lundi 23 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Poitiers |
| Section | Tribunal Administratif de Poitiers |
| N° Dossier | TA86-2300016 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème chambre - JU |
| Avocat requérant | SCP BCJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2023, Mme C B demande au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette de 1 035 euros relative à un trop-perçu d'aide personnelle au logement (APL) émis par la caisse d'allocations familiales de la Vienne.
Elle soutient que :
- le trop perçu en litige ne provient pas d'une déclaration tardive de son déménagement ;
- le problème vient du CROUS qui, lorsqu'elle lui a adressé son préavis de départ le 29 décembre 2021 a automatiquement considéré qu'elle partirait le 29 janvier 2022 de sorte qu'elle a perdu le bénéfice des aides personnelles au logement pour le mois de janvier 2022 ;
- il y a eu des erreurs dans le traitement de son dossier dès lors que la caisse d'allocations familiales de la Vienne a retenu cette somme sur les aides de sa mère, ce qui lui a causé préjudice.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2023, la caisse d'allocations familiales de la Vienne, représentée par la SCP Brossier-Carré-Joly, conclut :
1°) à titre principal au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que la décharge accordée soit limitée à 10% des sommes dues ;
3°) à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que Mme B n'établit pas être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait faire face à sa dette.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les observations de Me Carre, représentant la caisse d'allocations familiales de la Vienne qui a repris ses écritures.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du 4 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Vienne a refusé d'accorder à Mme B une remise gracieuse de dette d'un montant de 1 035 euros correspondant à un trop-perçu d'aide personnelle au logement. Par la présente requête, elle demande la remise gracieuse de cette somme.
2. En vertu des articles L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale, tout paiement indu d'une aide personnelle au logement est récupéré par l'organisme chargé de son service. La créance peut néanmoins être remise ou réduite par cet organisme en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si elle résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration.
3. Il appartient au juge administratif, saisi d'un recours dirigé contre une décision refusant une demande de remise gracieuse, de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de son jugement, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise gracieuse.
4. L'indu en litige trouve son origine dans la récupération par la caisse d'allocations familiales de la Vienne d'aides personnelles au logement versées à Mme B au titre du mois de janvier 2022 qui n'était pas dues dès lors que l'intéressée a quitté son logement en cours de mois, le 29 janvier 2022. La requérante fait valoir qu'elle a déclaré à la caisse d'allocations familiales à plusieurs reprises son déménagement dès le 15 janvier 2022, qu'elle n'est donc pas à l'origine d'une déclaration tardive et que son départ en cours de mois est lié à une mauvaise interprétation de son préavis par le CROUS. La bonne foi de Mme B n'est pas contestée par l'administration. Toutefois, la requérante n'apporte aucun élément concernant ses ressources et ses charges et n'établit pas ainsi être dans une situation de précarité telle qu'elle ne pourrait rembourser le trop-perçu d'aides personnelles au logement d'un montant de 1 035 euros en litige. Par suite, Mme B ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de dette en application de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et L. 553-2 du code de la sécurité sociale.
5. Par ailleurs, la requérante n'établit pas l'existence d'une faute de l'administration qui pourrait être à l'origine d'un préjudice indemnisable à son égard.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
7. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que la caisse d'allocations familiales de la Vienne demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales de la Vienne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la caisse d'allocations familiales de la Vienne.
Copie en sera adressée à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. ALe greffier,
Signé
S. GAGNAIRE
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Le greffier en chef
Signé
S. GAGNAIRE
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