mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202313 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ERNST & YOUNG, SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance nos 465826, 465827, 466501, 466502, 466505, 466506, 466508, 466509, 466510, 466513, 466514 du 16 septembre 2022, enregistrée au greffe du tribunal le 20 septembre 2022, le président de la section du contentieux du Conseil d'État a attribué au tribunal administratif de Poitiers, en application des dispositions des articles R. 342-2 et R. 342-3 du code de justice administrative, le jugement de la requête de la société en nom collectif (SNC) Batisolaire 6 initialement enregistrée au greffe du tribunal le 1er février 2022 sous le no 2200289.
Par cette requête, désormais enregistrée sous le n° 2202313, et un mémoire, enregistré le 11 juillet 2022, la société en nom collectif (SNC) Batisolaire 6, représentée par Me Bardet, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles des communes de Mauprévoir, Béthines et Civaux (Vienne) ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les bâtiments en cause, qui sont uniquement affectés à un usage agricole, bénéficient de l'exonération prévue par les dispositions du a. du 6° de l'article 1382 du code général des impôts relative aux bâtiments qui servent aux exploitations rurales, la présence de capteurs photovoltaïques sur leur toiture n'étant, comme le prévoit le dernier alinéa de cet article, pas de nature à remettre en cause cette exonération ; elle entend se prévaloir, sur ce point, de la doctrine administrative exprimée au paragraphe n° 20 du bulletin officiel des impôts référencé BOI-IF-TFB-10-50-20-10 du 12 septembre 2012 ;
- en toute hypothèse, les capteurs photovoltaïques et les bacs aciers, qui constituent des immobilisations destinées à la production d'électricité d'origine photovoltaïque, sont exonérés de taxe foncière en application des dispositions du 12° de l'article 1382 du code général des impôts ; en outre, les bacs aciers étant également exonérés de taxe foncière en application des dispositions du 11° du même article, en ce qu'ils constituent des biens d'équipement spécialisés ; elle entend se prévaloir, sur ce dernier point, de la doctrine administrative exprimée aux paragraphes nos 160 et 170 du bulletin officiel des impôts référencé BOI-IF-TFB-10-50-30 du 12 septembre 2012 ;
- elle peut se prévaloir de la prise de position formelle exprimée par l'administration dans deux décisions de dégrèvement notifiées à la société par actions simplifiée (SAS) Batisoleil, placée dans une situation identique.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 30 mars, 8 août et 14 octobre 2022, le directeur chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SNC Batisolaire 6 ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Henry,
- et les conclusions de M. Revel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société en nom collectif (SNC) Batisolaire 6, dont l'objet est la réalisation et l'exploitation de centrales de production d'électricité à partir de l'énergie radiative du soleil au moyen d'équipements photovoltaïques, a conclu avec M. et Mme C, d'une part, un bail emphytéotique afin d'édifier, sur le terrain que ces derniers possèdent à Mauprévoir (Vienne), un bâtiment comportant sur sa toiture des panneaux photovoltaïques destinés à la production d'électricité, exploités par la SNC Batisolaire 6, et, d'autre part, un contrat de prêt à usage gratuit mettant cet immeuble à la disposition de M. et Mme C pour un usage agricole. La SNC Batisolaire 6 a procédé de même avec M. et Mme A pour la construction d'un bâtiment agricole supportant des panneaux photovoltaïques sur le terrain que ceux-ci possèdent à Béthines (Vienne), ainsi qu'avec M. et Mme B pour la construction d'un bâtiment agricole supportant des panneaux photovoltaïques sur le terrain que ceux-ci possèdent à Civaux (Vienne). À l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur les impôts locaux dus par la SNC Batisolaire 6, l'administration a estimé que ces trois bâtiments devaient être assujettis à la taxe foncière sur les propriétés bâties. La SNC Batisolaire 6 demande la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a ainsi été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles des communes de Mauprevoir, Béthines et Civaux.
2. D'une part, en vertu des dispositions du a. du 6° de l'article 1382 du code général des impôts, " les bâtiments qui servent aux exploitations rurales tels que granges, écuries, greniers, caves, celliers, pressoirs et autres, destinés, soit à loger les bestiaux des fermes et métairies ainsi que le gardien de ces bestiaux, soit à serrer les récoltes " sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Il résulte de ces dispositions que l'exonération qu'elles prévoient s'applique aux bâtiments affectés par leurs occupants à un usage agricole, servant ainsi à l'exercice d'opérations qui s'insèrent dans le cycle biologique de la production agricole ou de l'élevage, ou qui constituent le prolongement d'une activité agricole ou d'élevage, sans qu'importe l'activité et l'objet social du propriétaire des bâtiments.
3. D'autre part, aux termes du dernier alinéa du même article : " L'exercice d'une activité de production d'électricité d'origine photovoltaïque, qu'elle soit productive de revenus ou non, ayant pour support un immeuble ou bâtiment mentionné aux 1°, 1° bis, 2°, 3°, 4° et 6° n'est pas de nature à remettre en cause l'exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties ".
4. L'administration fiscale a assujetti la SNC Batisolaire 6 à la taxe foncière sur les propriétés bâties à hauteur de 60 % de la valeur locative des bâtiments supportant ses panneaux photovoltaïques au motif que si ces bâtiments sont affectés à un usage agricole, ils ont également pour partie une affectation autre qu'agricole puisqu'ils ont été spécialement conçus pour supporter les équipements de production d'énergie exploités par la société requérante, qui est propriétaire des bâtiments. Toutefois, dès lors que les bâtiments litigieux sont exclusivement affectés par leur occupant à l'exercice d'une activité agricole, ils sont éligibles à l'exonération permanente prévue par les dispositions du a. du 6° de l'article 1382 du code général des impôts, la circonstance qu'ils servent de support à l'exercice d'une activité de production d'électricité d'origine photovoltaïque étant, comme le prévoit le dernier alinéa de l'article 1382, sans incidence sur cette exonération, sans qu'importe la circonstance que les bâtiments ont été spécifiquement conçus à cet effet.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la SNC Batisolaire 6 est fondée à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles des communes de Mauprévoir, Béthines et Civaux.
6. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la SNC Batisolaire 6 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La SNC Batisolaire 6 est déchargée des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles des communes de Mauprévoir, Béthines et Civaux.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SNC Batisolaire 6 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société en nom collectif Batisolaire 6 et au directeur chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
M. Henry, premier conseiller,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
B. HENRY
Le président,
signé
L. CAMPOYLa greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026