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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2203137

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2203137

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2203137
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantSCPA BREILLAT-DIEUMEGARD-MASSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 décembre 2022, M. A B, représenté par SCPA Breillat-Dieumegard-Masson, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel le préfet de la Vienne lui a refusé un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vienne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, jusqu'à ce que l'autorité administrative ait statué sur sa situation administrative, et de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée et révèle un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 6-2) et 6-5) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet de la Vienne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 5 février 1980, est entré en France sous couvert d'un visa de court séjour valable du 2 février au 18 mars 2016. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée le 21 juin 2016 par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 3 avril 2017. Il a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 19 mai 2017, à laquelle il s'est soustrait. M. B a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en tant que " conjoint de français " ou en tant que " salarié ". Par un arrêté du 11 octobre 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur le retrait de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes, d'une part, de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 : " Sans préjudice des sanctions prévues à l'article 441-7 du code pénal, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : / 1° Si ce bénéfice a été obtenu à la suite de déclarations () inexactes () ". L'article article 51 de cette loi dispose que : " Le retrait de l'aide juridictionnelle () peut être demandé par tout intéressé. Il peut également intervenir d'office. Le retrait est prononcé : / 1° Par le président du bureau dans les cas mentionnés aux 1° à 3° et 5° de l'article 50. Toutefois, si le retrait vise une procédure ou une mesure pour laquelle les auxiliaires de justice désignés n'ont pas perçu de rétribution, il est prononcé par le bureau () ".

3. Aux termes, d'autre part, de l'article 4 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " I.-Les plafonds annuels d'éligibilité des personnes physiques à l'aide juridictionnelle () sont fixés par décret en Conseil d'Etat. II.-Le caractère insuffisant des ressources des personnes physiques est apprécié en tenant compte : / 1° Du revenu fiscal de référence ou, à défaut, des ressources imposables dont les modalités de calcul sont définies par décret ; () 3° De la composition du foyer fiscal. () ". Aux termes de l'article 3 du décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 : " Pour bénéficier de l'aide juridictionnelle totale, le demandeur doit justifier par la production de son avis d'imposition le plus récent que son revenu fiscal de référence au sens du 1° du IV de l'article 1417 du code général des impôts est inférieur ou égal à 11 262 €. Pour bénéficier de l'aide juridictionnelle partielle (), le demandeur doit justifier que son revenu fiscal de référence au sens des mêmes dispositions est inférieur ou égal à 16 890 €. Ces plafonds de ressources sont applicables pour les demandes d'aide présentées en 2021. Ils sont revalorisés chaque année () ". Pour l'année 2022, le revenu fiscal de référence figurant sur l'avis d'imposition le plus récent doit être inférieur ou égal à 11 580 euros pour l'aide juridictionnelle totale et 17 367 euros pour l'aide juridictionnelle partielle. Aux termes de l'article 4 de ce décret : " Par dérogation à l'article 3, lorsqu'à la date de la demande les revenus du foyer fiscal diffèrent, en raison d'un changement de situation, de ceux qui avaient été pris en compte pour établir l'avis d'imposition le plus récent, le montant pris en compte pour apprécier le droit à l'aide juridictionnelle () correspond au double du montant des revenus imposables perçus par le foyer fiscal au cours des six derniers mois après abattement de 10 %. ".

4. Aux termes, enfin, de l'article 65 du décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 : " Pour l'application du deuxième alinéa de l'article 51 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée, le retrait de l'aide juridictionnelle peut être décidé par le bureau ou la section qui a prononcé l'admission, soit d'office, soit à la demande de la juridiction qui a eu à connaître de l'affaire, de tout intéressé ou du ministère public, après avis d'un avocat membre du bureau d'aide juridictionnelle. / L'aide juridictionnelle et l'aide à l'intervention de l'avocat peuvent être retirées, même après la fin de la procédure ou de la mesure pour laquelle elles ont été accordées, si leur bénéfice a été obtenu à la suite de déclarations ou au vu de pièces inexactes. / Le président et le vice-président disposent des mêmes pouvoirs que pour l'instruction de la demande d'aide. ".

5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que la juridiction saisie du litige ne peut prononcer le retrait de l'aide juridictionnelle que dans le cas où la procédure engagée par le bénéficiaire de l'aide juridictionnelle a été jugée abusive ou dilatoire. Par suite, lorsque la juridiction saisie du litige estime que le bénéfice de l'aide juridictionnelle a été accordé à la suite de déclarations ou au vu de pièces inexactes, il lui appartient d'en saisir le bureau d'aide juridictionnelle, seul compétent pour retirer le bénéfice de l'aide juridictionnelle dans ce cas.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est célibataire, est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 1er mars 2022, prévoyant le versement d'une rémunération brute de 1 804,65 euros, outre le fait qu'il produit des bulletins de salaire pour les douze mois précédant sa demande. Il ressort des éléments versés aux débats par l'intéressé qu'il a disposé, au cours des mois de novembre 2021 à décembre 2021, de revenus à hauteur de 2 445,17 euros puis, de janvier à octobre 2022, d'un total de 12 822,17 euros de revenus. M. B n'ayant pas fourni au tribunal, en dépit de sa demande, ses bulletins de salaire sur la période précitée, le total de ses revenus pour les douze derniers mois précédant sa demande d'aide juridictionnelle du 8 novembre 2022 s'élèvent à 15 267,34 euros. Ce montant est supérieur au seuil de revenus de 11 580 euros, pour l'année 2022, pour bénéficier de l'aide juridictionnelle totale. Le requérant a ainsi obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le 17 novembre 2022, sur la base de déclarations inexactes au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, par suite, de demander à la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Poitiers le retrait de l'aide juridictionnelle totale accordée à M. B.

Sur l'arrêté attaqué dans son ensemble :

7. Par un arrêté du 12 juillet 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département, Mme Pascale Pin, secrétaire générale de la préfecture de la Vienne, a reçu délégation de signature du préfet de la Vienne à l'effet de signer notamment tous arrêtés entrant dans le champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés en litige doit être écarté comme manquant en fait.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

8. L'arrêté attaqué mentionne les textes applicables à la situation du requérant, notamment, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, en particulier ses articles 6-2), 6-5), 7-b) et 9, les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle énumère les éléments de fait relatifs à la situation de M. B sur lesquels elle se fonde, en particulier, ses conditions d'entrée et de séjour, son divorce prononcé le 4 juillet 2022, ainsi que différents éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Il mentionne en particulier qu'il ne démontre pas avoir tissé en France des liens personnels et familiaux particulièrement anciens, intenses et stables. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté, de même que le moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à une étude approfondie de la situation personnelle du demandeur.

9. Aux termes du 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence portant la mention ''vie privée et familiale'' est délivré de plein droit : () au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2 ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre époux ".

10. Il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui s'est marié avec une ressortissante française le 12 septembre 2020 a vu son divorce prononcé par un jugement du 4 juillet 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

11. Aux termes du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : () au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".

12. Si M. B se prévaut de son insertion professionnelle dès lors qu'il bénéficie d'un contrat de travail à durée indéterminée, il ressort des pièces du dossier qu'il est célibataire et sans enfant et qu'aucun membre de sa famille ne vit en France. Si son temps de présence sur le territoire français était de six ans à la date de la décision attaquée, les attestations qu'il produit ne justifient toutefois pas d'une insertion particulière dans la société française. Dans ces conditions, le préfet, en refusant le titre de séjour sollicité par l'intéressé, n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision attaquée a été prise. Par suite, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.

13. Aux termes de l'article 7-b de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " () ". Aux termes de l'article 9 de ce même accord : " Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, S, 7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) (a à d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent. "

14. Si le requérant se prévaut d'un contrat de travail à durée indéterminée pour un emploi de serveur, il ne justifie pas de son entrée sur le territoire français au moyen d'un visa de long séjour. Au surplus, l'intéressé ne présente ni autorisation de travail, ni certificat médical d'usage. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

15. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () "

16. Si M. B soutient qu'il a été victime de violences conjugales et verse aux débats une main courante datée du 27 mars 2021 ainsi qu'un dépôt de plainte en date du 16 avril 2021, il n'établit toutefois pas la matérialité des faits et ne fait par ailleurs état d'aucune circonstance humanitaire ni d'aucun motif exceptionnel qui justifierait son admission au séjour sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points précédents, le préfet n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. B.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

18. En premier lieu, M. B qui, comme il a été dit ci-dessus, n'établit pas que le refus de délivrance d'un titre de séjour qui lui est opposé serait entaché d'illégalité, n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français, devrait être annulée par voie de conséquence d'une telle illégalité.

19. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

20. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10, 12 et 14, en obligeant le requérant à quitter le territoire français, le préfet de la Vienne n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision fixant le pays de destination :

21. En premier lieu, M. B qui, comme il a été dit ci-dessus, n'établit pas que la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui est opposée serait entachée d'illégalité, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination devrait être annulée par voie de conséquence d'une telle illégalité.

22. En deuxième lieu, outre ce qui a été dit au point 8, l'arrêté attaqué, qui rappelle la nationalité du requérant, vise les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que le requérant n'établit pas être exposé à un risque de subir des peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, il comporte les considérations de droit et de fait qui fondent la décision fixant le pays de destination qui est, par suite, suffisamment motivée.

23. En troisième lieu, le requérant n'établit pas qu'il serait, en cas de retour en Algérie, effectivement et personnellement exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

24. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées au titre des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Préfet de la Vienne.

Une copie sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bruston, présidente,

Mme Gibson-Théry, première conseillère,

M. Pipart, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

Le rapporteur,

Signé

R. C

La présidente,

Signé

S. BRUSTONLa greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Vienne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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