jeudi 6 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202271 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SAUTEREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 17 septembre 2022, le 22 avril 2024 et le 27 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Sauterau, demande au tribunal :
1°) de condamner le département des Deux-Sèvres à lui verser la somme de 93 748 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi en raison de la décision du 18 juillet 2022, avec les intérêts au taux légal et leur capitalisation ;
2°) de mettre à la charge du département des Deux-Sèvres une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 18 juillet 2022 est illégale en raison d'un défaut d'information;
- la décision de refus de réintégration et de licenciement est illégale et entraîne l'illégalité de la décision attaquée ;
- le refus de sa demande de rupture conventionnelle est également illégal ;
- ces illégalités lui ont causé un préjudice qu'elle évalue à :
- 17 248 euros au titre de l'indemnité de licenciement ;
- 34 500 euros au titre de la perte de rémunération ;
- 42 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 décembre 2022 et le 28 mai 2024, le département des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret 2019-1593 relatif à la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duval-Tadeusz,
- les conclusions de Mme Thévenet-Bréchot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sautereau, représentant Mme A, et de Mme C, représentant le département des Deux-Sèvres.
Une note en délibéré, présentée pour Mme A, a été enregistrée le 27 janvier 2025.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A est contractuelle de la fonction publique, employée par le département des Deux-Sèvres depuis le 1er octobre 2009 en tant que directrice des ressources humaines, d'abord en contrat à durée déterminée puis en contrat à durée indéterminée. Le 17 août 2017, elle a demandé à son employeur à bénéficier d'un congé mobilité à compter du 17 octobre 2017pour une durée de 3 ans, demande à laquelle le département a fait droit. Ce congé a été renouvelé, à sa demande, du 17 octobre 2020 au 30 janvier 2022. Par courrier daté du 29 novembre 2021 et reçu le 8 décembre 2021, Mme A a demandé sa réintégration à l'issue de son congé mobilité. Par courrier du 10 janvier 2022, la président du conseil départemental des Deux-Sèvres a refusé de réintégrer Mme A et l'a informée qu'elle ne bénéficierait d'aucune indemnité. Par courrier du 25 janvier 2022, reçu le 28 janvier 2022, Mme A a demandé le retrait de la décision du 10 janvier 2022 et sollicité une rupture conventionnelle de son contrat de travail. Ce courrier a fait l'objet d'un refus implicite. Par courrier du 30 mai 2022, Mme A a déposé auprès du département une demande préalable d'indemnisation en raison du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait des décisions du 10 janvier 2022 et 25 janvier 2022. Cette demande a été rejetée par courrier en date du 18 juillet 2022, reçu le 3 août 2022. Par la présente requête, elle demande au tribunal de condamner le département des Deux-Sèvres à l'indemniser du préjudice causé par l'illégalité fautive de ces décisions.
Sur la responsabilité
2. En premier lieu, la requérante demande l'engagement de la responsabilité du département des Deux-Sèvres sur le fondement de l'illégalité de la décision portant refus de réintégration et licenciement.
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 35-2 du décret n°88-145 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale, " L'agent contractuel employé pour une durée indéterminée peut solliciter, sous réserve des nécessités de service, un congé de mobilité. Ce congé sans rémunération peut être accordé pour une durée maximale de trois ans renouvelable, dans la limite d'une durée totale de six ans, lorsque l'agent est recruté par une autre personne morale de droit public qui ne peut le recruter initialement que pour une durée déterminée. L'agent doit solliciter de son administration d'origine le renouvellement de son congé ou sa demande de réemploi, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, au moins deux mois avant le terme du congé. L'agent est réemployé, selon les nécessités du service, dans les conditions prévues aux articles 33 et 34. L'agent qui, au terme du congé, n'a pas exprimé son intention dans le délai susmentionné, est présumé renoncer à son emploi. A ce titre, il ne peut percevoir aucune indemnité. "
4. Mme A soutient que le département des Deux-Sèvres a méconnu ces dispositions dès lors qu'elle a manifesté par oral son souhait de reprendre son poste plus de deux mois avant le terme de son congé. Toutefois, elle ne justifie, au cours du mois de novembre 2021, que d'avoir rencontré, dans un cadre informel, certains agents du département. Surtout, son courrier recommandé avec avis de réception, qui seul correspond aux dispositions précitées, a été envoyé le 2 décembre 2021 et réceptionné le 8 décembre suivant. Par suite, elle n'établit pas avoir demandé son intention de réintégrer la collectivité dans les délais précités.
5. En outre, si la requérante se prévaut également des dispositions relatives à la réintégration des agents en congés pour convenance personnelle, lesquelles ne fixent pas de règles strictes concernant le formalisme ou le délai de demande. Toutefois, ces dispositions ne régissent pas sa situation personnelle, laquelle n'est pas une réintégration à la suite d'un congé pour convenance personnelle mais à l'issue d'une mobilité. Dès lors, ces dispositions ne sont pas applicables à sa situation et ne peuvent pas être utilement invoquées.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision du 10 janvier 2022 n'est donc entachée d'aucune illégalité fautive.
7. En deuxième lieu, Mme A soutient que le département des Deux-Sèvres a commis une faute en prétextant qu'aucun poste ne serait disponible pour sa réintégration. Toutefois, ces allégations ne reposent sur aucun élément matériel du dossier. Mme A n'est donc pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité du département sur ce fondement.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 31 décembre 2019 relatif à la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique " La procédure de la rupture conventionnelle peut être engagée à l'initiative du fonctionnaire ou de l'administration, de l'autorité territoriale ou de l'établissement dont il relève. Le demandeur informe l'autre partie par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou remise en main propre contre signature. Lorsque la demande émane du fonctionnaire, celle-ci est adressée, au choix de l'intéressé, au service des ressources humaines ou à l'autorité investie du pouvoir de nomination. Dans les conditions prévues aux articles 3 et 4, un entretien relatif à cette demande se tient à une date fixée au moins dix jours francs et au plus un mois après la réception de la lettre de demande de rupture conventionnelle. Cet entretien est conduit par l'autorité hiérarchique ou l'autorité territoriale ou l'autorité investie du pouvoir de nomination dont relève le fonctionnaire ou son représentant. Il peut être organisé, le cas échéant, d'autres entretiens. "
9. Mme A soutient qu'en application des dispositions précitées, le département des Deux-Sèvres était tenu d'organiser un entretien à la suite de sa demande de rupture conventionnelle. Toutefois, il est constant qu'à la date de cette demande, le licenciement de la requérante lui avait déjà été notifié, privant ainsi d'effet utile la demande de rupture conventionnelle. Aucune faute ne peut donc être retenue à l'encontre du département à ce titre.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité du département des Deux-Sèvres.
11. Il y a lieu, par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, de rejeter sa requête dans toutes ses conclusions.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par le département des Deux-Sèvres au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département des Deux-Sèvres.
Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,
M. Tiberghien, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2025.
La rapporteure,
Signé
J. DUVAL-TADEUSZ
Le président,
Signé
P. CRISTILLE La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026