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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2200944

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2200944

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2200944
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC+
Formation1ère chambre - JU
Avocat requérantSCP KPL AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des pièces complémentaires et deux mémoires, enregistrés les 12 avril 2022, 20 mai 2022, 25 juillet 2022, 28 septembre 2023 et 18 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Pielberg, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté son recours administratif contre la décision de la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Vienne du 30 mars 2020 en tant que celle-ci met à sa charge un indu de revenu de solidarité active de 7 365,84 euros pour la période du 1er mai 2018 au 31 mars 2020 ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la CAF de la Vienne a rejeté son recours administratif contre la décision de la directrice de la CAF du 30 mars 2020 en tant que celle-ci met à sa charge un trop-perçu de prime d'activité de 1 094,97 euros pour la période de novembre 2019 à mars 2020 ;

3°) d'annuler la décision du 4 avril 2020 par laquelle la directrice de la CAF de la Vienne a mis à sa charge un trop-perçu d'aide exceptionnelle de fin d'année de 457,35 euros au titre du mois de décembre 2018 ;

4°) de mettre à la charge du département de la Vienne et de la CAF de la Vienne une somme de 2 000 euros à verser à son avocat au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il n'a pris connaissance de ses dettes qu'en octobre 2020 ;

- les indus mis à sa charge ne sont pas fondés, les sommes que la CAF a réintégrées dans ses ressources ne correspondant pas à des revenus.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 30 juin et 6 novembre 2023, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP BCJ, conclut au rejet de la requête et à ce que M. B soit condamné à verser à la caisse une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- le requérant n'a pas déclaré certains revenus dans ses déclarations trimestrielles de ressources, ce qui a généré les indus contestés.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 20 juillet et 24 octobre 2023, le département de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- le recours administratif préalable obligatoire déposé par M. B était tardif et la requête est elle-même tardive au regard de la date de la décision rejetant ce recours ;

- le requérant n'a pas déclaré certains revenus dans ses déclarations trimestrielles de ressources, ce qui a généré les indus contestés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- les ordonnances nos 2020-305 et 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Henry, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer seul sur les litiges énumérés par cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Henry,

- et les observations de Me Kolenc, représentant M. B, qui a renvoyé aux écritures produites.

Considérant ce qui suit :

Sur l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article 15 de l'ordonnance n° 2020-305 du 25 mars 2020 : " I.- Les dispositions de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 susvisée relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période sont applicables aux procédures devant les juridictions de l'ordre administratif. () ". Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. () ". Aux termes de l'article 2 de cette ordonnance : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois. () ".

2. D'autre part, selon l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Il résulte de l'instruction, en particulier de la capture d'écran du logiciel de gestion du téléservice de la caisse d'allocations familiales (CAF) produite en défense par la directrice de cette caisse, que la décision du 4 avril 2020 par laquelle la directrice de la CAF de la Vienne a mis à la charge de M. B un trop-perçu d'aide exceptionnelle de fin d'année de 457,35 euros a été notifiée, avec la mention des voies et délais de recours, par le biais du téléservice de la CAF et que M. B a ouvert cette notification le 9 avril 2020. Celui-ci avait donc en principe jusqu'au 10 juin 2020 pour contester cette décision, ce délai ayant cependant été prorogé jusqu'au 24 août 2020 par l'effet de l'article 2 de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020. Si M. B a introduit un premier recours gracieux contre cette décision le 14 décembre 2020, qui doit être regardé comme ayant été transmis à la CAF par le département en application de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, ce recours, présenté au-delà du délai de recours contentieux, n'a pas eu pour effet de proroger ce délai. Dans ces conditions, la requête de M. B, introduite le 12 avril 2022, est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre la décision du 4 avril 2020 lui notifiant un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année.

Sur l'indu de revenu de solidarité active (RSA) et l'indu de prime d'activité :

En ce qui concerne les fins de non-recevoir opposées en défense :

4. En premier lieu, en vertu des articles L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles et L. 845-2 du code de la sécurité sociale, en matière d'indu de RSA et de prime d'activité, tout recours contentieux doit obligatoirement être précédé d'un recours administratif, qui doit être exercé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision mettant l'indu à la charge de l'allocataire.

5. Les défendeurs, qui soulèvent l'irrecevabilité de la requête de M. B, n'apportent aucun élément de nature à établir la date à laquelle celui-ci a reçu notification de la décision du 30 mars 2020 par laquelle la directrice de la CAF de la Vienne a mis à sa charge des indus de RSA et de prime d'activité. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant eu connaissance de cette décision à compter du 26 octobre 2020, date à laquelle il en a fait état dans un courriel adressé à la CAF. Dès lors, son recours administratif préalable obligatoire formé le 14 décembre 2020 contre cette décision, qui, bien qu'adressé uniquement au département, portait clairement tant sur l'indu de RSA que sur l'indu de prime d'activité, n'était pas tardif.

6. En second lieu, les délais de recours contre une décision individuelle ne commencent à courir qu'à compter de la date à laquelle la décision a été notifiée à son destinataire ou, à défaut pour l'administration de pouvoir justifier de la date de cette notification, de la date à laquelle il est établi que le destinataire de la décision en a eu connaissance. En outre, en vertu des dispositions rappelées au point 2 ci-dessus, les délais de recours ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision.

7. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.

8. S'agissant d'abord de l'indu de RSA, le recours préalable de M. B a été explicitement rejeté par une décision du président du conseil départemental du 26 janvier 2021. Le département n'apporte cependant aucun élément de nature à établir la date à laquelle cette décision a été notifiée à M. B, non plus au demeurant qu'aucun élément permettant d'établir que les délais et voies de recours contre cette décision auraient été portés à sa connaissance. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait eu connaissance de la décision du 26 janvier 2021 plus d'un an avant l'introduction de sa requête le 12 avril 2022. Par suite, la requête ne saurait être regardée comme tardive concernant l'indu de RSA.

9. S'agissant ensuite de l'indu de prime d'activité, la réclamation présentée par M. B devant le président du conseil départemental le 14 décembre 2020 doit être regardée, en application des articles L. 114-2 et L. 114-3 du code des relations entre le public et l'administration, comme ayant été transmise à la commission de recours amiable de la CAF de la Vienne et comme ayant été implicitement rejetée par cette commission.

10. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 411-3 et L. 412-2 du code des relations entre le public et l'administration que les articles L. 112-3 et L. 112-6 de ce code relatifs à la délivrance des accusés de réception sont applicables au recours administratif préalable obligatoire adressé à une administration par le destinataire d'une décision. Un tel recours doit donc donner lieu à un accusé de réception mentionnant notamment les effets du silence gardé par l'autorité administrative sur la réclamation qui lui est adressée et, lorsque ce silence conduit à la naissance d'une décision implicite de rejet, les délais et voies de recours contre cette décision. En l'absence d'accusé de réception ou lorsque celui-ci ne comporte pas les indications exigées par l'administration, les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur du recours.

11. Si les règles découlant du principe de sécurité juridique rappelées au point 7 ci-dessus sont également applicables à la contestation d'une décision implicite, lorsqu'il est établi que le demandeur a eu connaissance de la décision, la preuve de la connaissance du rejet implicite d'un recours administratif ne saurait toutefois résulter du seul écoulement du temps depuis la présentation du recours. Elle peut en revanche résulter de ce qu'il est établi, soit que l'intéressé a été clairement informé des conditions de naissance d'un rejet implicite de son recours, soit que la décision prise sur ce recours a par la suite été expressément mentionnée au cours de ses échanges avec l'administration. S'il n'a pas été informé des voies et délais de recours contre cette décision implicite, l'auteur de la demande dispose, pour saisir le juge, d'un délai raisonnable qui court, dans la première hypothèse, de la date de naissance de la décision implicite et, dans la seconde, de la date de l'événement établissant qu'il a eu connaissance de cette décision.

12. En l'espèce, il ne résulte de l'instruction ni que le recours préalable introduit par M. B contre la décision du 30 mars 2020 mettant notamment à sa charge un indu de prime d'activité aurait donné lieu à la délivrance d'un accusé de réception ni que les conditions de formation d'une décision implicite de rejet en cas de silence gardé sur ce recours et les délais et voies de recours contre une telle décision auraient été portés à sa connaissance d'une autre manière. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que M. B aurait eu connaissance du rejet de son recours préalable contre la décision lui notifiant un indu de prime d'activité plus d'un an avant l'introduction de sa requête le 12 avril 2022. Par suite, la requête ne saurait être regardée comme tardive concernant l'indu de prime d'activité.

13. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées en défense doivent être écartées.

En ce qui concerne le bien-fondé des indus réclamés à M. B :

14. Les indus réclamés à M. B résultent de la réintégration dans ses revenus, à l'issue d'un contrôle de ses ressources, de divers virements et dépôts de chèques figurant sur ses relevés de compte. Il résulte toutefois de l'instruction que les sommes ainsi réintégrées ne correspondent pas à des ressources mais, d'une part, à la revente par M. B, musicien professionnel, de certains de ses instruments de musique en vue de les remplacer, sans but spéculatif, et, d'autre part, à divers remboursements et indemnités, notamment des remboursements de frais exposés pour le compte de deux associations de musique, une restitution d'un trop-perçu d'impôt et une indemnité d'assurance à la suite d'un sinistre.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du président du conseil départemental du 26 janvier 2021 et de la décision implicite de la commission de recours amiable de la CAF de la Vienne rejetant son recours contre la décision de la directrice de la CAF de la Vienne du 30 mars 2020 mettant à sa charge un indu de RSA de 7 365,84 euros et un indu de prime d'activité de 1 094,97 euros.

Sur les frais liés au litige :

16. Aux termes de l'article L. 843-1 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'État, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants. ". Selon le dernier alinéa de l'article R. 847-2 du même code : " Les directeurs des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 représentent l'État devant le tribunal administratif dans les litiges relatifs aux décisions qu'ils prennent pour son compte en application du présent titre. ". L'article 5 du décret du 14 décembre 2018 relatif à l'aide exceptionnelle de fin d'année versée au titre du mois de novembre ou de décembre 2018 dispose que cette aide est versée au nom de l'État.

17. Il résulte de ces dispositions que les compétences exercées par les CAF et les caisses de mutualité sociale agricole en matière de prime d'activité et d'aide exceptionnelle de fin d'année le sont au nom de l'État et que lorsque les directeurs de ces caisses défendent devant les tribunaux administratifs les décisions prises en ces matières, ils représentent l'État.

18. Par suite, la CAF de la Vienne, qui n'a pas la qualité de défendeur à l'instance et n'y est d'ailleurs pas présente, les mémoires de la directrice de cette caisse étant produits au nom de l'État, ne peut ni obtenir qu'une somme soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ni être condamnée à verser une somme au titre de ces mêmes dispositions. Dès lors, les conclusions présentées par la directrice de la CAF de la Vienne tendant au versement par le requérant, qui au surplus ne peut être regardé comme la partie perdante, d'une somme de 500 euros au profit de la caisse au titre de ces dispositions ne peuvent qu'être rejetées. De même, les conclusions présentées par l'avocat du requérant sur le fondement de ces dispositions combinées avec celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont, en tant qu'elles visent la CAF de la Vienne, mal dirigées et doivent être rejetées.

19. En revanche, il y a lieu, en application de ces mêmes dispositions combinées, de mettre à la charge du département de la Vienne le versement d'une somme de 1 200 euros à Me Pielberg, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 26 janvier 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté le recours administratif de M. B contre la décision de la directrice de la CAF de la Vienne du 30 mars 2020 de mettre à sa charge un indu de revenu de solidarité active de 7 365,84 euros pour la période du 1er mai 2018 au 31 mars 2020 est annulée.

Article 2 : La décision implicite par laquelle la commission de recours amiable de la CAF de la Vienne a rejeté le recours administratif de M. B contre la décision du 30 mars 2020 mettant à sa charge un trop-perçu de prime d'activité de 1 094,97 euros pour la période de novembre 2019 à mars 2020 est annulée.

Article 3 : Le département de la Vienne versera à Me Pielberg, avocat de M. B, une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Pielberg renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et les conclusions présentées pour la CAF de la Vienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au département de la Vienne et à Me Pielberg.

Copie en sera adressée la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

B. HENRY

La greffière,

Signé

D. GERVIERLa République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet de la Vienne en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

Signé

D. GERVIER

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