mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2200941 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2022 et un mémoire en réplique enregistré le 8 juin 2022, M. B A demande au tribunal de le décharger de l'obligation de payer la somme de 450 euros qui lui a été réclamée par titre de recettes du 10 décembre 2020 pour le règlement d'une formation professionnelle qu'il a suivie les 19, 20 et 21 octobre 2020 au centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) de Saintonge " Agrocampus ".
Il soutient que :
- il avait demandé lors de son inscription que la formation soit réglée par le biais de son compte personnel de formation (CPF) ;
- en décembre 2020 il a contesté par courriel la facture qui lui était adressée ; il n'a plus eu de nouvelles jusqu'à une nouvelle facture en octobre 2021 ; il a alors appelé le lycée qui a reconnu son erreur ;
- la somme, dont il s'est acquitté avec des frais supplémentaires d'huissier, devrait lui être remboursée par le lycée ou prélevée sur son compte personnel de formation comme cela était prévu à l'origine ;
- s'il n'a pas fait appel au tribunal plus tôt, c'est que les secrétaires de l'établissement avaient reconnu avoir commis une faute ;
- il a saisi le tribunal sur conseil de l'huissier et il serait inéquitable de lui faire payer des frais de procédure.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2022, l'établissement public local d'enseignement de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) de Saintonge Agrocampus demande au tribunal de rejeter la requête et de mettre une somme de 200 euros à la charge de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- le titre de recette est régulier en la forme ;
- il est fondé dès lors que la convention signée le 18 septembre 2020 mentionnait l'obligation pour M. A de payer la somme litigieuse.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
Sur la demande de décharge :
2. D'une part, selon l'article R. 811-65 du code rural et de la pêche maritime, les créances des établissements publics locaux d'enseignement qui n'ont pu être recouvrées à l'amiable font l'objet d'états rendus exécutoires par l'ordonnateur, qui sont notifiés aux débiteurs et dont le recouvrement est poursuivi jusqu'à opposition devant la juridiction compétente.
3. D'autre part, l'article R. 421-1 du code de justice administrative dispose : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. A a reçu une nouvelle notification par lettre recommandée avec accusé de réception, le 9 octobre 2021, du titre de recettes rendu exécutoire le 10 décembre 2020 pour avoir paiement de la somme de 450 euros au titre des frais de la formation qu'il avait suivie du 19 au 21 octobre 2020 et que cette notification mentionnait les voies et délais de recours. La requête de M. A n'a été enregistrée au tribunal administratif de Poitiers que le 12 avril 2022, après l'expiration du délai de deux mois dont il disposait pour saisir le juge. Dès lors cette requête est tardive et manifestement irrecevable. Il y a lieu de faire application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour la rejeter.
Sur les frais liés au litige :
5. L'article L. 761-1 du code de justice administrative dispose : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparait pas inéquitable de laisser à la charge de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) de Saintonge Agrocampus les frais qu'il dit avoir exposés pour sa défense.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) de Saintonge Agrocampus tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'établissement public local d'enseignement et de formation professionnelle agricole (EPLEFPA) de Saintonge Agrocampus,
Fait à Poitiers, le 2 août 2022.
La présidente,
signé
S. PELLISSIER
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
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