vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202205 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés successivement le 7 septembre 2022 et le 3 novembre 2022, la société à responsabilité limitée B et fils, représentée par Me Lachaume de la SCP d'avocats Ten France, demande au juge des référés dans le dernier état de ses écritures sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la commune de Saint-Germier (Deux-Sèvres) à lui verser une provision de 7 369,44 euros assortie des intérêts à taux légal à compter du 4 avril 2022 ;
2°) d'enjoindre la commune de Saint-Germier de lui régler les sommes dues dans un délai de huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Germier une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle n'a pas reçu le paiement de sa facture malgré une mise en demeure alors que les travaux facturés ont été réalisés ;
- la direction générale des finances publiques a commis une faute par négligence, en ce qu'elle n'a pas vérifié la validité du relevé d'identité bancaire qui lui a été transmis par la commune alors que ce document présentait une falsification aisément décelable ;
- il n'est pas démontré que la messagerie de la société aurait été piratée ;
- la décision à intervenir devra être déclarée opposable à la direction générale des finances publiques.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2022, 16 décembre 2022 et 24 mars 2023, la commune de Saint-Germier représentée par Me Argenton conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à la condamnation de l'Etat (direction générale des finances publiques des Deux-Sèvres) au paiement de la somme de 7 369, 44 euros sollicitée par la société B et fils, à titre infiniment subsidiaire, et dans le cas d'une condamnation de la commune de Saint-Germier, à ce que l'Etat (direction générale des finances publiques des Deux-Sèvres) la garantisse intégralement de toutes les condamnations prononcées à son encontre, et en tout état de cause, à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'Etat (direction générale des finances publiques des Deux-Sèvres) et de la SARL B et fils, chacune, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête en référé-provision n'est pas fondée du fait de l'existence d'une obligation sérieusement contestable puisqu'elle a déjà ordonné le paiement de la somme en litige ;
- elle a cru de bonne foi payer l'entreprise, et conformément à l'article 1342-3 du code civil et à la théorie de l'apparence applicable en l'espèce, cette circonstance produit un effet libératoire à l'égard du débiteur ;
- le piratage de la boîte mail de l'entreprise B et fils grâce à laquelle la facture et le relevé d'identité bancaire lui ont été envoyés, est un fait imprévisible, irrésistible et extérieur, qui l'exonère de ses obligations contractuelles ;
- la négligence du comptable public a contribué à la survenance du paiement au mauvais créancier ; le comptable public s'est contenté de déposer plainte alors même qu'une démarche auprès de la banque du bénéficiaire aurait permis de se faire reverser tout ou partie de la somme versée conformément à l'article 40 du décret du 7 novembre 2012, dès lors cette faute empêche la commune d'exécuter son obligation, et la société aurait dû diriger son action contre la direction générale des finances publiques ;
- il existe une faille dans le système de sécurité de l'entreprise qui a été piraté, alors que cette dernière devait prendre les mesures nécessaires pour éviter ce piratage, dont elle ne s'est rendu compte que le 25 janvier 2022, soit plus d'un mois et demi après l'envoi du mail et du relevé d'identité bancaire falsifié le 17 décembre 2021.
Par des mémoires enregistrés le 14 octobre 2022, le 24 novembre 2022, le 24 janvier 2023 et le 5 mai 2023, la direction départementale des finances publiques des Deux-Sèvres, soulève une fin de non-recevoir dirigées contre les conclusions de la commune de Saint-Germier aux fins de condamnation de l'Etat au versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et conclut à l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que l'Etat soit directement condamné au paiement des sommes réclamées par la SARL B et fils en lieu et place de la commune, et enfin au rejet des conclusions sollicitant que l'Etat soit appelé en garantie d'une éventuelle condamnation de la commune de Saint-Germier.
Elle soutient que :
- les conclusions de la commune de Saint-Germier, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dirigées contre la direction générale des finances publiques sont irrecevables ; en effet, l'Etat ne peut être considéré comme une partie à l'instance ainsi qu'en atteste le fait que la requérante ne dirige aucune conclusion à son encontre, et dans le cas où la commune serait condamnée à verser une provision, cette décision ne préjudicierait en rien aux droits de l'Etat ; si l'Etat avait été présent à l'instance, il n'aurait pas eu intérêt agir et ni à former tierce opposition contre la décision juridictionnelle condamnant la commune ;
- les conclusions reconventionnelles de la commune, dans le cadre d'un référé provision, sont irrecevables à défaut de fondement légal, dès lors que sa mise en cause par la SARL est seulement limitée à l'exécution de l'ordonnance à venir et nullement en considération d'une quelconque obligation non-sérieusement contestable que l'Etat aurait au profit de la société ;
- il n'appartient pas au juge du référé provision de déterminer les fautes respectives de la commune et de l'Etat afin de déterminer leurs responsabilités respectives et le cas échant les sommes que respectivement, l'une et l'autre devraient verser ;
- l'Etat ne peut être appelé en garantie, dès lors que le comptable public a procédé aux vérifications qui lui incombent conformément au décret du 7 novembre 2012, et qu'en revanche le maire de la commune n'a pas respecté la procédure prévue dans le cadre de la commande publique en matière de transmission de factures électroniques, ce qui aurait pu éviter la fraude.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 5 mars 2021 de son conseil municipal, la commune de Saint-Germier a confié à la société à responsabilité limitée (SARL) B et fils la réfection du portail de l'église. Le gérant de la SARL a adressé le 17 décembre 2021 à 14h34 par mail à la commune de Saint-Germier, la facture des travaux qui s'élevaient à un montant de 7 369,44 euros, accompagnée du relevé d'identité bancaire (RIB) de l'entreprise. Le 17 décembre 2021 à 15 heures 22, la commune de Saint-Germier a reçu un second mail, renouvelé à 16 heures 24, envoyés depuis une adresse mail différente de celle utilisée la première fois et comportant en pièces jointes une facture et un RIB. Il s'avèrera par la suite que ces deuxième et troisième mails ne provenaient pas du gérant de la SARL B et fils, mais étaient frauduleux. Le 27 décembre 2021, les services de l'ordonnateur, après avoir saisi manuellement dans le logiciel comptable de la commune les informations relatives à la dépense au profit de la SARL, dont notamment les coordonnées bancaires erronées figurant dans les mails frauduleux, ont validé ces saisies. Un ordre de paiement a été généré par le logiciel comptable de la commune, signé électroniquement par le maire, puis transmis au comptable public de la commune via la passerelle sécurisée, avec la facture et le RIB. Par mail du 13 janvier 2022, le maire de la commune de Saint-Germier a demandé au comptable public de payer en priorité le mandat n°371 au profit de la SARL B. Le comptable public a procédé au règlement de la facture au moyen du RIB erroné. L'entreprise B et fils a adressé le 25 janvier 2022 un mail à la commune de Saint-Germier pour obtenir le règlement de la facture. La commune de Saint-Germier informait alors l'entreprise que la facture avait déjà été réglée, et a transmis à la SARL B et fils les coordonnées bancaires sur la base desquelles le règlement avait été effectué. M. E B, gérant de la SARL a porté plainte le 27 janvier 2022 auprès de la brigade de gendarmerie de Vivonne pour escroquerie et usurpation d'identité, de même que M. A, en sa qualité de comptable public, le 1er février 2022, ainsi que M. D, maire de Saint-Germier, le 28 janvier 2022. Par lettre recommandée du 1er avril 2022, la SARL B et fils a mis en demeure la commune de Saint-Germier de régler le montant de la facture. Dans la présente instance, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R 541-1 du code de la justice administrative, de condamner la commune de Saint-Germier à lui verser à titre de provision, la somme de 7 369,44 euros.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au juge des référés de rechercher si, en l'état du dossier qui lui est soumis, l'obligation du débiteur éventuel de la provision est ou non sérieusement contestable sans avoir à trancher ni de questions de droit se rapportant au bien-fondé de cette obligation ni de questions de fait soulevant des difficultés sérieuses et qui ne pourraient être tranchées que par le juge du fond éventuellement saisi. De même, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
4. Il appartient à une personne publique de procéder au paiement des sommes dues en exécution d'un contrat public en application des stipulations contractuelles, ce qui implique, le cas échéant, dans le cas d'une fraude résidant dans l'usurpation de l'identité du cocontractant et ayant pour conséquence le détournement des paiements, que ces paiements soient renouvelés entre les mains du véritable créancier. La personne publique ne saurait donc utilement se prévaloir, pour contester le droit à paiement de son cocontractant sur un fondement contractuel, des manquements qu'aurait commis ce dernier. Cette circonstance ne fait toutefois pas obstacle à que la personne publique, si elle s'y croit fondée, recherche, outre la responsabilité de l'escroc, celle de son cocontractant, en raison des fautes qu'il aurait commises en contribuant à permettre l'infraction, afin d'être indemnisée de tout ou partie du préjudice qu'elle a subi en versant les sommes litigieuses dans d'autres mains.
5. La commune de Saint-Germier ne conteste pas la bonne exécution du contrat par la société B et fils, ni le bien-fondé de la créance de cette société. Il est constant que la société n'a pas perçu le paiement de ses prestations. La commune fait cependant valoir qu'elle a cru de bonne foi s'être acquittée de sa dette auprès de la société B et fils, en adressant son paiement à un tiers qui s'était présenté comme étant la société à la suite du piratage de la messagerie de l'entreprise et des données comptables et commerciales de cette dernière. Toutefois, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, la commune doit renouveler le paiement des travaux entre les mains de la société B et fils, sans pouvoir utilement se prévaloir des dispositions de l'article 1342-3 du code civil en vertu desquelles le paiement fait de bonne foi à un créancier apparent est valable. Enfin, ne résulte d'aucun élément de l'instruction que la société a été indemnisée même partiellement de son préjudice par son assureur, au titre de ses différentes polices d'assurance. La circonstance que la commune a procédé au paiement de bonne foi et qu'une plainte a été déposée par elle et le comptable public du chef d'escroquerie demeure sans incidence sur le droit au paiement de la société SARL B et fils et n'est pas de nature à délivrer la commune de ses obligations contractuelles. Ainsi, l'obligation de payer dont se prévaut la société B et fils à l'égard de la commune de Saint-Germier n'est, dans son principe, pas sérieusement contestable. Il résulte, en l'état de l'instruction et du montant des travaux, non contesté, engagés pour effectuer les travaux du portail de l'église qu'il y a lieu de fixer à la somme de 7 369,44 euros le montant de la provision au versement de laquelle la commune doit être condamnée. Il n'y a pas lieu d'assortir cette condamnation d'une astreinte.
6. Si pour limiter la charge de l'indemnisation qu'elle doit assumer, la commune a entendu rechercher la responsabilité pour faute de la société B et fils au regard de manquements dans la sécurité informatique de la société qui auraient rendu possible la réalisation de la fraude, elle ne démontre pas, en l'état de l'instruction, que ce serait la messagerie professionnelle de l'entreprise plutôt que sa propre messagerie qui aurait été piratée. En outre, l'instruction fait ressortir que la commune a reçu dans la même journée à quelques minutes d'intervalle deux mails, provenant de deux adresses mails différentes et contenant eux-mêmes deux RIB différents émanant en apparence de son créancier sans s'interroger plus avant ni faire les vérifications nécessaires auprès de celui-ci. Dans ces conditions, le moyen tiré de la responsabilité de la société ne peut qu'être écarté.
Sur l'action récursoire de la commune de Saint-Germier :
7. Aux termes de l'article D. 1617-19 du code général des collectivités territoriales dispose : " Avant de procéder au paiement d'une dépense ne faisant pas l'objet d'un ordre de réquisition, les comptables publics des collectivités territoriales () ne doivent exiger que les pièces justificatives prévues pour la dépense correspondante dans la liste définie à l'annexe I du présent code ". Aux termes de l'article 38 du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Sans préjudice des dispositions prévues par le code général des collectivités territoriales et par le code de la santé publique, lorsqu'à l'occasion de l'exercice des contrôles prévus au 2° de l'article 19 le comptable public a constaté des irrégularités ou des inexactitudes dans les certifications de l'ordonnateur, il suspend le paiement et en informe l'ordonnateur. Ce dernier a alors la faculté d'opérer une régularisation ou de requérir par écrit le comptable public de payer ". L'article 19 du même décret dispose : " Le comptable public est tenu d'exercer le contrôle : " 2° S'agissant des ordres de payer : / a) De la qualité de l'ordonnateur ; / b) De l'exacte imputation des dépenses au regard des règles relatives à la spécialité des crédits ; / c) De la disponibilité des crédits ; / d) De la validité de la dette dans les conditions prévues à l'article 20 ; / e) Du caractère libératoire du paiement ". Aux termes de l'article 20 du même décret : " Le contrôle des comptables publics sur la validité de la dette porte sur : 1° La justification du service fait ; / 2° L'exactitude de la liquidation ; / 3° L'intervention des contrôles préalables prescrits par la réglementation ; / 4° Dans la mesure où les règles propres à chaque personne morale mentionnée à l'article 1er le prévoient, l'existence du visa ou de l'avis préalable du contrôleur budgétaire sur les engagements ; / 5° La production des pièces justificatives ; / 6° L'application des règles de prescription et de déchéance ".
8. La commune de Saint-Germier demande la condamnation de l'Etat (direction générale des finances publiques des Deux-Sèvres) à lui verser la somme de 7 369, 44 euros, à raison de la négligence fautive du comptable public qui a, selon elle, procédé au paiement sans la moindre vérification des coordonnées bancaires transmises par la commune, alors qu'il était en capacité de vérifier la validité du RIB transmis, ce qui l'a conduit à procéder au paiement de la somme sur un RIB falsifié malgré une incohérence facilement décelable entre le code banque qui était parisien et que le relevé d'identité mentionne une domiciliation à Poitiers.
9. Toutefois, il résulte de l'instruction que pour procéder au paiement de la facture litigieuse, le comptable public assignataire de la commune de Saint-Germier, disposait de la facture de la SARL B et fils, d'un relevé d'identité bancaire au nom de cette société, et des ordres de paiement établis par l'ordonnateur de la commune, au nom de la société et comportant ces mêmes coordonnées bancaires qui avaient été préalablement intégrées par les services de l'ordonnateur de la commune, dans l'application informatique de gestion comptable " Hélios ". Ainsi en procédant au paiement de la facture en cause sur la base de ces éléments précis et cohérents, le comptable public n'a pas méconnu ses obligations de contrôle telles que définies par les dispositions précitées des articles 19 et 20 du décret du 7 novembre 2012. La circonstance que la facture en litige mentionnait une domiciliation à Poitiers mais un code parisien n'était pas en soi de nature à alerter le comptable dès lors qu'il résulte de l'instruction et n'est d'ailleurs pas contesté par la commune que les coordonnées bancaires frauduleuses communiquées le 27 décembre 2021 avaient été validées par les services de l'ordonnateur qui les avaient intégrées dans l'application Hélios. Dans ces conditions, la faute alléguée n'apparaît pas suffisamment caractérisée, en l'état de l'instruction, pour permettre d'engager la responsabilité de la direction générale des finances publiques des Deux-Sèvres, tout comme celle du comptable public.
10. La commune de Saint-Germier soutient également qu'il appartenait au comptable public, conformément à l'article 40 du décret du 7 novembre 2012 de faire une démarche auprès de la banque du bénéficiaire pour se faire reverser tout ou partie de la somme versée. Dès lors, selon la commune le comptable public a permis, par son abstention et sa négligence, le virement sur le compte du tiers escroc et une telle faute a empêché la commune d'exécuter son obligation.
11. D'autre part, aux termes de l'article 40 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Lorsque le comptable public constate qu'un paiement n'était pas dû en totalité ou en partie, il peut exercer directement une action en restitution de l'indu à l'encontre du débiteur dans les conditions prévues par les articles 1302 à 1302-3 du code civil. Il peut également en informer l'ordonnateur en vue de l'engagement par ce dernier d'une procédure visant au recouvrement de la créance. ".
12. Il résulte de ces dispositions que pour mettre en œuvre la répétition de l'indu, il faut nécessairement connaître l'identité de l'accipiens et sa domiciliation. En l'espèce le RIB ayant été produit par un escroc, dont l'identité est inconnue, il était impossible, contrairement à ce que soutient la commune, que la direction générale des finances publiques puisse mettre en œuvre la procédure de répétition d'indu prévue à l'article 40 du décret du 7 novembre 2012.
13. Il résulte de ce qui précède, qu'il ne peut être fait droit, aux conclusions dirigées contre l'Etat par la commune de Saint-Germier dans le cadre de la présente instance en référé.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mises à la charge de l'Etat et de la SARL B et fils, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance la somme que la commune de Saint-Germier demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, sur le fondement des dispositions du même article, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Saint-Germier, une somme de 800 euros à verser à la SARL B et fils.
O R D O N N E :
Article 1er : La commune de Saint Germier est condamnée à verser à la société à responsabilité limitée B et fils la somme de 7 369, 44 euros.
Article 2 : La commune de Saint Germier versera à la société à responsabilité limitée B et fils la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société à responsabilité limitée B et fils, à la commune de Saint-Germier et à la Direction départementale des finances publiques des Deux-Sèvres.
Fait à Poitiers, le 4 octobre 2021.
Le juge des référés,
signé
P. C
La République mande et ordonne au préfet des Deux-Sèvres, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026