jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2202996 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre - JU |
| Avocat requérant | SCP BCJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 décembre 2022, M. C B demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette de 2 092,78 euros relative à un trop-perçu de prime d'activité au titre des mois de novembre 2021 à mai 2022.
Il soutient qu'il n'a jamais eu l'intention de frauder et qu'il a été induit en erreur par les services de la caisse d'allocations familiales qui lui ont conseillé de ne pas déclarer sa pension de retraite.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP Brossier-Carré-Joly, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la décharge qui pourrait être accordée à M. B soit limitée à 10% des sommes dues ;
3°) à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la bonne foi de M. B est sujette à caution dès lors qu'il ne pouvait ignorer qu'il ne pouvait plus bénéficier de la prime d'activité alors qu'il était à la retraite ;
- en tout état de cause, il n'apporte pas la preuve d'être dans une situation de précarité telle qu'il ne pourrait pas faire face à sa dette.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du novembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Vienne a refusé d'accorder à M. B une remise gracieuse de l'indu de prime d'activité d'un montant de 2 092,78 euros qui lui était réclamé au titre des mois de novembre 2021 à mai 2022. Par la présente requête, M. B demande la remise de cette somme.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 de ce code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Enfin, aux termes de l'article L. 845-3 de ce code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Il résulte de l'instruction que l'indu en litige trouve son origine dans le défaut de déclaration par M. B de la pension de retraite qu'il percevait depuis le 1er août 2019. Pour demander la remise gracieuse de cet indu, M. B fait valoir qu'il n'avait pas l'intention de frauder et qu'il a été induit en erreur par l'administration. A supposer même que M. B puisse être regardé comme étant de bonne foi, il n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'il est dans une situation de précarité telle qu'il ne pourrait procéder au remboursement des sommes laissées à sa charge après la remise gracieuse partielle de 25% déjà accordée par l'administration.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
5. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que la caisse d'allocations familiale de la Vienne demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Vienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. ALa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
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