jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202193 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS TAMBURINI-BONNEFOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 septembre 2022 et le 13 avril 2023, M. B A demande au tribunal de condamner le groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis à lui verser la somme de 1 120 euros en réparation du préjudice de bris dentaire qu'il a subi lors de son hospitalisation au centre hospitalier de La Rochelle le 10 juin 2022.
Il soutient que :
- la responsabilité du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis est engagée pour faute, dès lors qu'il n'a pas été informé, notamment par le médecin anesthésiste, de l'intubation et du risque de bris dentaire qui en découle, préalablement à l'intervention du 10 juin 2022 au centre hospitalier de La Rochelle ;
- l'intubation pratiquée à l'occasion de cette intervention lui a brisé deux incisives, dont il a dû prendre en charge la réparation pour un montant de 1 120 euros, et dont il demande l'indemnisation au groupe hospitalier.
Par un mémoire en intervention enregistré le 21 octobre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Charente-Maritime demande la réserve de ses droits pour produire sa créance à réception de l'expertise, en soutenant que M. A a été pris en charge au titre du risque maladie.
Par des mémoires enregistrés les 9 mars 2023 et 28 mars 2023, le groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis, représenté par la SELAS Tamburini-Bonnefoy, conclut au rejet de la requête et des demandes de la CPAM de la Charente-Maritime, et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.
Il soutient que :
- il n'a commis aucune faute au cours de la prise en charge de M. A y compris lors de son intubation ;
- M. A a été informé des risques liés à l'anesthésie préalablement à l'intervention chirurgicale, en particulier du risque de bris dentaire inhérent à l'intubation, lors de la consultation préanesthésique du 3 juin 2022, au cours de laquelle aucune difficulté prévisible d'intubation n'a été détectée ;
- Lors de l'anesthésie, un score Cormack 3, d'après lequel la glotte n'est pas visible, a été mis en évidence, ce qui a rendu l'intubation particulièrement difficile ;
- M. A a été pris en charge pour une intervention chirurgicale viscérale à laquelle il ne pouvait se soustraire ;
- en l'absence de faute de sa part, aucune créance de la CPAM ne peut lui être opposée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gibson-Théry,
- les conclusions de Mme Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été hospitalisé au centre hospitalier de La Rochelle le 10 juin 2022 pour subir une laparotomie exploratrice pour s'assurer de la propreté de la cavité péritonéale et de réaliser l'ablation de sa prothèse abdominale antérieure. Au cours de cette opération, deux incisives de M. A ont été brisées pour permettre son intubation. Par un courrier du 16 juin 2022, le requérant a sollicité de l'établissement le remboursement des soins dentaires dont il a bénéficié pour la réparation de ses dents. Par un courrier du 22 août 2022, le groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis a rejeté sa demande d'indemnisation. Par sa requête, M. A demande la condamnation du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis à réparer son préjudice qu'il évalue à la somme de 1 120 euros.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de La Rochelle au titre du défaut d'information :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / La volonté d'une personne d'être tenue dans l'ignorance d'un diagnostic ou d'un pronostic doit être respectée, sauf lorsque des tiers sont exposés à un risque de transmission. / () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.
5. Il résulte de l'instruction que, pour prouver qu'une information complète sur les risques de l'anesthésie a été délivrée à M. A, le centre hospitalier de La Rochelle fait tout d'abord valoir que la fiche de consultation préanesthésique du 3 juin 2022 mentionne, au titre des informations données au patient, le " risque de bris dentaire " et que la fiche d'information médicale sur l'anesthésie, informant de la possibilité d'apparition de traumatismes dentaires, est remise à chaque patient préalablement à une intervention chirurgicale. Si M. A conteste toutefois avoir été informé, lors de la consultation du 3 juin 2022, des risques spécifiques encourus concernant les bris dentaires, dès lors qu'il n'aurait été interrogé que sur sa taille, son poids, ainsi que ses éventuelles allergies médicamenteuses et prothèses dentaires, le centre hospitalier produit un document intitulé " consentement libre et éclairé du patient ", signé par M. A le 3 juin 2022, indiquant que le chirurgien l'avait informé des risques les plus fréquents et les plus graves inhérents à l'intervention, et que l'intéressé s'engageait à lire la fiche spécifique d'information préopératoire qui lui avait été, le cas échéant, remise lors de la consultation. Dans sa conclusion, ce document mentionne que son signataire s'estime suffisamment éclairé pour prendre une décision en toute connaissance de cause concernant l'intervention envisagée. Dans ces conditions, le manquement de l'établissement hospitalier à son devoir d'information n'est pas établi.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A, et, par voie de conséquence, les demandes de la CPAM, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par le groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la CPAM de la Charente-Maritime sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions du groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au groupe hospitalier La Rochelle-Ré-Aunis et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Gibson-Théry, première conseillère,
M. Tiberghien, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
S. GIBSON-THERY
Le président,
Signé
P. CRISTILLELa greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026