mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2203273 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET TARAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 22 décembre 2022, le 25 septembre 2023 et le 10 janvier 2024, Mme C A, représentée par Me Taran, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- le service a méconnu les dispositions de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales, dès lors, d'une part, que le service lui a notifié deux propositions de rectification dont l'une, datée du 30 juillet 20230 concerne ses bénéfices non commerciaux et l'autre, datant du même jour, concerne ses revenus fonciers et son revenu global et, d'autre part, que dans la proposition de rectification afférente à la vérification de comptabilité, il n'est mentionné que les conséquences financières de cette vérification en matière d'amendes ;
- le fait que cette proposition de rectification mentionne les conséquences fiscales de celle-ci ne saurait remplacer l'obligation faite à l'administration de notifier au contribuable les conséquences fiscales de la seule procédure de vérification de comptabilité ;
- la majoration prévue par l'article 158-7 du code général des impôts et s'appliquant à la base d'imposition des revenus des titulaires de bénéfices non commerciaux non adhérents d'un organisme de gestion agréé, viole l'article 1er du premier protocole additionnel à la déclaration européenne des droits de l'homme ainsi que l'a jugé la cour européenne des droits de l'homme a jugé dans son arrêt du 7 décembre 2023 Waldner c/ France ; en l'espèce, l'administration a artificiellement majoré le bénéfice net reconstitué par le coefficient multiplicateur de 1.25 et a ainsi méconnu l'article 1er du premier protocole additionnel à la déclaration européenne des droits de l'homme.
Par des mémoires en défense enregistrés le 28 juin 2023 et le 12 mars 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Vienne conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que, par une décision du 11 mars 2024, elle a accordé à Mme A un dégrèvement de 85 693 euros ; les moyens soulevés par cette dernière ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pipart,
- les conclusions de M. Revel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A exerce une activité d'infirmière libérale à Ruffec (Charente). Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les années 2017 et 2018, à l'issue de laquelle, par une proposition de rectification du 30 juillet 2020, l'administration fiscale lui a notifié des rehaussements en matière de bénéfices non commerciaux ainsi que des amendes pour honoraires non déclarés. Par une seconde proposition de rectification du même jour, le service lui a notifié des rehaussements en matière de revenus fonciers. Mme B demande la décharge ou la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 qui résulte de la vérification de comptabilité dont elle a fait l'objet.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 11 mars 2024, postérieure à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a accordé à Mme A un dégrèvement à hauteur de 85 693 euros. Par suite, les conclusions de la requête sont, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des impositions :
3. Aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction applicable au litige : " A l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu, d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications. Lorsqu'à un stade ultérieur de la procédure de rectification contradictoire l'administration modifie les rehaussements, pour tenir compte des observations et avis recueillis au cours de cette procédure, cette modification est portée par écrit à la connaissance du contribuable avant la mise en recouvrement, qui peut alors intervenir sans délai. ".
4. Il résulte de l'instruction que, dans la proposition de rectification résultant de la vérification de comptabilité de Mme A, établie le 30 juillet 2020, le service a indiqué à l'intéressée que les conséquences financières des rectifications en matière d'impôt sur le revenu lui seraient précisées dans une notification séparée. Cette seconde notification, établie le même jour et contenant l'indication des conséquences fiscales sur le revenu global des rehaussements opérés en matière de bénéfices non commerciaux, précisait à la contribuable qu'elle disposait d'un délai de trente jours pour présenter ses observations et a été adressée à l'adresse de son foyer fiscal. Dans ces conditions, le service, qui a mis la requérante en mesure d'exercer les garanties qui lui sont offertes par la loi avant la mise en recouvrement des impositions, ne peut être regardé comme ayant méconnu les dispositions de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus correspondant à ses bénéfices non commerciaux auxquelles Mme A a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A à concurrence du dégrèvement de 85 693 euros prononcé le 11 mars 2024.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la directrice départementale des finances publiques de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Campoy, président,
Mme Boutet, première conseillère,
M. Pipart, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
Le rapporteur,
signé
R. PIPART
Le président,
signé
L. CAMPOY La greffière,
signé
D. GERVIER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière,
Signé
D. GERVIER
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
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01/06/2026