jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2203096 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre - JU |
| Avocat requérant | SCP BCJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 décembre 2022 et un mémoire enregistré le 3 janvier 2023, Mme C B demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse d'une dette de 499,59 euros relative au solde d'un trop-perçu de prime d'activité au titre de la période courant à compter du mois d'avril 2020.
Elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP Brossier-Carré-Joly, conclut :
1°) à titre principal au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la décharge qui pourrait être accordée à Mme B soit limitée à 10% des sommes dues ;
3°) à ce que la somme de 300 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que Mme B ne justifie pas qu'une remise supplémentaire puisse lui être accordée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du 21 avril 2022, la caisse d'allocations familiale de la Vienne a notifié à Mme B un indu de prime d'activité d'un montant de 999,18 euros au titre de la période courant à compter du 1er avril 2020. Par décision du 14 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Vienne lui a accordé une remise gracieuse partielle d'un montant de 499,59 euros, soit 50% de la somme initialement réclamée. Par la présente requête, Mme B demande la remise de la somme de 449,59 euros laissée à sa charge.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 de ce code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Enfin, aux termes de l'article L. 845-3 de ce code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide personnalisée au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu en litige trouve son origine dans le défaut de prise en compte par l'administration, en raison d'une anomalie informatique, de l'allocation adulte handicapé perçue par l'un des deux enfants de Mme B à compter du 1er avril 2020. Pour justifier des difficultés financières qu'elle invoque, Mme B fait valoir qu'elle exerce une activité indépendante et qu'elle n'a pas de rémunération depuis septembre 2022 jusqu'au minimum en février 2023. Si la requérante produit plusieurs justificatifs relatifs au montant de ses charges, elle ne justifie pas du niveau de ses ressources. Dans ces conditions, Mme B n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait procéder au remboursement des sommes laissées à sa charge après la remise gracieuse partielle de 50% déjà accordée par l'administration.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
6. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que la caisse d'allocations familiale de la Vienne demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Vienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. ALa greffière,
Signé
G. FAVARD
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef
La greffière
Signé
G. FAVARD
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