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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201048

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201048

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201048
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELAFA CABINET CASSEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 avril 2022, le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI), représenté par la SELAFA Cabinet Cassel, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers à lui verser la somme de 50 884,94 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 février 2022 ;

2°) de mettre à la charge du CHU de Poitiers la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité du CHU de Poitiers est engagée à raison des fautes commises dans le cadre de la prise en charge de Mme C lors de son opération du 20 février 2018, ayant entraîné son décès ;

- il est subrogé dans les droits des victimes par ricochet de ce décès, sur le fondement de l'article 706-11 du code de procédure pénale, à hauteur de la somme totale de 50 884,94 euros qu'il leur a versée en application de la décision de la Commission d'indemnisation des victimes d'infractions (CIVI) du 4 décembre 2020 ;

- le préjudice indemnisé par le juge judiciaire devant la commission d'indemnisation étant identique à celui dont il est demandé réparation devant le juge administratif, il y a lieu de reprendre le montant qu'il a versé aux victimes pour le mettre à la charge du CHU de Poitiers.

Par un mémoire enregistré le 5 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Charente-Maritime, agissant pour le compte de la CPAM de la Vienne, demande au tribunal de condamner le CHU de Poitiers à lui verser la somme de 4 515,77 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date du jugement à intervenir, ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion de 1 114 euros.

Elle soutient que :

- la responsabilité du CHU de Poitiers est engagée pour faute en application des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, en raison tant de l'hospitalisation inutile de Mme C entre le 12 et le 14 février 2018 que de son décès ;

- elle a été amenée à prendre en charge les frais de soins nécessités par les hospitalisations de Mme C pour un montant de 2 233,14 euros concernant la période du 12 au 14 février 2018, un montant similaire pour la période du 19 au 20 février 2018 et un montant de 49,49 euros au titre des frais pharmaceutiques, selon l'attestation d'imputabilité établie le 14 novembre 2019 par le médecin-conseil recours contre tiers ;

- elle est également fondée à solliciter au CHU de Poitiers le remboursement de l'indemnité forfaitaire de 1 114 euros, en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2022, le CHU de Poitiers, représenté par la SCP d'avocats Normand et Associés, conclut, à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'une nouvelle expertise judiciaire soit ordonnée, ou, à titre infiniment subsidiaire, à la diminution d'une part, de l'indemnisation demandée par le FGTI à la somme de 12 519,458 euros et du montant qu'il a sollicité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à 1 000 euros, et, d'autre part, du remboursement de la CPAM au montant de 2 282,63 euros.

Il soutient que :

- à titre principal, aucune faute ne peut lui être reprochée dans la gestion de la complication hémorragique subie par Mme C lors de l'opération du 20 février 2018, et les experts ont refusé, à tort, de tenir compte dans leurs conclusions de l'état de santé antérieur de la patiente, qui a contribué de manière certaine à son décès, dès lors qu'elle était atteinte de nombreuses et importantes comorbidités, l'hémorragie étant survenue en raison des artères sténosées de Mme C, dont l'espérance de vie était inférieure à cinq ans ;

- à titre subsidiaire, le rapport d'expertise étant lacunaire et inexploitable en ce qu'il ne tient pas compte de l'état de santé antérieur de Mme C, il y a lieu d'ordonner une nouvelle expertise à réaliser par un médecin spécialisé en chirurgie vasculaire ;

- à titre infiniment subsidiaire :

o les demandes du FGTI, manifestement excessives, doivent correspondre à une part de responsabilité du CHU limitée à 70 % dans la survenue du dommage, et, s'agissant des préjudices, doivent être ramenées à de plus justes proportions dans leur principe, en excluant le préjudice d'attente et d'inquiétude, ainsi que dans leur quantum, en fixant à 5 500 euros pour chaque fille de Mme C l'indemnisation de leur préjudice d'affection, correspondant à un montant total de réparation de 12 519,458 euros en tenant compte du partage de responsabilité, et en allouant au FGTI un montant de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

o les débours de la CPAM doivent être limités au montant de 2 233,14 euros correspondant à l'hospitalisation du 12 au 14 février 2018, à l'exclusion, en l'absence de faute du CHU, de la période du 19 au 20 février 2018, portant la somme totale à rembourser à la CPAM à 2 282,63 euros, à laquelle s'ajoute l'indemnité forfaitaire de gestion.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 1901077 du 5 novembre 2019 par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par Mrs. Jean-François B et Jean-Marie Fiquet, sapiteur.

Vu :

- le code pénal ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de la santé publique ;

- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gibson-Théry,

- les conclusions de Mme Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique,

- et les observations de Me Denize, représentant le CHU de Poitiers.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E C a été hospitalisée au CHU de Poitiers pour anévrisme de l'aorte abdominale, d'abord du 12 au 14 février 2018, puis, en l'absence du matériel nécessaire à la réalisation de l'intervention, le 20 février 2018, date à laquelle elle est décédée lors de l'opération chirurgicale qui devait consister en la pose d'une endoprothèse. Par une ordonnance n° 1901077 du 8 juillet 2019, le président du tribunal a ordonné une expertise médicale afin, notamment, de déterminer les raisons du décès de Mme C. Le médecin expert désigné et son sapiteur ont rendu leur rapport d'expertise le 11 septembre 2019. Par une décision du 4 décembre 2020, la CIVI, sur requête de Mmes D et A C, les filles de Mme E C, a alloué à la première une somme totale de 27 797,94 euros et à la seconde une somme totale de 22 587 euros en réparation des préjudices qu'elles ont subis du fait du décès de leur mère, ainsi qu'une somme de 1 000 euros chacune au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Par sa requête, le FGTI demande la condamnation du CHU de Poitiers à lui rembourser la somme de 50 884,94 euros qu'il a versée aux filles de Mme C.

Sur l'étendue de la subrogation du FGTI :

2. En vertu des articles 706-3 et 706-4 du code de procédure pénale, toute personne ayant subi un préjudice résultant de faits volontaires ou non qui présentent le caractère matériel d'une infraction peut, lorsque certaines conditions sont réunies, obtenir la réparation intégrale des dommages qui résultent des atteintes à la personne auprès d'une commission d'indemnisation des victimes d'infractions, juridiction civile instituée dans le ressort de chaque tribunal de grande instance qui peut prendre sa décision avant qu'il soit statué sur l'action publique ou sur les intérêts civils. L'indemnité correspondante est alors versée par le Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions. Selon le premier alinéa de l'article 706-11 du code de procédure pénale, le Fonds " est subrogé dans les droits de la victime pour obtenir des personnes responsables du dommage causé par l'infraction ou tenues à un titre quelconque d'en assurer la réparation totale ou partielle le remboursement de l'indemnité ou de la provision versée par lui, dans la limite du montant des réparations à la charge desdites personnes ".

3. Il résulte de l'instruction que le FGTI a alloué, sur le fondement de la décision de la CIVI du 4 décembre 2020, d'une part, à Mme D C une somme totale de 27 797,94 euros soit 2 000 euros au titre de son préjudice d'attente, d'angoisse et d'inquiétude, 20 000 euros au titre de son préjudice d'affection, et 5 297,94 euros au titre des frais d'obsèques, et, d'autre part, à Mme A C une somme totale de 22 587 euros, soit 2 000 euros au titre de son préjudice d'attente, d'angoisse et d'inquiétude, 20 000 euros au titre de son préjudice d'affection, et 587 euros au titre des frais de concession perpétuelle, ainsi qu'une somme de 1 000 euros chacune au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Il s'ensuit que le FGTI est subrogé dans les droits de Mmes C pour obtenir le remboursement par le CHU des sommes ainsi versées.

Sur la responsabilité du CHU de Poitiers :

4. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

5. Il résulte de l'instruction qu'un scanner thoraco-abdomino-pelvien pratiqué le 4 décembre 2017 sur Mme C, par ailleurs atteinte de nombreuses et importantes comorbidités parmi lesquelles un diabète de type II, une hypertension artérielle et une insuffisance rénale chronique stade IV, a révélé un anévrisme de l'aorte abdominale, donc " viscérale ", au-dessus des artères rénales, englobant l'origine de l'artère mésentérique supérieure. L'angioscanner du 20 décembre 2017 a confirmé l'anévrisme aortique sus rénal, que l'expert qualifie de " particulier et de taille inquiétante ", en précisant qu'il était accompagné d'une occlusion du tronc coeliaque de l'artère rénale droite et de l'artère mésentérique inférieure. Les experts relèvent qu'à ce stade, les dimensions pour le diamètre de l'anévrisme sont discordantes dès lors qu'elles ont été mesurées à 48 mm par le radiologue et à 70 mm par le chirurgien vasculaire dans son rapport, puis 77 mm dans son compte-rendu opératoire, les experts l'ayant quant à eux mesuré à 60 mm. A la suite de ces examens, Mme C, dont l'insuffisance rénale justifiait une dialyse péritonéale, a tout d'abord été hospitalisée quelques jours en janvier 2018 pour traiter une infection qui s'était déclarée dans le liquide de dialyse péritonéale. Cette prise en charge, qui s'est déroulée, selon l'expert sapiteur, dans les règles de l'art et a permis la résorption de l'infection, n'a d'après lui strictement eu " aucune incidence sur le décès de la patiente ". Une opération a été programmée en février 2018 afin de curer l'anévrisme de l'aorte abdominale. A cette fin, le bilan biologique, réalisé le 30 janvier 2018, révèle, selon l'expert, une insuffisance cardiaque qui s'est progressivement aggravée, mais qui n'a pas été mentionnée dans le dossier de la patiente. Lors de l'opération chirurgicale prévue le 13 février 2018, Mme C a été endormie et les incisions nécessaires ont été réalisées, mais il s'est avéré qu'il manquait du matériel pour effectuer l'opération, qui a donc été reportée au 20 février suivant. Lors de cette seconde opération, menée à son terme, une hémorragie abondante est survenue par rupture de l'artère iliaque externe gauche, provoquant le décès de Mme C, après deux arrêts cardiaques. En vertu de l'expertise, la cause directe du décès réside dans le désamorçage de la pompe cardiaque du fait de l'importance des pertes sanguines à défaut de préparation de l'artère iliaque externe par une angioplastie par dilatation, vu la réduction de son calibre avant la mise en place de l'introducteur, ayant entraîné la rupture de la paroi artérielle. L'expert en conclut que " la gestion de la complication hémorragique n'est pas conforme aux règles de l'art et aux données acquises de la science ".

6. Si le CHU soutient que les conclusions expertales sont en inadéquation avec quelques-unes des propres constatations des experts, d'après lesquelles la gestion de la complication hémorragique qui s'est produite était " certes délicate et stressante " et que l'état de santé précaire de Mme C pouvait être intervenu " dans sa genèse " et " pour une part " dans la cause du décès, il résulte pourtant sans aucune ambiguïté de l'expertise que le décès de Mme C est survenu à la suite d'un second arrêt cardiaque en raison d'une hémorragie importante qui a empêché la pompe cardiaque de fonctionner. A cet égard, l'expert a également relevé que la solution thérapeutique mise en œuvre par le chirurgien vasculaire pour juguler l'hémorragie, qui a consisté à employer un guide par voie axillaire droite, n'était pas adaptée, et qu'il aurait fallu monter un ballon gonflable " Coda " à l'origine du jambage iliaque sur le guide initial, permettant ainsi d'occlure le flux artériel et de " presque stopper l'hémorragie ". Or, l'expert indique, sans être contredit par le CHU, que l'utilisation d'un guide par voir axillaire droite n'a pu être décidée qu'en raison de ce que le guide initial avait été retiré, alors qu'à ce stade de l'opération, il aurait dû être encore en place. En outre, après constatation des dégâts au niveau fémoral, l'expert observe qu'une conversion chirurgicale par un court abord sous péritonéal avec endoclampage iliaque gauche ou clampage à la volée aurait été possible et souhaitable, afin d'effectuer un pontage ilio-fémoral gauche prothétique rapidement, comme celui qui a finalement été pratiqué, mais trop tardivement. En outre, si le CHU fait valoir que l'hémorragie ne se serait pas produite si les artères de Mme C n'avait pas été, compte tenu de son état de santé, sténosées, rendant ainsi l'intervention chirurgicale compliquée, il résulte de ce qui vient d'être dit que seule la gestion de l'hémorragie est à l'origine du décès, les incidents ayant émaillé l'opération auparavant, tenant à la difficulté pour pousser l'introducteur 18 F (d'un diamètre de 6 mm) à gauche dans l'artère iliaque externe et à l'absence de déploiement du premier stent couvert dans l'artère mésentérique supérieure obligeant à en mettre en place un second plus long, n'ayant pas, en tant que tels, provoqué le décès. Enfin, la circonstance que l'espérance de vie de Mme C était, en tout état de cause et au regard de son état de santé dégradé, limitée, est sans influence sur l'origine de son décès sur la table d'opération, que la CIVI dans sa décision du 4 décembre 2020 a, au surplus, qualifié d'homicide involontaire, en jugeant que " les termes de l'expertise permettent de constater que des fautes ont été commises lors du traitement et de l'opération de Mme C, à travers des manquements aux règles de l'art, et que ces manquements sont à l'origine directe du décès de cette dernière ". Dans ces conditions, malgré les nombreuses comorbidités dont Mme C souffrait, il résulte de l'instruction que son décès a été causé directement par plusieurs erreurs commises dans la gestion de son hémorragie, dont le caractère délicat et stressant, régulier dans le métier de chirurgien vasculaire d'après l'expertise, ne permet pas d'écarter la faute médicale ainsi commise, de nature à engager la responsabilité du CHU de Poitiers.

Sur les préjudices :

En ce qui concerne les préjudices du FGTI :

7. La nature et l'étendue des réparations incombant à une collectivité publique ne dépendent pas de l'évaluation du dommage faite par l'autorité judiciaire dans un litige auquel cette collectivité n'a pas été partie, mais doivent être déterminées par le juge administratif compte tenu des règles relatives à la responsabilité des personnes morales de droit public, et indépendamment des sommes qui ont pu être exposées par le fonds requérant à titre de provision, d'indemnités ou d'intérêts.

8. D'une part, Mmes D et A C ont subi un préjudice d'affection du fait du décès de sa mère à la suite de la mauvaise gestion de son hémorragie dont est responsable le centre hospitalier, qui sera justement évalué en le fixant au montant de 6 500 euros pour chaque fille. Il résulte également de l'instruction qu'elles ont subi un préjudice d'angoisse particulier, du fait de la durée de l'opération, de plus de sept heures alors qu'elle aurait dû durer seulement quatre heures, dont il sera fait une juste évaluation à hauteur de 2 500 euros chacune. Dans ces conditions, l'indemnisation de ces deux préjudices doit être fixée à la somme totale de 18 000 euros.

9. D'autre part, les frais et dépens qu'a définitivement supportés une personne en raison d'une instance judiciaire dans laquelle elle était partie, sont au nombre des préjudices dont elle peut obtenir réparation devant le juge administratif de la part de l'auteur du dommage, sauf dans le cas où ces frais et dépens sont supportés en raison d'une procédure qui n'a pas de lien de causalité directe avec le fait de cet auteur. Il résulte de l'instruction que les frais non compris dans les dépens supportés par le FGTI dans le cadre de l'instance portée devant la CIVI, à hauteur de 1 000 euros, doivent être compris dans le préjudice dont il est fondé à demander réparation au CHU de Poitiers.

10. Le FGTI a droit aux intérêts au taux légal sur l'indemnité totale de 19 000 euros à compter de la date de réception de sa demande préalable du 3 février 2022 par le CHU de Poitiers.

En ce qui concerne les débours de la CPAM :

11. D'une part, il résulte de ce qui précède et de l'attestation d'imputabilité que seuls les frais d'hospitalisation et pharmaceutiques exposés par la CPAM de la Vienne au titre de l'hospitalisation des 19 et 20 février 2018 sont en lien direct avec le décès de Mme C. Par suite, le CHU de Poitiers doit être condamné à rembourser à la CPAM de la Charente-Maritime la somme de 2 282,63 euros, ainsi que l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, dont le montant a été fixé à 1 191 euros par l'arrêté du 18 décembre 2023 visé ci-dessus.

12. D'autre part, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution. Ainsi, la demande de la CPAM tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date du présent jugement, des intérêts au taux légal sur la somme que le CHU de Poitiers est condamné à lui verser, est dépourvue de tout objet et doit donc être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

13. D'une part, par son ordonnance n° 1901077 du 5 novembre 2019, le président du tribunal administratif de Poitiers a mis à la charge du CHU de Poitiers les frais de l'expertise ordonnée en référé le 8 juillet 2019, liquidés et taxés à la somme de 5 475 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, de laisser ces frais à la charge définitive du CHU de Poitiers.

14. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Poitiers une somme de 1 600 euros au titre des frais exposés par le FGTI et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le CHU de Poitiers est condamné à payer au FGTI la somme de 19 000 euros. Cette somme portera intérêts à compter de la date de réception de la demande préalable d'indemnisation du 3 février 2022 par le CHU de Poitiers.

Article 2 : Le CHU de Poitiers est condamné à verser à la CPAM de la Charente-Maritime la somme de 2 282,63 euros au titre de ses débours, et la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 3 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 5 475 euros par ordonnance du 5 novembre 2019 sont mis à la charge définitive du CHU de Poitiers.

Article 4 : Le CHU de Poitiers versera au FGTI une somme de 1 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié au Fonds de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions, au centre hospitalier universitaire de Poitiers et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime.

Une copie en sera adressée à l'expert, M. B.

Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERY

Le président,

Signé

P. CRISTILLELa greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef,

La greffière

N. COLLET

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