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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2201641

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2201641

jeudi 4 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2201641
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantSCP BCJ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a statué sur la demande de Mme A, qui sollicitait une remise gracieuse sur un trop-perçu d'aide personnelle au logement de 759 euros. Le tribunal a annulé les décisions de remises partielles de la CAF de la Vienne et accordé une remise supplémentaire de 25% (soit 430,25 euros), en application des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale. Cette solution a été retenue en raison de la bonne foi non contestée de la requérante et de sa situation de précarité avérée (arrêt maladie, chômage du concubin). Le surplus de sa demande a été rejeté.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2022, Mme C A demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette de 759 euros relative au solde d'un trop-perçu d'aide personnelle au logement.

Elle soutient que :

- le trop-perçu provient d'une erreur informatique causée par la caisse d'allocations familiales ;

- ses revenus ne lui permettant pas de régler cette dette, alors qu'elle est en arrêt de longue maladie depuis huit mois.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 août 2023, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP Brossier-Carré-Joly conclut à titre principal au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que la décharge prononcée soit limitée à 10% maximum des sommes dues.

Elle fait valoir que la requérante ne justifie pas être dans l'incapacité financière de s'acquitter des sommes laissées à sa charge après les décisions de remise gracieuse de 50% du montant initial des dettes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse des dettes de 759 euros et 101,50 euros correspondant à un trop-perçu d'aide personnelle au logement au titre des mois de janvier à août 2021, qui ont été laissées à sa charge sur un montant initial respectivement de 1 518 et 203 euros après les décisions de remises gracieuses partielles prises par la caisse d'allocations familiales de la Vienne le 14 avril 2022.

2. En vertu des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, tout paiement indu d'une aide personnelle au logement est récupéré par l'organisme chargé de son service. La créance peut néanmoins être remise ou réduite par cet organisme en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si elle résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.

3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse.

4. Il résulte de l'instruction que la dette en litige est la conséquence de la prise en compte tardive par les services de la caisse d'allocations familiales de la Vienne de la modification de la situation de Mme A qui conduisait à intégrer les revenus de son concubin dans le calcul de ses droits à l'aide personnelle au logement. La bonne foi de Mme A n'est pas contestée par l'administration. Mme A fait par ailleurs valoir qu'elle est en arrêt de longue maladie et que son époux, qui est au chômage, bénéficie de l'aide au retour à l'emploi. Les justificatifs produits des revenus du foyer, notamment les relevés de compte bancaire, les justificatifs de versements des indemnités journalières perçues par Mme A et de l'aide au retour à l'emploi perçue par son concubin permettent d'établir la situation de précarité qu'invoque la requérante. Dans ces conditions, il y a lieu d'accorder à Mme A une remise gracieuse supplémentaire de 25% des sommes initialement mises à sa charge, soit 379,50 euros et 50,75 euros.

5. Il résulte de ce qui précède que les décisions de remises gracieuses partielles du 14 avril 2022 doivent être annulées, et que Mme A est en droit de prétendre, au titre de l'indu d'allocation personnelle au logement des mois de de janvier à août 2021, à la décharge d'une somme totale de 430,25 euros. Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

D É C I D E :

Article 1 : Les décisions de remises gracieuses partielles du 14 avril 2022 sont annulées.

Article 2 : Il est accordé à Mme A la décharge de la somme totale de 430,25 euros.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. BLa greffière,

Signé

G. FAVARD

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour le greffier en chef

La greffière

Signé

G. FAVARD

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