jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202979 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DROUINEAU 1927 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 novembre 2022 et 7 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Glaentzlin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la notification de la mise en fourrière automobile d'un véhicule en date du 13 septembre 2022, ensemble les décisions implicites de rejet nées du silence gardé par le maire de Buxerolles et par le préfet de la Vienne sur ses recours administratifs ;
2°) d'enjoindre au maire de Buxerolles et au préfet de la Vienne de lui restituer le véhicule mis en fourrière en le replaçant à leurs frais à son emplacement d'origine et de lui rembourser solidairement les sommes mises à sa charge au titre des frais de fourrière concernant ce véhicule ;
3°) de condamner la commune de Buxerolles à lui verser une somme de 1 500 euros au titre des frais de réparation du regard en ciment situé sur le seuil de l'allée desservant la parcelle dont elle est propriétaire ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Buxerolles et de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour connaître du présent litige ;
- la décision de mise en fourrière est entachée d'un vice de procédure, dès lors que son auteur n'est pas identifiable ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 325-32 du code de la route ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir ;
- elle est fondée à demander la réparation des dégâts occasionnés à l'occasion de l'opération de la mise en fourrière sur un regard en ciment se situant à l'entrée de sa parcelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 juin 2023 et le 7 février 2024, la commune de Buxerolles, représentée par Me Porchet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la juridiction administrative est incompétente pour connaître du litige ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés contre la décision de mise en fourrière ne sont pas fondés
- la commune ne peut voir sa responsabilité engagée pour une opération de police judiciaire.
La requête a été communiquée au préfet de la Vienne qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- le rapport de Mme Dumont,
- les conclusions de M. Lacaïle, rapporteur public ;
- et les observations de Me Duclos, représentant Mme B, et celles de Me Finkelstein, représentant la commune de Buxerolles.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B est propriétaire d'une parcelle sur la commune de Buxerolles, sur laquelle se trouvait une caravane lui appartenant immatriculée 400 NK 86. Le 6 septembre 2022, la police municipale procédait à la mise en fourrière de ce véhicule. Par un courrier du 13 septembre 2022, cette mise en fourrière était notifiée à Mme B. Par un courrier du 22 septembre 2022, notifié le 26 suivant, cette dernière sollicitait auprès du maire de Buxerolles le retrait de cette mise en fourrière et la restitution de son véhicule ainsi que la prise en charge des frais de fourrière et des frais de réparation du regard en ciment situé sur le seuil de l'allée desservant sa parcelle. Ce courrier a également été adressé au préfet de la Vienne. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la mise en fourrière de sa caravane et la réparation de ses préjudices.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 325-1 du code de la route : " Les véhicules dont la circulation ou le stationnement en infraction aux dispositions du présent code ou aux règlements de police ou à la réglementation relative à l'assurance obligatoire des véhicules à moteur ou à la réglementation du transport des marchandises dangereuses par route compromettent la sécurité ou le droit à réparation des usagers de la route, la tranquillité ou l'hygiène publique, l'esthétique des sites et des paysages classés, la conservation ou l'utilisation normale des voies ouvertes à la circulation publique et de leurs dépendances, notamment par les véhicules de transport en commun peuvent à la demande et sous la responsabilité du maire ou de l'officier de police judiciaire territorialement compétent, même sans l'accord du propriétaire du véhicule, dans les cas et conditions précisés par le décret prévu aux articles L. 325-3 et L. 325-11, être immobilisés, mis en fourrière, retirés de la circulation et, le cas échéant, aliénés ou livrés à la destruction. () ".
3. La mise en fourrière d'un véhicule, prescrite en exécution des articles L. 325-1 et suivants du code de la route dans les conditions prévues par les articles R. 325-1 et suivants de ce code, a le caractère d'une opération de police judiciaire. Il suit de là que l'autorité judiciaire est seule compétente pour connaître des actions en responsabilité fondées sur les irrégularités dont serait entachée la mise en fourrière et, notamment, sur celles qui se rapportent à la réalité ou à la constatation des infractions qui l'ont motivée. En revanche, ces actions relèvent de la juridiction administrative lorsqu'elles tendent à la réparation de dommages imputés au fait de l'autorité administrative à qui le véhicule a été remis en exécution de la décision de l'officier de police judiciaire.
4. En l'espèce, Mme B sollicite l'annulation de la décision de mise en fourrière de sa caravane fondée sur le code de la route, laquelle a, en conséquence, le caractère d'une opération de police judiciaire, nonobstant la circonstance qu'elle puisse être regardée comme infondée et entachée d'un détournement de pouvoir.
5. La requérante recherche également l'engagement de la responsabilité de la commune de Buxerolles du fait des dégâts occasionnés à un mur marquant l'entrée de sa parcelle à l'occasion de l'opération de mise en fourrière et non de dégâts qui auraient été occasionnés postérieurement à la remise de la caravane à l'autorité administrative en charge de la fourrière. La faute incriminée se rattache dès lors à l'opération de police judiciaire de déplacement et de mise en fourrière de son véhicule.
6. Il résulte de ce qui précède que la commune de Buxerolles est fondée à soutenir que la requête a été portée devant une juridiction incompétente pour en connaître. Celle-ci doit en conséquence être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge de Mme B une somme en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Buxerolles sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune de Buxerolles et au préfet de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Bris, présidente,
Mme Dumont, première conseillère,
Mme Balsan-Jossa, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
G. DUMONT
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
Le greffier,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026