vendredi 2 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202119 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL BENDJEBBAR-LOPES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 août 2022, Mme F K, représentée par Me Lopes, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 6 juillet 2022 par laquelle le préfet de la Charente-Maritime a accordé le concours de la force publique pour procéder à son expulsion du logement situé 61 boulevard de la Falaise à Vaux sur Mer à compter du 1er septembre 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son état de santé ne lui permet pas d'envisager un déménagement et que ses revenus ne lui permettant pas de trouver facilement une solution de relogement dans le parc locatif privé de l'agglomération royannaise ; en outre, l'exécution de la décision ne préjudicie pas de manière grave et immédiate à un intérêt public dans la mesure où elle est coïndivisaire du bien qu'elle occupe, si bien que les autres coïndivisaires ne pourraient, si elle en était expulsée, le donner à bail sans son accord ;
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ; en effet, le préfet aurait dû refuser de prêter le concours de la force publique compte tenu de son âge, de son état de santé, de ses ressources modestes, et de la circonstance que la commune de Royan s'apprête à exécuter le jugement du 4 décembre 2013 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a annulé l'arrêté du 5 juin 2008 prononçant sa mise à la retraite d'office et a enjoint à la commune de Royan de la réintégrer dans ses fonctions à compter du 1er juin 2008.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 août 2022 sous le numéro 2202120 par laquelle Mme K demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. H pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F K est coïndivisaire d'un appartement situé 61 boulevard de la Falaise à Vaux sur Mer, dépendant de la succession de sa mère Mme G E, décédée le 7 mars 2017. Elle occupe ce bien malgré l'opposition des autres coïndivisaires. Par une ordonnance du 11 juin 2019, le juge des référés du tribunal de grande instance de Saintes, saisi par M. A K, M. B K, M. I M, M. D M et Mme J K, a ordonné à Mme F K de libérer ce logement au plus tard le 11 septembre 2019. Par une décision du 6 juillet 2022, le préfet de la Charente-Maritime a accordé le concours de la force publique pour exécuter la décision judiciaire du 11 juin 2019. Par la présente requête, Mme K demande au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 6 juillet 2022.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-3 du même code, lorsqu'il apparaît manifeste que la demande est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience publique.
3. Aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ".
4. Il résulte de ces dispositions que le représentant de l'Etat, saisi d'une demande en ce sens, doit prêter le concours de la force publique en vue de l'exécution des décisions de justice ayant force exécutoire. Seules des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public, ou des circonstances postérieures à une décision de justice ordonnant l'expulsion d'occupants d'un local, faisant apparaître que l'exécution de cette décision serait de nature à porter atteinte à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. En cas d'octroi de la force publique, il appartient au juge de rechercher si l'appréciation à laquelle s'est livrée l'administration sur la nature et l'ampleur des troubles à l'ordre public susceptibles d'être engendrés par sa décision ou sur les conséquences de l'expulsion des occupants compte tenu de la survenance de circonstances postérieures à la décision de justice l'ayant ordonné, n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
5. En premier lieu, par un arrêté du 30 mai 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le lendemain, le préfet de la Charente-Maritime a donné délégation à M. L C, sous-préfet de Rochefort, à l'effet de signer, à compter du 7 juin 2022, tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans l'arrondissement de Rochefort, à l'exception de certaines matières étrangères à la décision attaquée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision manque manifestement en fait.
6. En second lieu, Mme K soutient que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation. Si la requérante produit, à ce titre, un certificat établi par un médecin généraliste le 21 juin 2022 indiquant que son état de santé ne permet pas d'envisager un déménagement, cette énonciation n'est assortie d'aucune précision. En outre, l'intéressée, qui précise souffrir d'une dépression réactionnelle depuis 2001, ne démontre pas qu'elle n'était pas en mesure de faire valoir ses problèmes médicaux devant le tribunal de grande instance de Saintes qui a ordonné son expulsion. Les autres circonstances invoquées par Mme K, tenant à son âge, à la faiblesse de ses ressources, à la présentation d'une demande de logement social auprès du conseil général de la Charente-Maritime et au caractère imminent de la reconstitution de sa carrière administrative, ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à l'existence d'une menace à l'ordre public ou d'une atteinte à la dignité de la personne humaine en cas d'exécution de la décision litigieuse.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, que les moyens de la requête de Mme K sont, en l'état de l'instruction, manifestement insusceptibles de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée. Par suite, les conclusions à fin de suspension de la requête, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais d'instance, doivent être rejetées en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme K est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F K.
Copie en sera adressée au préfet de la Charente-Maritime.
Fait à Poitiers, le 2 septembre 2022.
Le juge des référés,
Signé
D. H
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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01/06/2026