lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2201866 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2022, Mme B C demande au tribunal d'annuler la décision du 26 juillet 2022 par laquelle la commission de médiation de la Charente-Maritime a rejeté son recours gracieux formé contre la décision rejetant sa demande en vue d'une offre de logement dans les conditions prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
Elle soutient qu'elle ne dispose plus d'hébergement depuis le 29 août 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 octobre 2022, le préfet de la Charente-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la décision de la commission de médiation est justifiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C demande l'annulation de la décision du 26 juillet 2022 par laquelle la commission de médiation de la Charente-Maritime a rejeté son recours gracieux formé contre la décision rejetant sa demande en vue d'une offre de logement dans les conditions prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
2. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant, mentionné à l'article 1er de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, est garanti par l'Etat à toute personne qui, résidant sur le territoire français de façon régulière et dans des conditions de permanence définies par décret en Conseil d'Etat, n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. Ce droit s'exerce par un recours amiable puis, le cas échéant, par un recours contentieux dans les conditions et selon les modalités fixées par le présent article et les articles L. 441-2-3 et L. 441-2-3-1 ".
3. Aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. Elle peut être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur, de bonne foi, est dépourvu de logement, menacé d'expulsion sans relogement, hébergé ou logé temporairement dans un établissement ou un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, logé dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux. Elle peut également être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. (). Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnait prioritaires et auxquels un logement doit être attribué en urgence. Elle détermine pour chaque demandeur, en tenant compte de ses besoins et de ses capacités, les caractéristiques de ce logement. Elle notifie par écrit au demandeur sa décision qui doit être motivée () ".
4. Les recours contre les décisions des commissions de médiation sur les demandes d'une personne tendant à être déclarée prioritaire et devant être logée d'urgence relèvent du contentieux de l'excès de pouvoir. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi d'un recours formé à l'encontre d'une décision de la commission de médiation refusant à un demandeur de le reconnaître prioritaire pour l'accès à un logement décent et indépendant dans le cadre du droit garanti par l'État selon les dispositions de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation, d'apprécier l'urgence et le caractère prioritaire de la demande de logement à la date de la décision attaquée.
5. Mme C a présenté le 21 mars 2022 devant la commission départementale de médiation du droit au logement opposable une demande tendant à l'attribution d'un logement social au motif qu'elle n'avait obtenu aucune proposition depuis le mois de février 2021. Elle demandait alors un T2 avec jardin à La Rochelle, où elle suit un protocole antidouleur et où résident ses proches, tout en faisant valoir qu'elle ne disposait pas par ailleurs de solution d'hébergement pérenne. Par décision du 21 juillet 2022, la commission départementale de médiation a rejeté cette demande aux motifs que sa demande était très sélective jusqu'au 23 avril 2022, avec uniquement quatre quartiers de La Rochelle demandés, ce qui expliquait le délai anormalement long sans proposition de logement par les bailleurs sociaux et que l'élargissement de sa demande à d'autres communes n'avait pas eu le temps de produire ses effets. Le 26 juillet 2022, après recours gracieux, la commission de médiation a confirmé ce rejet pour le même motif tiré du caractère très restreint jusqu'à récemment de la demande de l'intéressée.
6. Pour contester cette décision la requérante fait valoir qu'elle ne dispose plus d'hébergement depuis le 29 août 2022. Cette circonstance est toutefois sans incidence sur la légalité de la décision en litige qui doit s'apprécier à la date à laquelle elle a été prise le 26 juillet 2022. A cette date, le préfet de la Charente-Maritime n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point 3 en considérant que la condition de priorité et d'urgence n'était pas établie au regard du caractère géographique très restrictif de la demande de C jusqu'au 23 avril 2022. Par conséquent, et quand bien même sa demande a ensuite été élargie à quatorze quartiers, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige de la commission de médiation est illégale.
7. La requête de Mme C doit par suite être rejetée.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au préfet de la Charente-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. ALe greffier,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef
S. GAGNAIRE
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