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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2203145

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2203145

jeudi 18 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2203145
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantCIBOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Cibot-Degommier, demande au tribunal :

1°) de condamner le département de la Charente-Maritime à lui verser la somme de 111 104 euros en réparation de ses préjudices consécutifs aux dégradations de son ensemble immobilier et de ses conditions de vie, augmentée des intérêts moratoires à compter du 8 septembre 2022 ;

2°) de mettre à la charge du département de la Charente-Maritime la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance n° 2300642 du 9 mars 2023, la présidente de la 3ème chambre, après avoir obtenu l'accord des parties, a ordonné une médiation en application des articles L. 213-1 et L. 213-7 à L. 213-9 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 22 février 2024, M. B demande au tribunal d'homologuer l'accord de médiation intervenu le 9 décembre 2023 comme le mentionne ce dernier.

Vu :

- l'accord de médiation du 9 décembre 2023 conclu entre M. A B et le département de la Charente-Maritime ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gibson-Théry,

- et les conclusions de Mme Bréjeon, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B est propriétaire d'un ensemble immobilier sis dans la commune de Retaud, dans le département de la Charente-Maritime, au 25 rue Saint-Trojan, à l'intersection des routes départementales 114 et 142. Considérant être victime depuis de nombreuses années de dégradations de son bien immobilier et de ses conditions de vie, en raison du passage intensif de poids lourds, d'engins agricoles et de tout autre type de véhicule sur ces axes départementaux, M. B, après avoir demandé réparation au département des préjudices qu'il estime subir par un courrier du 8 septembre 2022, a saisi le tribunal en vue de la condamnation du département à lui verser la somme de 111 104 euros en réparation de ses préjudices. Le 9 mars 2023, la présidente de la 3e chambre du tribunal, après avoir obtenu l'accord des parties, a ordonné une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci. Le 9 décembre 2023, les parties ont conclu un accord de médiation, que M. B demande au tribunal d'homologuer.

2. Aux termes de l'article L. 213-4 du code de justice administrative : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut, dans tous les cas où un processus de médiation a été engagé en application du présent chapitre homologuer et donner force exécutoire à l'accord issu de la médiation ".

3. Il appartient alors au juge administratif, qui se prononce en tant que juge de l'homologation, de vérifier que les parties consentent effectivement à la transaction, que l'objet de celle-ci est licite, qu'elle ne constitue pas de la part de la collectivité publique une libéralité, qu'elle ne porte pas atteinte à des droits dont les parties n'ont pas la libre disposition et ne méconnaît pas d'autres règles d'ordre public. En cas d'homologation de l'accord, le tribunal constate le non-lieu à statuer sur la requête ou, dans le cas où la partie requérante aurait déclaré se désister de sa requête, donne acte de ce désistement. En revanche, le refus d'homologation entraînant la nullité de l'accord, il appartient dans cette hypothèse au tribunal de statuer sur la requête.

4. Il résulte de l'instruction que le protocole d'accord conclu le 9 décembre 2023 entre M. B et le département de la Charente-Maritime n'a pas d'autre objet que de mettre fin, par des concessions réciproques, au litige porté par les parties devant la juridiction administrative, en prévoyant notamment la mise en œuvre par le département de mesures spécifiques de signalisation visant à limiter le trafic routier et le versement d'une indemnisation, en contrepartie du désistement de M. B de l'instance. Le protocole a été régulièrement signé, n'est pas constitutif d'une libéralité de la part du département de la Charente-Maritime et ne méconnaît aucune autre règle d'ordre public. Ainsi, rien ne s'oppose à son homologation.

Sur le désistement de M. B de sa requête :

5. Dès lors que le protocole d'accord conclu le 9 décembre 2023 est homologué par la présente décision, rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte du désistement de M. B stipulé à l'article 3 de ce protocole.

6. Conformément à l'accord transactionnel, chaque partie conserve à sa charge les frais et dépens de la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : L'accord en date du 9 décembre 2023 portant transaction entre M. B et le département de la Charente-Maritime est homologué.

Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de la Charente-Maritime.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cristille, président,

Mme Thèvenet-Bréchot, première conseillère,

Mme Gibson-Théry, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 avril 2024.

La rapporteure,

Signé

S. GIBSON-THERYLe président,

Signé

P. CRISTILLE

La greffière,

Signé

N. COLLET

La République mande et ordonne au préfet de la Charente-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

La greffière,

N. COLLET

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