l'administration la majoration de 40 % pour manquement délibéré par les dispositions du a de l'article 1729 du code général des impôts.
27. La déduction en charges, par la société requérante, de dépenses, dont elle ne pouvait ignorer qu'elles n'avaient pas été exposées dans l'intérêt de son exploitation, constitue un manquement délibéré de la société à ses obligations fiscales. Il y a lieu, par suite, de substituer d'office à la majoration de 80 % des droits éludés prévue par le b de l'article 1729 du code général des impôts que l'administration a appliquée aux rectifications relatives aux dépenses de travaux facturées par la SARL Seguin et fils et par l'entreprise LCA Maçonnerie, celle de 40 % prévue par les dispositions du a de ce même article.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont la SARL BTP Services Plus demande le paiement au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le taux de 40 % prévu par les dispositions du a de l'article 1729 du code général des impôts est substitué au taux de 80 % prévu par les dispositions du b du même article pour la majoration dont ont été assortis le rappel de taxe sur la valeur ajoutée relatif à la facture de la SARL Seguin et fils et les rehaussements d'impôt sur les sociétés relatifs à cette facture et aux factures de l'entreprise LCA Maçonnerie.
Article 2 : La SARL BTP Services Plus est déchargée de la différence entre la majoration de 80 % appliquée par l'administration et celle qui lui est substituée par l'article 1er du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2200697 et 2200698 présentées par la SARL BTP Services Plus est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée SARL BTP Services Plus et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Ouest.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
Le rapporteur,
Signé
B. HENRY
Le président,
Signé
L. CAMPOYLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D.GERVIER
Nos 2200697 - 2200698
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026