mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200866 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET F. NAIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er avril 2022, M. A B, représenté par Me Naïm, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre des années 2017 et 2018, ainsi que des intérêts de retard et des majorations dont ces impositions ont été assorties, pour un montant total de 92 610 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'administration ne lui a pas restitué, préalablement aux demandes de justification qu'elle lui a adressées, les documents originaux qu'il lui avait transmis lors de l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle dont il a fait l'objet ;
- la procédure est également irrégulière en ce que l'administration n'a pas délivré de reçu lors de la réception des documents qu'il lui a transmis, en particulier lors de la réception de ses relevés bancaires.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 septembre 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés dans la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Raveneau,
- les conclusions de M. Pipart, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B exerce depuis 1997 la fonction de responsable de l'administratif, de la logistique, des services à bord et du service hôtelier d'un navire de croisière appartenant à une société américaine. Il n'a déposé aucune déclaration de revenu en France depuis 2001. Le service qui estimait qu'il était domicilié fiscalement en France en application de l'article 4 A du code général des impôts et des stipulations des articles 4 et 15 de la convention fiscale franco-américaine du 31 août 1994 modifiée et qu'il y disposait de revenus imposables au titre des années 2017 et 2018, l'a mis en demeure de déclarer ces revenus le 1er octobre 2019 et le 11 février 2020. Ces mises en demeure n'ayant pas été suivies d'effet, l'intéressé a fait l'objet, à compter du 13 février 2020, d'un examen de sa situation fiscale personnelle portant sur ces deux années, au cours de laquelle l'administration lui a adressé le 20 août 2020 des demandes de justifications de certains versements figurant au crédit de ses comptes bancaires en 2017 et 2018. Sur la base des informations fournies en réponse par l'intéressé, elle l'a assujetti, le 29 janvier 2021, à des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux d'un montant respectif, en droits et pénalités, de 46 671 euros et de 45 939 euros selon la procédure de rectification contradictoire pour ses revenus de capitaux mobiliers et gains de valeurs mobilières et selon la procédure d'imposition d'office prévue à l'article L. 66-1 du livre des procédures fiscales pour ses traitements et salaires ainsi que pour les bénéfices industriels et commerciaux retirés de son activité de location en meublé non professionnelle. M. B demande la décharge de ces impositions ainsi que des pénalités dont elles ont été assorties aux motifs, d'une part, que l'administration ne lui a pas restitué, préalablement aux demandes de justification qu'elle lui a adressées, les documents, selon lui, originaux qu'il lui avait transmis lors de la phase antérieure de l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle et, d'autre part, qu'elle ne lui a pas délivré de reçu lors de la réception des documents qu'il lui a transmis, en particulier lors de la réception de ses relevés bancaires.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. Elle peut, en outre, lui demander des justifications au sujet de sa situation et de ses charges de famille, des charges retranchées du revenu net global ou ouvrant droit à une réduction d'impôt (..). Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés (). Les demandes visées aux alinéas précédents doivent indiquer explicitement les points sur lesquels elles portent () ". L'administration ne peut adresser à ce contribuable une demande de justifications que si elle a, au préalable, restitué à l'intéressé les documents que celui-ci a remis à l'occasion de l'examen de sa situation fiscale personnelle.
3. Par un courrier du 23 décembre 2019, M. B a transmis à l'administration fiscale un certain nombre de pièces concernant son activité professionnelle, notamment les justificatifs des salaires qu'il a perçus au titre des années 2016, 2017 et 2018, et a précisé que ses échanges avec l'administration fiscale passaient par l'intermédiaire de sa mère, chargée d'imprimer et de poster les documents qu'il lui envoyait préalablement par courriel, ce qui indiquait clairement que toutes les pièces transmises à l'administration n'étaient que des copies et que l'intéressé en conservait les originaux. Ces déclarations sont corroborées par les mentions du compte-rendu de l'entretien qui s'est tenu le 19 février 2020 dans les locaux de l'administration en vue de recueillir des informations sur la situation fiscale de l'intéressé, au cours duquel le vérificateur a confirmé avoir reçu, sous forme de copie et non d'originaux, les bulletins de salaire de M. B. L'intéressé n'a d'ailleurs jamais contesté, à réception de ce compte-rendu, les mentions qu'il contenait. Le requérant devant, de la sorte, être regardé comme ayant conservé les originaux des documents qu'il a communiqués, en copie, au vérificateur, l'administration n'était pas tenue de lui restituer ces documents avant de lui adresser les deux demandes de justifications le 20 août 2020. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que M. B a répondu favorablement à ces demandes, sans faire état d'une éventuelle impossibilité d'y répondre en l'absence de restitution des documents préalablement communiqués. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure résultant du défaut de restitution des documents originaux qu'il aurait communiqué au service au cours de l'examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle doit être écarté.
4. En second lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation à l'administration, en dehors de toute vérification de comptabilité, de respecter des exigences formelles particulières lorsque, comme en l'espèce, elle réceptionne des documents communiqués par les contribuables. M. B ne peut donc utilement soutenir que la procédure d'imposition serait également irrégulière en ce que l'administration ne lui aurait pas délivré de reçu lorsqu'il a remis ses documents, en particulier, ses relevés bancaires. A supposer même que le requérant entende, sur ce point, se prévaloir du paragraphe 400 de la doctrine administrative relative à la formalisation des productions et des restitutions des relevés de compte bancaires, référencée n°BOI-CF-PGR-20-30 du 20 décembre 2017, cette doctrine, qui a trait à la procédure d'imposition, n'est pas opposable à l'administration sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédure fiscale.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à sa charge au titre des années 2017 et 2018, ainsi que des intérêts de retard et des majorations dont ces impositions ont été assorties, doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Brejeon, conseillère,
M. Raveneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. RAVENEAU Le président,
Signé
L. CAMPOY
La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026