mardi 24 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201500 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juin 2022, Mme E D, représentée par Me Dossou-Gbete, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 septembre 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension militaire d'ayant cause ;
2°) de condamner l'administration au versement d'une pension militaire de réversion à compter du décès de son mari, assortie des intérêts au taux légal ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les conditions d'antériorité de son mariage sont satisfaites dès lors qu'elle a eu un enfant de son union avec son époux A.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- Mme D ne remplit pas les conditions prévues par l'article L. 64 du code des pensions civiles et militaires de retraite en vigueur le 8 janvier 1962, date du décès du pensionné, pour bénéficier d'une pension de réversion car le mariage est postérieur à la radiation des contrôles de l'armée active de M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les conclusions de M. Henry, rapporteur public ;
- et les observations de Mme B, représentant le ministre des armées et des anciens combattants.
Considérant ce qui suit :
1. Le caporal A, ressortissant tchadien né en 1895, a bénéficié d'une pension militaire de retraite proportionnelle à compter du 12 septembre 1940. Il est décédé le 8 janvier 1962. Mme E D a demandé, le 26 août 2019, le bénéfice d'une pension de réversion du chef de ce militaire décédé. Elle sollicite l'annulation de la décision du 7 septembre 2021 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande.
2. Il y a lieu de faire application des dispositions du code des pensions civiles et militaires de retraite relatives aux pensions des ayants cause applicables à la date du décès de l'ayant droit. L'article L. 64 du code des pensions civiles et militaires de retraite issu de la loi du 20 septembre 1948 et applicable à la date du 8 janvier 1962 dispose que : " Sont applicables aux ayants cause de militaires () les dispositions du chapitre Ier du présent titre, à l'exception de celles visées au premier alinéa a et b de l'article L. 55, qui sont remplacées par les suivantes : Le droit à pension de veuve est subordonné à la condition : a) Que le mariage ait été contracté deux ans au moins avant la cessation de l'activité du mari, sauf si un ou plusieurs enfants sont issus du mariage antérieur à ladite cessation, lorsque le mari a obtenu ou pouvait obtenir, soit une pension d'ancienneté, soit une pension proportionnelle () ; b) Que le mariage ait été contracté avant l'évènement qui a amené la radiation des cadres ou la mort du mari () ".
3. A la date du 8 janvier 1962, l'article L. 64 du code des pensions civiles et militaires de retraite, combiné à l'article L. 55 de ce même code dans sa version alors en vigueur, excluait du droit à pension de réversion les veuves dont le mariage avait été célébré postérieurement à la cessation d'activité du conjoint titulaire de la pension, sans tenir compte de ce que des enfants seraient issus du mariage.
4. Il est constant que M. A a cessé son activité dans l'armée française le 12 septembre 1940 et qu'il est décédé le 8 janvier 1962 alors qu'il était titulaire d'une pension militaire de retraite proportionnelle. Il résulte de l'instruction que le mariage entre la requérante et M. A a été célébré le 12 mars 1960, soit postérieurement à la radiation des contrôles de l'armée active de son époux décédé. Mme D ne remplit donc pas les conditions prévues par les dispositions de l'article L. 64 du code des pensions civiles et militaires de retraite en vigueur le 8 janvier 1962 pour bénéficier d'une pension militaire de réversion.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision attaquée. Il y a lieu, par suite, de rejeter sa requête, y compris les conclusions présentées à fin d'injonction et au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D et au ministre des armées et des anciens combattants.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
I. C Le greffier en chef,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef
Signé
S. GAGNAIRE
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