jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202841 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 16 novembre 2022 et 7 février 2023, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 26 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Vienne a rejeté sa demande de remise de dette effectuée à l'encontre d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 986,92 euros pour la période du 1er décembre 2020 au 28 février 2021 et d'un montant de 526,65 euros pour la période du 1er mars 2022 au 31 juillet 2022.
Elle soutient que :
- elle reconnait ses erreurs dans ses déclarations personnelles ;
- s'agissant du premier indu, son ancien compagnon doit également être déclaré responsable ;
- elle a cinq enfants mineurs à charge ; son ancien compagnon n'est pas présent physiquement et il ne paye pas de pension alimentaire ;
- elle a un emploi à durée déterminée de 10 heures par semaine.
Par des mémoires en défense enregistrés les 26 janvier et 16 février 2023, le président du conseil départemental de la Vienne conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le magistrat désigné a décidé de dispenser le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par des courriels des 30 juin et 22 août 2022, Mme A a sollicité une remise gracieuse de sa dette de revenu de solidarité active d'un montant total de 1 513,57 euros. Par une décision du 26 octobre 2022, le président du conseil départemental de la Vienne lui a refusé cette remise gracieuse. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active ( ) La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité ou de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.
4. Il résulte de l'instruction que, si Mme A ne conteste pas les erreurs dans ses déclarations de revenus, sa bonne foi doit être reconnue. Toutefois, alors qu'elle n'apporte aucun élément probant ou suffisamment précis au regard de ses ressources et de ses charges, Mme A ne démontre pas qu'elle se trouverait dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse faire face au remboursement du solde de sa dette, alors au demeurant que le département de la Vienne fait valoir qu'elle perçoit plus de 2 400 euros de prestations sociales par mois. Par suite, alors que Mme A reconnait des erreurs dans ses déclarations, et en vertu des dispositions précitées de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, aucune remise de dette ne peut lui être accordée.
5. En second lieu, alors que Mme A a bénéficié du revenu de solidarité active perçu par son conjoint au cours de leur vie commune, il n'appartient pas au tribunal de procéder à une répartition de la dette entre l'allocataire et une tierce personne. Les conclusions de Mme A en ce sens ne peuvent donc qu'être rejetées.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département de la Vienne.
Copie en sera adressée à la caisse des allocations familiales de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
V. B
La greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
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