mardi 20 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202555 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 octobre 2022, M. C demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2022 à raison de l'immeuble dont il est propriétaire situé 6, rue de l'hôpital à Ruffec (Charente).
Il soutient que son immeuble composé de 3 logements, habituellement donnés en location, est resté vacant. Le premier studio de 20 mètres carrés est resté vacant du 1er janvier 2022 au 17 juillet 2022 soit 7 mois et demi et l'appartement de 120 mètres carrés est lui aussi toujours vacant pour travaux du 1er janvier 2022 à la date d'introduction de la requête ; il soutient que la rénovation de l'immeuble l'a empêché de mettre en location ces logements et que le montant des travaux représente 70 % de la valeur du bien en question.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est propriétaire d'un immeuble composé de trois appartements dont deux sont destinés à la location, situé 6, rue de l'hôpital sur le territoire de la commune de Ruffec (Charente). Il a été imposé, pour l'année 2022, à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de cet immeuble. Il a adressé à l'administration une réclamation sollicitant le bénéfice de l'exonération de cette taxe pour les années précitées sur le fondement du I de l'article 1389 du code général des impôts. Sa réclamation ayant été rejetée, il demande la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022.
2. Aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année d'imposition ". Et aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Puis aux termes du I de l'article 1389 dudit code : " Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ".
3. Aux termes de l'article 1389 du code général des impôts précité, les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée.
4. Les dispositions de l'article 1389 du code général des impôts subordonnent en outre le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le caractère involontaire de ladite vacance s'apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles elle est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin. Ne peut ainsi être regardée comme indépendante de la volonté du propriétaire et par suite ne peut ouvrir droit au dégrèvement la vacance d'un immeuble normalement destiné à la location, même délabré, dès lors que le propriétaire n'avait pas entrepris de remédier à cet état de choses. La circonstance qu'en raison du coût des travaux de réparation d'un immeuble, le propriétaire était dans l'impossibilité de les entreprendre n'est pas non plus de nature à faire regarder la vacance des logements en cause comme indépendante de sa volonté au sens et pour l'application de l'article 1389 du code général des impôts.
5. En l'espèce, d'une part, si M. C soutient que la vacance de son immeuble résulte de son état de délabrement, il ne verse aucun élément aux débats permettant de l'établir. D'autre part, s'il soutient que ses logements ont été mis en location, il ne l'établit pas par les pièces versées aux débats. Par ailleurs, sur les trois appartements composant l'immeuble dont il est propriétaire, l'un d'entre eux constitue sa résidence principale. Par suite, il ne résulte pas de l'instruction que l'immeuble en cause était, en tout ou partie, destiné à la location, ni que les différents appartements le composant étaient impropres à leur destination. Par suite, les conditions d'application des dispositions dont le bénéfice est demandé n'étant pas réunies, le requérant n'est pas fondé à en revendiquer l'application.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
R. BLa greffière,
Signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
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