lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2203072 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre - JU |
| Avocat requérant | FALACHO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2022 et un mémoire enregistré le 28 juin 2024, M. A C, représenté par Me Falacho, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres a laissé à sa charge, après remise gracieuse partielle, une dette de 745,51 euros correspondant à un trop-perçu de revenu de solidarité active au titre de la période d'août à octobre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres de lui rembourser les sommes prélevées en répétition de l'indu, dans un délai d'un mois suivant le jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de condamner le département des Deux-Sèvres à lui verser la somme de 500 euros au titre des préjudices subis ;
4°) de mettre à la charge du département des Deux-Sèvres la somme de 2 400 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il est de bonne foi ;
- il n'est pas en capacité financière de s'acquitter de la somme laissée à sa charge ;
- il a subi des préjudices en lien avec la décision attaquée pour un montant qu'il évalue à 500 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2023, le département des Deux-Sèvres conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 24 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B ;
- les observations de Me Falacho, représentant M. C, qui a repris ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. M. C demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse d'une dette de 745,52 euros portant sur un indu de revenu de solidarité active laissé à sa charge après décision de remise gracieuse partielle de 50% de la somme initiale de 1491,03 euros, prise par la directrice de la caisse d'allocations familiale des Deux-Sèvres le 21 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin de remise gracieuse :
2. Aux termes du neuvième alinéa de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
4. L'indu en litige trouve son origine dans le défaut de déclaration par M. C auprès des services de la caisse d'allocations familiales de la somme de 6 259 euros correspondant au déblocage d'une assurance vie qu'il a perçue au titre du trimestre d'août à octobre 2020 et que l'intéressé avait par ailleurs déclaré à l'administration fiscale au titre de ses revenus 2020. Pour justifier de ses difficultés financières, le requérant fait valoir qu'il est sans emploi depuis plusieurs années et que le déblocage de son épargne n'a pas eu pour effet de l'enrichir mais il n'apporte aucun élément circonstancié ou suffisamment probant permettant notamment de déterminer précisément ses charges et ses ressources actuelles. Il n'établit pas ainsi qu'il serait dans une situation de précarité telle qu'il ne pourrait rembourser la somme de 745,52 euros restant à sa charge après la décision de remise gracieuse de 50% de sa dette. Par suite, et quand bien même sa bonne foi n'est pas contestée, M. C ne peut bénéficier d'une remise gracieuse supplémentaire de dette en application de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de remise gracieuse du 21 octobre 2022 n'est pas illégale. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'indemnisation des préjudices qu'il soutient avoir subi en lien avec cette décision. En tout état de cause, ses conclusions indemnitaires sont irrecevables pour défaut de demande préalable.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'il a présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, le département des Deux-Sèvres n'étant pas la partie perdante.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département des Deux-Sèvres.
Copie en sera fait à la caisse d'allocations familiales des Deux-Sèvres.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. BLe greffier
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef
Signé
S. GAGNAIRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026