mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202016 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 17 août 2022, le 16 mars 2023 et le 14 août 2024, après réouverture implicite de l'instruction, M. B A demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019 et 2020, ainsi que des intérêts de retard dont ces impositions ont été assorties, d'un montant total de 1 174 euros ;
2°) d'enjoindre à l'administration fiscale de procéder au remboursement de cette somme.
Il soutient que le bien immobilier situé 8 rue des Remberges à Angoulême (Charente), dont il est propriétaire, est destiné à la location et ne constitue pas sa résidence secondaire ; c'est en raison de problèmes graves d'infiltration et de difficultés matérielles que ce bien n'a pas pu être loué entre octobre 2017 et août 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- le requérant ne soulève aucun moyen visant à contester d'autres chefs de rectification que celui concernant la remise en cause du déficit foncier de 2019 et 2020 de l'immeuble situé 8 rue des Remberges à Angoulême. Les conclusions à fin de décharge sont donc recevables uniquement dans la limite de ce chef de rectification, soit dans la limite de 817 euros ;
- le moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Raveneau,
- et les conclusions de M. Pipart, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'un contrôle sur pièces portant sur les déclarations de revenus fonciers de M. B A, concernant quatre biens immobiliers dont il est propriétaire, ce dernier a fait l'objet le 31 janvier 2022 d'une rectification de ses bases imposables à l'impôt sur le revenu au titre des années 2019 et 2020. M. A demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquelles il a été assujetti, à ce titre, au titre des années 2019 et 2020 ainsi que des intérêts de retard dont ces impositions ont été assorties et qu'il conteste à hauteur de 1 174 euros.
2. Aux termes des dispositions du II de l'article 15 du code général des impôts : " Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. () ". Aux termes de l'article 28 de ce code : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ".
3. Il résulte de ces dispositions que les charges afférentes aux logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne peuvent pas venir en déduction pour la détermination du revenu foncier compris dans le revenu global soumis à l'impôt sur le revenu. La réserve de jouissance est établie, notamment, par l'accomplissement ou non de diligences ayant pour objet de donner le bien en location. Il appartient donc au propriétaire d'apporter la preuve qu'il a offert à la location pendant l'année en cause le logement resté vacant au titre duquel il demande la déduction de charges foncières, et qu'il a pris toutes les dispositions nécessaires pour le louer.
4. En premier lieu, l'administration fiscale a remis en cause, en application des dispositions précitées du II de l'article 15 du code général des impôts précité, la déduction opérée par le requérant au titre des années 2019 et 2020 de certaines charges afférentes à l'utilisation de l'immeuble dont il est propriétaire, situé 8 rue des Remberges à Angoulême, au motif que l'intéressé a reconnu s'être réservé la jouissance de ce logement.
5. Si M. A soutient que ce logement est resté inoccupé entre octobre 2017 et août 2021 en raison, d'une part, d'un problème récurrent d'infiltration d'eau qui l'aurait rendu inhabitable au cours des années d'imposition litigieuses et, d'autre part, du délai d'intervention particulièrement long d'un professionnel au cours de la période de crise sanitaire liée à l'épidémie de covid-19, l'intéressé, à qui incombe la charge de la preuve, n'établit pas, par les documents qu'il produit, que l'état de l'immeuble en cause ne permettait pas sa location avant l'année 2021. En particulier, il ne démontre ni la gravité des désordres affectant son bien, ni l'importance des travaux à réaliser pour y mettre fin, de sorte que le caractère inhabitable de cet immeuble pendant la période d'imposition en litige n'est pas établi. En ne produisant par ailleurs qu'une seule facture, émise par la société RENOV le 31 mars 2021, relative à la réfection de la toiture de l'immeuble, il ne justifie pas non plus qu'il aurait accompli, à l'époque, des diligences suffisantes, notamment en prenant l'attache d'autres professionnels du secteur, pour mettre son bien en location dans les meilleurs délais.
6. Dans ces conditions, le requérant doit être regardé comme s'étant réservé la jouissance du bien immobilier en cause pendant la période d'imposition, nonobstant la circonstance qu'il n'aurait pas, dans les faits, occupé ce bien à titre de résidence secondaire. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a remis en cause les déficits fonciers litigieux déclarés sur ce bien immobilier et procédé à la rectification des impôts sur le revenu du requérant au titre des années 2019 et 2020.
7. En second lieu, M. A ne soulève aucun moyen visant à contester les autres chefs de rectification dont il a fait l'objet.
8. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration fiscale, la requête de M. A doit être rejetée ainsi qu'en tout état de cause, ses conclusions à fin de remboursement des sommes qu'il allègue avoir acquittées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Raveneau, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
F. RAVENEAU
Le président,
Signé
L. CAMPOY
La greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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