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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2203072

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2203072

lundi 23 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2203072
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre - JU
Avocat requérantFALACHO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers a rejeté la requête de M. C, qui contestait la décision du 21 octobre 2022 de la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres lui laissant à charge une dette de 745,51 euros au titre d’un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA). Le juge a estimé que, malgré la bonne foi non contestée du requérant, ce dernier n’établissait pas une situation de précarité suffisante pour justifier une remise gracieuse supplémentaire, en application de l’article L. 262-46 du code de l’action sociale et des familles. Les conclusions indemnitaires ont également été rejetées, faute d’illégalité de la décision attaquée et en raison de l’absence de demande préalable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 décembre 2022 et un mémoire enregistré le 28 juin 2024, M. A C, représenté par Me Falacho, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres a laissé à sa charge, après remise gracieuse partielle, une dette de 745,51 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active au titre de la période d'août à octobre 2020 ;

2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres de lui rembourser les sommes prélevées en répétition de l'indu, dans un délai d'un mois suivant le jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de condamner le département des Deux-Sèvres à lui verser la somme de 500 euros au titre des préjudices subis ;

4°) de mettre à la charge du département des Deux-Sèvres la somme de 2 400 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il est de bonne foi ;

- il n'est pas en capacité financière de s'acquitter de la somme laissée à sa charge ;

- il a subi des préjudices en lien avec la décision attaquée pour un montant qu'il évalue à 500 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2023, le département des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 24 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B ;

- les observations de Me Falacho, représentant M. C, qui a repris ses écritures.

Considérant ce qui suit :

1. M. C demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse d'une dette de 745,52 euros portant sur un indu de revenu de solidarité active laissé à sa charge après décision de remise gracieuse partielle de 50% de la somme initiale de 1491,03 euros, prise par la directrice de la caisse d'allocations familiale des Deux-Sèvres le 21 octobre 2022.

Sur les conclusions à fin de remise gracieuse :

2. Aux termes du neuvième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. L'indu en litige trouve son origine dans le défaut de déclaration par M. C auprès des services de la caisse d'allocations familiales de la somme de 6 259 euros correspondant au déblocage d'une assurance vie qu'il a perçue au titre du trimestre d'août à octobre 2020 et que l'intéressé avait par ailleurs déclaré à l'administration fiscale au titre de ses revenus 2020. Pour justifier de ses difficultés financières, le requérant fait valoir qu'il est sans emploi depuis plusieurs années et que le déblocage de son épargne n'a pas eu pour effet de l'enrichir mais il n'apporte aucun élément circonstancié ou suffisamment probant permettant notamment de déterminer précisément ses charges et ses ressources actuelles. Il n'établit pas ainsi qu'il serait dans une situation de précarité telle qu'il ne pourrait rembourser la somme de 745,52 euros restant à sa charge après la décision de remise gracieuse de 50% de sa dette. Par suite, et quand bien même sa bonne foi n'est pas contestée, M. C ne peut bénéficier d'une remise gracieuse supplémentaire de dette en application de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.

Sur les conclusions indemnitaires :

5. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de remise gracieuse du 21 octobre 2022 n'est pas illégale. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'indemnisation des préjudices qu'il soutient avoir subi en lien avec cette décision. En tout état de cause, ses conclusions indemnitaires sont irrecevables pour défaut de demande préalable.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il a présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le département des Deux-Sèvres n'étant pas la partie perdante.

D É C I D E :

Article 1 : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département des Deux-Sèvres.

Copie en sera fait à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. BLe greffier

Signé

S. GAGNAIRE

La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier en chef

Signé

S. GAGNAIRE

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