jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2203268 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS TEN FRANCE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2022, la société Europe Express, représentée par Me Porte, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 24 octobre 2022 par le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Deux-Sèvres pour un montant de 1 407 euros ;
2°) de mettre à la charge du SDIS des Deux-Sèvres la somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'est pas la propriétaire du camion à l'origine de l'intervention du SDIS et que celui-ci ne peut donc mettre à sa charge les frais de dépollution lié à l'accident de ce camion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2024, le SDIS des Deux-Sèvres, représenté par Me Leeman, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Europe Express une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le camion à l'origine de l'intervention était conduit par un salarié de la société Europe Express et qu'elle en était ainsi responsable.
Par une ordonnance du 2 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 20 septembre 2024 à 12 heures.
La société Europe Express a présenté un mémoire, enregistré le 26 septembre 2024, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tiberghien,
- les conclusions de Mme Thèvenet-Bréchot, rapporteure publique,
- les observations de Me Leeman pour SDIS des Deux-Sèvres.
Considérant ce qui suit :
1. Le SDIS des Deux-Sèvres est intervenu le 15 septembre 2022 afin de lutter contre une pollution d'hydrocarbures, survenue à la suite de la fuite du réservoir d'un camion entrainée par la collision de ce camion avec un muret. Il a émis le 24 octobre 2022, un avis des sommes à payer valant titre exécutoire, d'un montant de 1 402 euros à l'encontre de la société Europe Express, estimant qu'elle avait bénéficié de l'intervention. Cette dernière demande au tribunal l'annulation de ce titre.
Sur la légalité de l'avis des sommes à payer :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 1424-42 du code général des collectivités territoriales : " I.-Les services d'incendie et de secours ne sont tenus de procéder qu'aux seules opérations de secours qui se rattachent directement à leurs missions de service public définies à l'article L. 1424-2. () S'ils ont procédé à des interventions ne se rattachant pas directement à l'exercice de leurs missions, ils peuvent demander aux personnes physiques ou morales bénéficiaires ou demandeuses une participation aux frais, dans les conditions déterminées par délibération du conseil d'administration. () ".
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de son intervention du 15 septembre 2022, le SDIS des Deux-Sèvres à mis à la charge de la société Europe Express les frais de dépollution liés à cette intervention sur le fondement des dispositions de l'article L. 1424-42 précité. Il résulte également de l'instruction que le véhicule litigieux, bien qu'il appartienne à la société PSST - TRANSPORTES UNIPESSOAL, enregistrée au Portugal, et non à la société Europe Express, était utilisé dans le cadre d'une livraison internationale assurée par la société Europe Express, ainsi qu'il ressort des mentions de la lettre de voiture internationale produite. Dans ces conditions, la société Europe Express doit être regardée comme ayant bénéficié de l'intervention du SDIS des Deux-Sèvres. Il s'ensuit qu'elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le SDIS des Deux-Sèvres a mis à sa charge les frais de dépollution liés à cette fuite par l'avis des sommes à payer litigieux.
Sur les frais du litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS des Deux-Sèvres, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Europe Express demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de cette dernière une somme de 1 300 euros au titre des frais exposés par le SDIS des Deux-Sèvres et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Europe Express est rejetée.
Article 2 : La société Europe Express versera au SDIS des Deux-Sèvres une somme de 1 300 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Europe Express et au service départemental d'incendie et de secours des Deux-Sèvres.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cristille, président,
Mme Duval-Tadeusz, première conseillère,
M. Tiberghien, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. TIBERGHIENLe président,
Signé
P. CRISTILLE
La greffière,
Signé
N. COLLET
La République mande et ordonne à la préfète des Deux-Sèvres en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
N. COLLET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026