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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201604

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201604

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201604
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de Mme C, qui contestait le refus du département de la Charente de lui attribuer une allocation mensuelle de 200 euros au titre de l’aide sociale à l’enfance. La requérante soutenait que d’autres charges courantes devaient être déduites de ses ressources pour établir son éligibilité. Le tribunal a jugé que les charges déductibles sont limitativement énumérées par le règlement départemental d’action sociale et que les dépenses invoquées (nourriture, transports, assurances) n’en font pas partie. Constatant que les ressources nettes du foyer excédaient de 331 euros le plafond applicable, le tribunal a estimé que le président du conseil départemental n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation. La requête a été rejetée sans qu’il soit nécessaire d’examiner sa recevabilité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 juillet 2022, Mme A C demande au tribunal d'annuler la décision du 29 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Charente a rejeté son recours gracieux contre la décision du 17 mars 2022 refusant de lui attribuer une allocation mensuelle d'un montant de 200 euros dans le cadre de l'aide sociale à l'enfance.

Elle soutient qu'il convient de déduire des ressources nettes de charges du foyer prises en compte par l'administration pour calculer son éligibilité à l'aide, d'autres dépenses courantes et qu'au regard de l'ensemble ces charges, l'aide en litige lui est réellement nécessaire, alors que son foyer est composé de six personnes.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2022, le département de la Charente conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable pour défaut de production de l'acte attaqué d'une part et pour défaut de moyens et de conclusions d'autre part ;

- aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C demande l'annulation de la décision 29 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Charente a rejeté son recours gracieux contre la décision du 17 mars 2022 refusant de lui attribuer une allocation mensuelle d'un montant de 200 euros dans le cadre de l'aide sociale à l'enfance.

2. Le règlement départemental d'action sociale du département de la Charente prévoit dans le cadre du soutien au parents prévus au chapitre 2.2.1.I des aides financières destinées aux familles dont les ressources sont insuffisantes pour assurer l'entretien ou l'éduction d'un enfant. Cette aide financière peut prendre la forme d'une allocation mensuelle. L'aide financière est attribuée sur la base d'une évaluation sociale établie avec le demandeur. Le règlement précise dans son article 54 que, pour bénéficier de l'allocation mensuelle : " les ressources du demandeur ne doivent pas dépasser sauf exception un certain plafond indexé sur le minimum garanti et calculé en fonction d'un barème actualisé chaque année. Le nombre de personne au foyer détermine pour partie le plafond de ressources. Sont déduits des ressources dans une certaine limite les charges suivantes : loyers (sans les charges et sans déduction des aides au logement) ; prêts CAF ; EDG/GDF par mois et/ou frais de chauffage. Le résultat obtenu donne un solde inférieur égal ou supérieur à zéro. Ce solde, ainsi que l'objet de la demande, son contexte, son contenu, l'argumentaire, la fréquence et le montant sollicité sont autant de facteurs qui permettent la prise de décision ". Le règlement fixe, pour les aides financières au titre de l'aide sociale à l'enfance, le " plafond de ressources toutes déductions faites " pour un foyer composé de trois enfants à hauteur de 1 147 euros au 1er janvier 2022.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a formé le 2 mars 2022 une première demande d'aide mensuelle au titre de l'aide sociale faisant état d'un foyer composé de deux parents et de quatre enfants dont deux majeurs nés en 2001 et en 2005. L'enfant majeur né en 2001 bénéficie de l'allocation adulte handicapé qui a été prise en compte par la caisse d'allocations familiales dans les ressources du foyer. Les trois autres enfants, y compris le second enfant majeur né en 2005, sont scolarisés. L'aide en litige a été refusée à Mme C au motif que les ressources, déduction faite des charges de son foyer qui s'élèvent à 1 478 euros, dépassent de 331 euros le plafond de ressources déduction faite des charges de 1 147 euros prévu par les dispositions citées au point 2. Les charges ainsi déduites par l'administration des ressources de Mme C concernent deux prêts, l'action logement et les dépenses énergétiques.

4. Mme C ne conteste pas le plafond de ressources déduction faite des charges d'un montant de 1 147 euros pris en compte par l'administration qui correspond à un foyer de trois enfants à charge. Elle fait néanmoins valoir qu'il convient de déduire des ressources nettes de charges du foyer calculées par l'administration à hauteur de 1 478 euros, d'autres dépenses notamment la nourriture, les cartes de bus des enfants, la cantine de l'école, la téléphonie, la taxe foncière, les assurances de la maison et de la voiture ainsi que d'autres frais, qui dépassent l'excédent de 331 euros relevé par l'administration de sorte qu'elle aurait la nécessité d'obtenir l'aide en litige, alors que son foyer est composé de six personnes.

5. D'une part, les dépenses supplémentaires invoquées par la requérante ne relèvent pas des charges déductibles des ressources pour le calcul de l'éligibilité à l'aide qui sont énumérées limitativement par les dispositions du règlement département d'action sociale citée au point 2.

6. D'autre part, alors que les ressources déduction faite des charges du foyer de Mme C excède de plus 331 euros le plafond donnant droit à l'éligibilité à l'aide, le président du conseil département n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui accorder l'aide en litige à titre d'exception.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur sa recevabilité.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à au département de la Charente.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. BLa greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

La greffière

Signé

G. FAVARD

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